C’est au pays des kangourous que l’ancienne animatrice de la MBC mène aujourd’hui sa petite barque, tranquillement. L’enseignante, qui revient au-devant de la scène avec une émission mauricienne qu’elle anime de l’Australie, raconte son quotidien auprès de son fils de 4 ans et évoque avec nostalgie son île natale…
Elle prend enfin le temps de vivre ! Marjorie Lenette est de celles qui ne renvoient jamais à demain ce qui peut être fait le même jour. À tel point que ses journées peuvent sembler très courtes. N’empêche, celle qui vivait à un rythme d’enfer à Maurice a ralentit son train de vie depuis qu’elle s’est installée à Melbourne, en Australie, il y a quelques années. L’ex-animatrice de la MBC nous parle de sa nouvelle vie au pays des kangourous.
«L’Australie est vaste mais dans un périmètre de 100 kms, on a la ville, la campagne, la montagne, la mer, le bush...» Mais, dans son cœur, quoi qu’il en soit, le pays-continent ne remplacera jamais son île natale : «Je suis toujours très fusionnelle avec mon pays.
John Kennedy a dit : “Ne vous demandez pas ce que le pays peut faire pour vous mais ce que vous pouvez faire pour votre pays”. J’ai fait... et je ne me suis pas ménagée. Je pense qu’il y a eu un trop-plein dans ma vie, de l’amertume et j’avais besoin de me ressourcer», nous confie celle dont les Mauriciens se souviennent surtout comme la présentatrice d’Avis de Recherche.
Lorsqu’on lui demande de parler d’elle, Marjorie répond sans hésiter qu’elle est une amoureuse de la vie, une curieuse et une passionnée : «Je suis une voyageuse, j’aime aller à la découverte des choses et j’adore les challenges. J’ai toujours su que j’étais une citoyenne du monde. Quand on est mauricien au sang-mêlé, on est d’ici et d’ailleurs et si on a un savoir-faire, des compétences et une éthique, on peut s’installer n’importe où.»
Cette maman d’un garçonnet de 4 ans – qui est le centre de son monde – a aujourd’hui retrouvé ses repères et elle prend maintenant le temps de savourer chaque seconde de sa nouvelle vie : «J’ai changé de rythme. Pour la première fois de ma vie, je fais la grasse matinée les dimanches, je flâne dans les jardins ou fais de longues marches sur la plage. J’arrive à trouver des moments à moi et avec mon bout de chou, on fait plein de choses. J’apprends à redécouvrir la vie mais quand je suis fatiguée, je dois me faire violence pour parler anglais. Je suis beaucoup plus créolophone et francophone.»
Le bleu du ciel…
Désormais, elle mène, dit-elle, sa vie comme elle l’entend : «J’aime la lecture. Cela faisait longtemps que je ne lisais pas et maintenant, je m’en donne à cœur joie en sirotant un kir ou un verre de vin. Je pense aussi que je me remettrai à l’écriture un de ces quatre pour mon fils. Il adore les histoires. Je suis toujours dans l’enseignement comme c’était le cas à Maurice. Le profil des étudiants, ici, n’est pas vraiment pareil car en Australie, il faut insérer du fun dans le contenu. C’est une approche différente. Il a donc fallu que je mette de côté la rigueur française...»
Bien évidemment, elle reste très nostalgique de Maurice : «Mes parents me manquent beaucoup, de même que mes amis, la nounou de mon fils, mon équipe d’Avis de recherche, mon chien chocolat, bref, ceux qui ont pris mon coeur mais je n’ai pas tout à fait quitté Maurice. Le bleu du ciel, l’allée des flamboyants, le goût des letchis, de l’eau salée et le tempo du séga et des mélodies de Triton sont très présents dans ma tête...»
Ce sont des choses dont elle aime se rappeler et qui l’aident à avancer : «Dans mes souvenirs, je revois aussi les contours de Rodrigues, ses vallées, les couchers de soleil avec des ourites qui sèchent en plein air. Keats a dit : “A thing of beauty is a joy for ever...” C’est bien vrai. Toutes ces choses sont mes batteries quand j’ai le blues... »
Sa petite île, elle l’a dans la peau et ne lui veut que du bien : «Ce que je souhaite à mon pays, c’est d’être plus juste envers les justes, de faire le bon choix de gouvernants pas pour ce qu’ils représentent mais pour ce qu’ils sont. Qu’on arrête aussi de cautionner les médiocres, les nuls et les corrompus et qu’on donne plus de moyens à ceux qui peuvent faire avancer notre île aux mille couleurs. Mon voeu pour 2010 : que l’éducation civique devienne une matière obligatoire à l’école et qu’elle soit sanctionnée par un examen pour être prise au sérieux. Ce sera la seule manière d’aider les jeunes à être des citoyens de valeur.» Pour elle-même, Marjorie n’a qu’un objectif : réaliser ses rêves et se donner tous les moyens pour y arriver…
«Allo MBC Radio»
Bien qu’elle soit loin de Maurice, la voix de Marjorie Lenette continue à résonner sur les ondes de la MBC Radio. «Depuis trois semaines, je fais un duplex entre Maurice et l’Australie. L’émission que j’ai conçue s’appelle Allo MBC Radio. Je coanime l’émission avec une collègue qui s’appelle Purnimah et qui est en studio à Maurice.» L’émission est composée de trois rubriques. Il y a d’abord Souvenirs d’antan où les personnes racontent leurs souvenirs de Maurice. «Cela peut être également un flash back sur un endroit précis à Maurice», explique notre compatriote.
Il y a également la rubrique Cœur à cœur. «Connaissant les problèmes des étudiants en Australie et sachant qu’il y a une grosse nostalgie et qu’il est important de garder le lien avec Maurice, nous proposons cette rubrique durant laquelle les gens peuvent faire des surprises téléphoniques à ceux qu’ils aiment à travers la MBC. Ils laissent leurs numéros sur notre répondeur et on les rappelle pour organiser les surprises à l’antenne», poursuit l’animatrice. Il y aussi le come-back d’Avis de Recherche : «L’émission me colle à la peau. Depuis que je suis partie, il y a eu plein d’appels de téléspectateurs qui me recherchaient. Ce n’est pas une blague : ils ont même émis un avis de recherche sur moi ! La radio de proximité, le contact réel, vrai, c’est mon truc : c’est ce que j’aime faire…»    (Source : 5-Plus Dimanche)   |