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Peggy Lam Po Tang
Aline GROËME-HARMON
01/11/10 | Commentaires [0]
Peggy Lam Po Tang
Un souffle de l’ailleurs où elle vit, travaille. Et existe. Un souffle du Canada, le pays que j’aime
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La photographe mauricienne établie au pays des érables expose «Canada pays que j’aime» dès demain au Musée de la Photographie.

Au commencement, il y avait le besoin de partir. De quitter un petit monde insulaire. Physiquement limité. Limité dans sa tête. Et puis, il y a eu le besoin de revenir. Peggy Lam Po Tang est là. Au lieu de la naissance. Avec ce qu’elle sait faire de mieux : de la photo. Un souffle de l’ailleurs où elle vit, travaille. Et existe. Un souffle du Canada, le pays qu’elle aime.

Qu’elle expose dès demain au musée de la photographie, à Port-Louis. «Notre philosophie, quand nous avons des invités«, explique Tristan Bréville, responsable du musée, «c’est d’accueillir des Mauriciens d’ailleurs qui ont pris l’option photographique de montrer le lieu dans lequel ils vivent».

Loin des clichés

Quel Canada nous montre Peggy Lampotang ? «Ce qui raconte une histoire en s’éloignant un peu des clichés». En 28 photos, du Canada en toutes saisons, nous nous arrêtons au bord d’un lac. Nous traversons une forêt. Nous arrivons dans un parc où les érables ont mis leurs manteaux rouille pour l’automne. Avant que ne tombe une nuit noire, dans laquelle les lumières d’une ville ne brillent que mieux.

«J’aime les verts, je trouve cela très beau, très romantique». Cela, c’est en surface. Mais pour peu que l’on s’arrête devant les agrandissements, ce sont des histoires personnelles, intimes que la photographe souhaite nous montrer. Il s’agit de voir dans ces paysages, toute une géographie intime. De sensations en sensibilités. D’affect en accessibilité. De suivre au fil de l’eau, au haut des arbres ou dans la profondeur d’une forêt les humeurs, les états d’être du photographe.

Car après tout, elle nous invite chez elle. Le Canada, qu’elle explore, apprivoise et retranscrit, elle le côtoie depuis 1976, l’année où elle a quitté Maurice. A 20 ans. Ne cherchez pas les raisons du départ. Avec le recul, ce n’est pas si important. L’essentiel est de continuer à avancer. De poursuivre sa démarche artistique. Peggy Lam Po Tang est artiste. C’est comme cela qu’elle s‘envisage. Qu’elle se définit. C’est cela son travail, sa formation. Son portfolio. Chargé de portraits, d’explorations photographiques du corps humain. Que ce soit des Men revealedou du Feminine mystique.

Cette fois pourtant, c’est aux paysages de parler. L’humain, dans la série qu’expose Peggy Lam Po Tang y est secondaire. Une silhouette fugitive s’éloignant dans la brume. Sans visage. Furtive. Pour ne pas faire diversion. Pour nous permettre de nous abandonner tous entiers aux grands espaces.

Aline GROËME-HARMON
(Paru dans la rubrique Culture – l’express du lundi 11 janvier)

*Toutes les recettes de la vente des photos seront reversées à Urgence Toxida


  
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