Jacques de Maroussem, gérant de la Maison Eurêka, a de nombreuses idées afin que cette demeure historique ne cesse d’attirer des visiteurs.
Le crépitement de l’eau au loin, les oiseaux qui gazouillent dans les grands camphriers centenaires. Ce sont quelquesuns des sons qui se mêlent délicatement aux voix des visiteurs au domaine Eurêka.
La quiétude et le charme des lieux inspireraient sans peine l’artiste ou l’écrivain. Du reste, le prix Nobel de littérature, Jean-Marie Leclézio parle de la Maison Eurêka dans plusieurs de ses romans dont Voyage à Rodrigues.
La grande maison ne se présente plus mais elle vaut toujours le détour. D’ailleurs, sous peu, elle le vaudra encore plus. Les projets de Jacques (Jacky) de Maroussem, le dépositaire des lieux, sont nombreux.
Un spa ayurvédique, en l’occurrence, est en voie de finition. N’étant pas du genre pressé, il préfère dire qu’il sera complété dans trois mois. Avec ses fils, il ouvrira, en outre, un parcours de santé en bonne et due forme dans le ravin, multipliera les terrasses non loin de celui-ci et continuera à développer la propriété.
La maison elle-même est rénovée en permanence : «Du reste, l’ouvrier y habite,» souligne Jacky de Maroussem. Cette noble bâtisse avec laquelle il entretient «une relation spéciale. C’est le deuxième plus grand amour de ma vie. Je n’ai pas le sentiment de la posséder, pas l’orgueil de dire que c’est chez moi, du reste elle ne m’appartient pas. J’ai seulement le bonheur de la partager avec ceux qui viennent se balader ici».
Une galerie d’art moderne s’ouvrira aussi dans quelques mois. «Pas pour vendre des tableaux, mais uniquement pour les exposer car la Légende du Morne est ‘caché’ à Eurêka,» murmure-t-il sur le ton de la confidence.
Cette Légende du Morne est un tableau de Jean- Claude Baissac qui décore le salon de l’Etoile d’Eurêka, à quelque 200 mètres de la grande maison. Le tableau représente des colons allant annoncer à des esclaves qu’ils sont libres. Ces derniers, incrédules, se jettent dans le vide.
Eurêka a accueilli plusieurs évènements, le plus célèbre étant certainement la visite du duc et de la duchesse d’York en 1987. «Quand nous avons ouvert Eurêka au public en 1986, certains membres de la famille considéraient que c’était de la prostitution. Mais quand leurs altesses royales, Andrew et Sarah se sont annoncés pour un déjeuner, ces mêmes personnes étaient prêtes à tout pour être à leur table,» lance fi èrement Jacky de Maroussem.
L’illustre maison a donc encore de beaux jours devant elle et vous invite à y faire escale pour vous y restaurer ou vous promener dans un cadre enchanteur.
Une propriété familiale
Eurêka est attachée à l’histoire de plusieurs grandes familles. Son dernier propriétaire français fut Mimi Montmirail. En 1812, celle-ci la vend à l’anglais Robinson. En 1863, Eugène Leclézio s’en porte acquéreur. Il vient vivre à Eurêka avec ses deux fi ls Sir Eugène et Sir Henry. Ce dernier négocie les parts de son frère et devient le seul propriétaire d’Eurêka en 1903. Sir Henry fait un pacte avec cinq de ses fi lles : elles hériteront de la maison et du domaine à condition qu’elles restent célibataires.
En 1980, Simone Leclézio qui détenait tout le patrimoine de Sir Henry, meurt. Elle devait faire un testament en faveur du neveu qu’elle considérait le plus valable. C’est ainsi que Fernand Leclézio en devient héritier et propriétaire. En 1985, il vend Eurêka à deux promoteurs, Loïs Levieux et Alex Fon Sing. Ces derniers décident de tout raser et de bâtir 32 maisons à la place.
Jacky de Maroussem sauve cependant Eurêka en la rachetant. En 1991, sa belle-mère, arrière- petite-fille de Sir Henry, lui vend toutes ses parts qu’il revendra lui-même à ses trois fils : Henri, Guillaume et Antoine. «Eurêka est donc toujours possédée par les Leclézio, mais sous un nom d’emprunt».
Voir la galerie photos : Eurêka maison créole : des trésors d’antiquités.
 
Heures d’ouverture : • Lundi à samedi : 9 heures à 17 heures • Dimanche : 9 heures à 15h 30 Tel : 433 8477
Corinne MINERVE (Source : l’express & moi) |