«La nature horrible, sadique et barbare de ce crime est telle, que nous trouvons qu''une simple dénonciation ne suffit pas», proteste Women in Networking (WIN).
Cette association de femmes soutient, dans un communiqué de presse, qu’il est grand temps, d’une part, de «réfléchir à des projets de réinsertion globale pour ces victimes de prostitution: leur permettre l'accès à l'emploi, aux soins médicaux, à une aide légale». D’autre part, «de permettre à ces femmes et jeunes filles de se reconstruire humainement, grâce à un soutien psychologique».
Les membres de WIN se mettent dans la peau de Marie-Ange Milazar. Le fait qu’elle ait été une prostituée n’excuse pas la sauvagerie avec laquelle elle a été assassinée, sans oublier les multiples sévices qu’elle a subis avant de rendre l’âme.
«C'est avant tout un nouvel acte de violence contre les femmes. Et la nature même des crimes gagne en intensité sadique. C'est effrayant…», souligne WIN.
Selon cette ONG, celle qui entre dans la prostitution est «avant tout une femme en détresse sociale, familiale et financière». Dans le cas de cette victime, qui attendait un enfant, WIN est d’avis que cette détresse était encore plus profonde.
«Avant la prostitution, il y a une précarité sociale, affective et économique. C'est cette même situation de précarité qui pousse une femme à subir les coups de son conjoint en silence. C'est cette précarité que nous devons éliminer  ensemble. Seulement, cela passe par des actes», affirme WIN.
D’où l’urgence d’encadrer ces femmes, de les écouter, de les aider à réintégrer la société et mener une vie digne. « []]Ce sont] des actions qui exigent des ressources humaines et financières. De notre côté, nous allons continuer à mobiliser des ressources financières qui permettront d'initier d'autres actions pour combattre la violence», promet cette association. En renforçant, par exemple, l'action des quelques travailleurs sociaux engagés qui aident les prostituées.
«Il est urgent de faire face à cette précarité avec des moyens adaptés : personnels bénévoles ou professionnels en nombre suffisant, subventions de l'Etat et du secteur privé. Seul un accompagnement social diversifié pourra faire la différence dans cette lutte pour le respect et la dignité de la personne humaine», avance WIN.
Cette ONG organise d’ailleurs un débat ayant pour thème «Empowering victims of gender-based violence», le 25 novembre, en collaboration avec SOS Femmes. Elle rappelle également que la campagne nationale «16 days against gender based violence» commence dans quelques jours.
«Nous continuerons à dénoncer le manque de respect pour les femmes: que ce soit le harcèlement sexuel dans la rue, la violence domestique et le viol, afin que la mort de Marie-Ange Milazar ne devienne pas qu'un fait divers», conclut WIN.
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