Née en France de parents mauriciens, Janita, Goviden est à 26 ans, représentante de «Ryanair», pour la France et la Belgique.
Quand elle parle de Ryanair, le plus gros transporteur de passagers au monde, on a l’impression que Janita Govinden parle un peu d’ellemême. «C’est une compagnie choc, arrogante, très tape-à-l’oeil ».
Arrogante? Janita Govinden, représentante de la compagnie pour la France et la Belgique, depuis un an, reformule : «OK, c’est sans doute péjoratif, c’est une compagnie qui fait du rentre dedans, c’est la plus compétitive d’Europe ».
Et voilà le gros porteur d’arguments paré au décollage. Car si elle est actuellement en vacances à Maurice, Janita Govinden, représentante de Ryanair pour la France et la Belgique démarre au quart de tour. Ses réflexes de communicante n’ayant pas l’air de souffrir de l’air salé de Calodyne, avec vue imprenable sur le Coin de Mire.
Sa place au soleil – même si elle est basée dans les brumes de Dublin, en Irlande – Janita Govinden, y donne «90 % de sa vie». «Depuis l’âge de 15 ans» , elle sait qu’elle veut «faire de la com». Comme maman. Qui représentait Air Mauritius au Bénélux.
Pas très loin de papa, Géo Govinden, représentant de la Chambre d’Agriculture et du Syndicat des Sucres à Bruxelles et à Genève. Ce qui fait qu’«à la maison, on ne parlait que de Maurice». Et même si la benjamine de trois enfants insistait auprès de ses parents, «ne ramenez pas le boulot à la maison», que ce soit à Strasbourg où elle est née ou à Bruxelles où elle a grandi, Janita Govinden (qui a la double nationalité) vit dans un climat où l’actualité locale est très présente.
Mieux, ses parents parlent le créole à la maison. Et lui donnent le goût du «service pour le développement du pays». Une mission que la jeune femme de 26 ans, ne désespère pas d’assumer ici.
«Mais vous croyez qu’on donnera la chance à des jeunes comme moi ici ? » lancet-elle. «Sans vouloir polémiquer».
Pourtant, les questions pointues, Janita Govinden en a l’habitude. D’ailleurs, se souvient-elle, elle essuie régulièrement les interrogations de journalistes, «accusant Ryanair de publicité mensongère», ou encore ceux, «voulant polémiquer sur nos promotions».
Des étincelles dans la voix, la communicante en diable explique alors que sa méthode est de passer une demi-heure pour prouver point par point que la promo existe, «quitte à devoir travailler deux heures de plus après».
Une fois que ses arguments décollent, on ne peut arrêter Janita Govinden. Sa voix prend de l’altitude. Ses paroles se succèdent à un rythme qui dépasse vite la vitesse de croisière. Son plan de vol : faire mouche. Comme sur plateau d’un JT de 20 heures de France 2 où elle est passée au mois de juillet dernier.
Sans avoir à déployer des trésors d’imagination, nous l’imaginons très bien, assénant à ses interlocuteurs friands de controverse : «comment est-ce qu’une compagnie européenne soumise aux mêmes règles que toutes les autres peut faire de la publicité mensongère? C’est vrai que Ryanair est un nouveau modèle de transporteur.
C’est le moins de services rendus pour payer le moins cher. C’est une compagnie où les réservations  se font à 99 % sur le web et les 1 % qui se font par téléphone, on cherche à s’en débarrasser ».
Après tout, sa fonction de représentante nécessite qu’elle réponde – qu’elle fasse taire ? – ceux qui s’interrogent sur des «méthodes nouvelles». Et là, même en vacances, sans montre ni agenda, Janita ne sort décidément pas de sa seconde peau de communicante. Avec conviction, elle ajoute : «Nous sommes là pour donner l’occasion à des gens de voyager et qui ne l’auraient peut-être jamais fait».
Elle-même vit pratiquement dans une valise. Basée à Dublin, passant trois à quatre jours la semaine entre la France et la Belgique, quand elle ne revient pas de Porto. Ou d’une autre ville européenne.Une ouverture sur le monde qui un jour a donné l’envie à J a n i t a Gov i n d e n d’aller vivre six mois en Chine.
A l’époque, la jeune femme a terminé une licence en anglais et espagnol à Toulouse. Après avoir abandonné, «très vite» la filière droit, elle se dirige par la suite vers des études en journalisme et communication. De la théorie que la jeune femme souhaite mettre en pratique en s’immergeant dans «l’autre manière de travailler, l’autre manière de faire passer les messages». Les manières chinoises.
Mais, «un an de chinois» à raison d’un cours par semaine la laisse désemparée. Elle rebrousse vite  chemin. Avant d’être embauchée par Ryanair. Et défendre bec et ongles, «pour encore deux-trois ans je crois», une compagnie où, «je ne suis pas là pour prendre les passagers des autres compagnies aériennes. Je suis là pour créer de la demande ».
 
 
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