Le directeur du Central Bureau of Investigation indien révélait le 13 février lors d’une conférence d’Interpol que les pays notés comme les plus transparents sont ceux où ses concitoyens ont planqué 500 milliards de dollars. Soit l’équivalent de Rs 15 000 milliards. En vrac, il cite Maurice, le Lichtenstein, la Nouvelle Zélande, la Suisse, les îles Vierges britanniques ainsi que Singapour.
Les accusations venant de l’Inde à l’effet que Maurice soit un paradis fiscal, loin de l’image édénique de Mark Twain, sont légions. Il ne se passe pas un jour sans que la presse ne révèle qu’un homme d’affaires véreux ou un politicien corrompu de la Grande péninsule a dissimulé ses millions de dollars mal acquis à Port-Louis.
La dernière « grosse » affaire indienne remonte à l’an dernier. Le Central Bureau of Investigation a indiqué que des dessous-de-table de l’ordre de Rs 3 milliards qu’aurait récolté l’ancien ministre indien des Télécommunications, Andimuthu Rajah, dans le cadre de l’allocation de licences de téléphonie mobile de seconde génération, ont atterri à Maurice et aux Seychelles. Les commissions rogatoires s’enchaînent, certes, pour prouver la bonne foi de Maurice, mais il serait mieux que la  Financial Services Commission de Maurice vienne, de temps en temps, avec une déclaration, voire un communiqué, pour dissiper toute crainte de dissimulation. Le fait de rester prostré dans son coin n’arrange pas l’image que font les Indiens de Maurice. Prenons l’exemple sur la Suisse : quelques jours après la déclaration du directeur du Central Bureau of Investigation sur les fonds secrets placés au pays des edelweiss, l’ambassade helvète à New-Delhi s’est fendue d’un communiqué pour expliquer que les chiffres avancés sont farfelus. Et qu’il n’y a aucune preuve pour les confirmer.
Ici, on secoue la tête et on laisse faire le temps. L’on se dit que demain, ce sera oublié. Tout comme pour le rapport de l’ONG internationale Global Witness publié ce 15 février qui explique que l’argent provenant de la vente de diamants zimbabwéens est dirigé vers Maurice par les proches du despote Robert Mugabe.
Malheureusement, c’est l’image du pays qui prend un sérieux coup avec ce silence assourdissant de la FSC notamment. Car même si des enquêtes sont menées, il y a toujours des tentatives, dans l’ombre, de tout faire capoter. Comme l’a essayé de faire Suresh Nanda, un marchand d’armes indien, accessoirement fils d’un ancien amiral de la marine indienne, en avril dernier, auprès de la Cour suprême, relativement à un pot-de-vin de Rs 1,5 milliard versées suite à l’achat d’un système anti-missile d’Israël. 
Des fois, une dose de transparence, accompagnée d’ un zeste de communication, peut balayer l’idée qu’il existe une omerta sur les transactions louches dans l’offshore mauricien. Il n’y a qu’un pas à faire.
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