Les quelque 200 cantiniers des établissements pédagogiques de l’île contestent la récente loi promulguée par le ministère de la Santé concernant le contrôle des produits vendus aux écoliers.
Ils comptent s’allier en créant leur syndicat, qui se nommera «Mauritius School Cantine Association». Il aura un statut légal au courant de la semaine à venir. Puis, les cantiniers demanderont une rencontre avec le ministre de la Santé, Rajesh Jeetah.
«Nous sommes une des races menacées de l’île. Pourtant, nous sommes tels des seconds pères et mères des petits», lance Bernard Betsy, porte-parole des cantiniers. C’était lors d’une réunion qu’il a organisée avec d’autres cantiniers au Centre sportif Monique Railleroux, à Beau-Bassin, le 10 octobre 2009.
Cette loi qui gêne tant les cantiniers a été décrétée le 15 août dernier. Les cantiniers ont jusqu’à janvier 2010 pour l’appliquer.
Elle fixe une liste spécifique de produits que les cantiniers ont le droit de vendre aux écoliers et collégiens. Elle en comprend 12 dont le manioc bouilli, des fruits, du maïs, des noix,  ainsi que des pains fourrés et sandwichs fourrés d’aliments qui n’ont pas été «deep-fried». Mais fait plus surprenant, cette liste de produits inclut les «dholl puris» et les rotis», et l’on note aussi l’absence de produits laitiers.
 «Ce que le gouvernement nous demande de vendre et de ne pas vendre relève d’une incohérence totale. Il semblerait qu’on essaye de faire disparaître les cantiniers», affirme Bernard Betsy.
«C’est pour cette raison que nous fondons notre association. Nous ne partons pas en guerre contre le gouvernement. Nous allons demander une rencontre avec le ministre Jeetah. Nous voulons négocier et les conseiller en termes de produits supplémentaires à inclure dans cette liste», poursuit celui-ci.
Le ministère de la Santé souhaite contrôler la vente des produits dans les cantines scolaires afin de contrecarrer, entre autres, le problème croissant de l’obésité chez les enfants.
«Si l’on parle d’obésité, il ne faut pas se concentrer uniquement sur la nourriture. Les enfants dans le primaire ne font pas suffisamment de sport. Dans certaines écoles, ils n’ont droit à des séances d’éducation physique que deux fois par an», soutient, à ce chapitre, Bernard Betsy au nom des cantiniers.
Il soutient, alors que l’Etat veut «en finir» avec les marchands ambulants, que cette nouvelle loi ne fera qu’encourager les audacieux à faire le tour des écoles.
«Tout ce que les cantines n’auront pas le droit de vendre, ces marchands, eux, le vendront aux portes des écoles.  D’ailleurs, quand l’enfant vient à la cantine et voit qu’il n’y a que des produits à base de manioc ou de patate, il garde son argent de poche. A la sortie de l’école, il se dirigera vers les marchands ambulants ou les boutiques et achètera ce qu’il désire», conclut le porte-parole des cantiniers.
 
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