Bien qu’il soit passionné par la recherche énergétique, l’ingénieur chimiste Revin Beeharry-Panray a les pieds sur terre et est bien à ses affaires.
Revin Beeharry-Panray est un homme qui sait gérer son stress. Hier, à deux heures de la signature d’un accord entre la Sustainable Properties Management Ltd, compagnie où il est un des promoteurs, et l’enseigne Shoprite, qui sera le porte-drapeau du Rose-Belle Value Centre (qui sera le plus grand centre commercial du Sud de l’île), ce quadragénaire déambule dans son bureau de Rose-Belle en bermuda et chaussures de sports et se raconte comme si le temps lui appartenait.
Si ce natif de Montagne Longue est aussi calme, c’est qu’il a tout planifié. Il en est ainsi des scientifiques. Revin Beeharry-Panray a toujours voulu être ingénieur chimiste. C’est au collège St Andrews qu’il effectue une partie de sa scolarité secondaire et la complète au collège Royal de Port-Louis. Vu ses excellents résultats, il est admis au très sélect Indian Institute of Technology de Mumbai en Inde où il décroche sa licence en Chemical Engineering. A son retour au pays, il prend de l’emploi comme Assistant Manager chez Firestone. Cette étape est de courte durée car il s’intéresse surtout à la recherche scientifique.
Il est admis comme assistant de recherche à l’Université de Maurice (UOM) et travaille sur des projets énergétiques. Au bout d’un an, il troque sa combinaison blanche pour la chaire d’assistant chargé de cours puis pour celle de chargé de cours. En 1990, il obtient une bourse américaine pour étudier en vue d’obtenir sa maîtrise à Chicago. Sur la base de ses résultats, on lui offre une bourse pour qu’il fasse son doctorat mais l’UOM refuse de prolonger son congé et il est contraint de rentrer au pays. «J’étais découragé mais je n’ai jamais baissé les bras».
Il a eu raison car quelques années plus tard, alors qu’il venait de se marier à Romina et d’être papa d’un petit garçon nommé Alok, il a obtenu une bourse auprès de l’Université de Birmingham pour faire son doctorat qu’il a obtenu avec brio, publiant même le fruit de plusieurs recherches dans des revues spécialisées.
A son retour à l’UOM, il incite ses élèves à travailler sur bon nombre de projets. Sa réputation est si assise qu’il n’a aucune difficulté à récolter des fonds pour financer ses projets. Cela fait bien évidemment des jaloux. «J’ai senti que mes chaussures étaient devenues trop serrées à l’UOM et qu’il fallait que je me mette à mon compte». C’est ainsi qu’il ouvre sa boîte, la Sustainable Resource Management Ltd, et offre ses services comme consultant en énergie et en environnement.
A force de faire des études d’impact environnemental, Revin Beeharry-Panray a acquis des connaissances sur le développement foncier à Maurice. Conscient que les habitants du Sud n’ont pas de centre commercial à portée de main, il saisit une opportunité de développer avec des partenaires sud-africains un centre commercial sur 25 000 mètres carrés à Rose-Belle avec Shoprite comme enseigne principale. Il s’agit du Rose BelleValue Centre qui devrait être opérationnel en décembre 2011.
C’est avec ces mêmes partenaires qu’il achète la franchise du poulet grillé sud-africain Nando’s et que leur premier restaurant à Trianon rencontre un succès fou. Sept autres Nando’s sont prévus dans l’île. Ce lèvetôt, qui cuisine tous les matins pour son fils et sa fille Shreya, aime jongler avec des projets.
Il a en chantier un projet d’hôtel basé sur un concept d’ayurveda en partenariat avec le leader indien en la matière, le CGH du Kerala. Mais le projet qui lui tient vraiment à coeur ces jours-ci et qui relève directement de sa spécialité, le secteur énergétique, est Supercharge.
Il s’agit de l’installation dans la cour de centres commerciaux d’une vingtaine de bornes de rechargement pour les voitures électriques. Un appel à candidature pour trouver des fournisseurs a été lancé à l’international et quatre sociétés ont répondu. Il attend leurs offres. Revin Beeharry-Panray est persuadé que l’avenir est dedans. «Une recharge coûtera moins cher qu’un plein d’essence et il sera plus facile de contrôler la pollution sur les centrales électriques que celle générée par 350 000 voitures à essence en mouvement sur nos routes». C’est l’empreinte écologique qu’il veut léguer au pays…
(Source: l''express & moi)
 
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