Nicolas Von-Mally a pris une sage décision. Aussitôt après la proclamation des résultats des élections régionales, il a pris les devants et a demandé au Premier ministre de lui enlever la charge du ministère de Rodrigues. Il dit vouloir respecter le voeu de l’électorat et ne pas embarrasser l’Organisation du peuple de Rodrigues (OPR). Il a montré une volonté d’apaiser les tensions pour permettre au pays de vivre dans la sérénité. C’est tout à son honneur.
Dans les premiers discours des membres du nouveau gouvernement, il y a également un langage d’ouverture et d’apaisement. « Mo lans enn lapel tou bann Rodrigue et Rodrogez de bonn volonté pou ki nou met lamin ansam pou fer Rodrigu avanse », a lancé Serge Clair dès son élection comme Chef commissaire. Son adjointe, Franchette Gaspard-Pierre Louis, est allée dans le même sens en invitant la population « à mettre de côté nos divergences. Ensemble, travaillons pour montrer au monde de quoi nous sommes capables. »
Le nouveau Minority Leader, Gaëtan Jabeemissar affirme de son coté que le Mouvement rodriguais sera une opposition forte. « Nous allons défendre la cause du peuple dans son sens le plus large », a-t-il déclaré à l’express Rodrigues. Propos similaires de Allan Ladd Emilien du Front patriotique rodriguais : « Nous veillerons à ce que l’intérêt de la population soit sauvegardé. »
La bonne volonté est également de mise chez le nouveau président de l’Assemblée régionale qui avait ceci à dire : « Je travaillerai en étroite collaboration avec le gouvernement et l’opposition au parlement pour que règnent le respect et la discipline. » Ces prises de positions donnent des raisons d’espérer. Malgré tout ce qu’on peut dire, les hommes et les femmes en politique ne sont pas si méchants que ça. Ils savent montrer qu’ils ont le sens du bien commun. Mais il ne faut pas que ces belles paroles tombent dans les oreilles des sourds.
Les électeurs ont le devoir de les garder et de les rappeler aux élus quand c’est nécessaire.
Au fait, ce qui fait la grandeur d’un homme et d’une femme, c’est sa capacité de tenir parole et d’être cohérent entre ce qu’il dit et ce qu’il fait.
C’est par les actes que le peuple jugera si les nouveaux dirigeants sont capables de rassembler les compétences et ne pratiquent pas de chasse aux sorcières et du favoritisme. Le peuple jugera si la Minorité n’adopte pas des attitudes destructives et démagogiques.
Et son jugement est toujours sans appel.
|