Avec son épouse, il est au centre d’un esclandre à bord d’un vol d’«Air Mauritius» le 25 décembre. L’affaire a été confiée à un «Fact-Finding Committee», présidé par l’ancien juge Robert Ahnee.
Raj Ringadoo, c’est en ce moment une image double. D’abord celle d’un passager à bord d’un avion d’Air Mauritius. Pas n’importe lequel. C’est un membre du conseil d’administration d’Air Mauritius – nommé le 8 mars 2006 - qui voyage à bord d’un avion de la compagnie nationale. Qui aurait houspillé le personnel. Et menacé hôtesse de l’air et chef de cabine, de licenciement. Au nom du privilège d’être servi en premier. Qui serait passé outre les consignes de sécurité, en quittant son siège pendant que l’avion rencontrait une zone de turbulence.
La même scène, les mêmes protagonistes. Et voilà Raj Ringadoo en époux qui prend le parti de son épouse. Car l’intrigue – qui sera élucidée par un Fact-Finding Committee présidé par l’ancien juge Robert Ahnee – aurait commencé par le mécontentement de l’épouse de Raj Ringadoo. Quand l’hôtesse de l’air lui aurait demandé de patienter le temps qu’elle s’occupe d’un autre passager. Selon la lettre du personnel naviguant, il se serait empressé de confirmer les dires de son épouse.
Celle-ci aurait affirmé qu’il veillerait à ce que l’hôtesse soit rapidement mise à la porte. Raj Ringadoo, c’est une double casquette. Car il est également président de la State Investment Corporation Ltd (SIT) qui gère les investissements du gouvernement. De son président, le Managing Director de la SIT, Iqbal Mallam Hassam, affirme que «quand vous regardez autour de vous, je crois qu’il n’y a pas d’autres institutions, en tout cas dans le secteur public, où il y a d’aussi excellents rapports entre le président et le managing director». Tout en ajoutant que leur relation en est une où prime le «respect», il attribue cette situation à la combinaison de plusieurs facteurs.
Par coïncidence, Raj Ringadoo et Iqbal Mallam Hassam habitent la même rue. Mais «je ne le connaissais pas bien avant de prendre ce poste de managing director», commente ce proche collaborateur.
Qui se souvient que comme Raj Ringadoo est arrivé avant lui à la SIT, que c’est lui qui est venu lui dire, «welcome on board, we look forward to working together le même discours qu’il a pour tous les employés».
Interrogé à nouveau sur le secret de leur bonne entente, Iqbal Mallam Hasam devait alors dire qu’ «aussi longtemps que chacun respecte la territorialité de l’autre...C’est vrai que de temps en temps, cela arrive qu’il y ait des débordements».
Des exemples, notre interlocuteur n’en citera aucun. Se contentant d’ajouter qu’«entre Raj et moi, il y a une grande franchise, quand je ne suis pas d’accord, je le lui dis, il fait pareil».
Pas d’accord. Avec le cours des événements. Raj Ringadoo l’a été en 2005. Pas d’accord avec l’élection d’Ashock Jugnauth au n° 8, lors des législatives. Raj Ringadoo– injoignable toute la journée d’hier – est celui qui a fait invalider l’élection d’Ashock Jugnauth, au bout d’une longue bataille juridique. C’est aussi celui par qui la partielle du n° 8 est arrivée l’an passé.
Ce fils de sir Veerasamy Ringadoo, de la vieille garde travailliste, se jette dans la marmite politique en 2004. Ingénieur de formation, il est détenteur d’une maîtrise en gestion. Il se lance après une longue carrière dans la finance.
De 1993 à 2003, il est Chief Manager à la banque de développement. A l’époque de sa candidature, il avait affirmé «vouloir servir le pays». Quand on lui avait demandé si son patronyme avait facilité l’obtention d’un ticket pour les élections, il avait alors répondu : « Non. En politique, c’est souvent la confiance et le travail qui facilitent l’obtention d’un ticket.
De même, dans d’autres secteurs, ce n’est pas le patronyme qui facilite l’embauche mais la compétence et le mérite.» Et après la victoire «historique» dans l’affaire Jugnauth, Raj Ringadoo avait alors déclaré : «Un de mes combats a toujours été la lutte contre la corruption et la perversion du système électoral.» Qu`à cela ne tienne, depuis sa défaite de 2005, Raj Ringadoo aurait gardé contact avec «son» électorat. «Je suis sur le terrain depuis 2005, je fais mon travail et je rencontre les agents et les activistes et mes deux colistiers des dernières élections générales. Quand je suis invité à des fonctions, je réponds toujours présent.» Une histoire à suivre.
 
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