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Cyclone Giovanna : quand la levée d’alerte rime avec une demi-journée de détente à la plage
La Rédaction
02/13/12 | Commentaires [0]
Cyclone Giovanna : quand la levée d’alerte rime avec une demi-journée de détente à la plage
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Le temps de récupérer des forces entre Maurice et la Réunion, Giovanna se dirige déjà vers Madagascar. Sa menace entre les deux îles n’aura finalement pas beaucoup inquiété. Bien au contraire…

Maurice n’a finalement pas subi de gros dégâts lors du passage du cyclone Giovanna. Un petit tour et puis s’en va pour ce système dépressionnaire qui aura menacé Maurice pendant un peu plus de 20 heures, sous un avertissement de cyclone de classe 3. Dès la levée des alertes cycloniques, à 13h30 le dimanche 12 février, certains n’ont pas souhaité perdre une seconde pour sortir, voire aller à la plage pour une petite baignade.

Cela était le cas dimanche après-midi sur le littoral nord. A Grand-Gaube, des jeunes du village se rendent à la plage publique pour profiter des vagues. Kevin avec sa planche de surf sous le bras n’a pas froid aux yeux. « Si la mer est praticable, je vais faire du surf. Les vagues sont propices. Mais il faut être prudent, car les houles sont violentes après le passage d’un cyclone », confie ce jeune homme.

Plus loin à Anse-La-Raie, des habitants de la localité profitent pour aller se détendre sur la plage. « La météo a dit qu’il n’y a pas de danger, ont ne va pas gâcher un après-midi à cause d’un peu de vent », souligne Mario. Des pêcheurs présents sur la plage veillent sur leurs embarcations. Ils attendent que la mer soit praticable. A Cap-Malheureux, certains n’ont pas hésité à braver les interdictions de baignade, alors que la météo annonçait de fortes houles. Même constat à Pereybère, où certains font fi des conseils des autorités.

Sur la côte jusqu’à l’ouest, c’est le même phénomène que l’on peut observer. Certains, dont des touristes, nagent dans une mer agitée. Au Morne, dès que l’île est passée en alerte 3, samedi, plusieurs familles se sont ruées dans les centres de refuge.

Jean-Claude Venus, un pêcheur de 39 ans, se plaint du fait que des réfugiés comme lui ont été priés de partir aussitôt l’alerte 3 enlevée dimanche après-midi. La pluie tombe averse et les vents secouent sa bicoque munie d’une porte toute aussi déglinguée. Une bâche et une feuille en plastique ont été dressées sous les trous béants du toit pour protéger son lit et celui de son frère, où dormait à ce moment-là son fils de 9 ans.

« Nous sommes au centre de refuge depuis samedi et nous n’avons rien eu à manger. Tant pis. Je dois pêcher pour gagner ma vie… Avec ce temps, ce n’est pas facile. Travay pe travay mem mais pas reussi joine les deux boutes », soupire-t-il. Sa soeur, Shirley Parsad, n’est pas en reste. A 35 ans, seule avec sept enfants, elle ne sait comment la nuit de dimanche se déroulera avec son toit fragile.

Plus loin, George Colorado, dit Calou, 30 ans, se demande pourquoi le centre a fait évacuer aussi vite les réfugiés. Il habite une case de 1m50 de large et de 6m de long avec son oncle, sa tante et un enfant. D’un côté, le mur s’est ouvert, laissant s’engouffrer la pluie et le vent. « Nu lakaz couler et divan li kapav casser. Ti kapav reste enkor ene jour », lâche-t-il en fixant le cocotier du voisin malmené par les rafales.

Au sud du pays, non plus, la vigilance n’était pas vraiment au rendez-vous. En dépit des vents et des vagues dangereuses, certains ont décidé de défier les risques pour faire trempette, tandis que d’autres se relaxaient au sec. Quelques branches ici et là, Giovanna n’aura pas montré des signes dévastateurs contrairement à ce que prédisaient certains habitants de New Grove. « Cela fait longtemps qu’on n’a pas eu de vrai cyclone. Je m’attendais à ce que Giovanna soit une menace pour nous… » déclare Vishnu, un chauffeur de camion.

Sur le Plateau central, les plus petits profitent de la levée des alertes pour jouer dehors. Courses de vélo, petits jeux dans les flaques d’eaux boueuses, tous les moyens sont bons pour compenser deux jours enfermés chez soi. Un père de famille, occupé à remettre en place les quelques feuilles en tôles secouées par les rafales, affirme avoir vu pire comme cyclone. « Voyons les choses du bon côté cela m’a permis d’avoir un jour de congé », dit-il en souriant.

Dans la capitale, des sans-abri ont préféré passer la nuit dans les rues au lieu de se diriger vers les centres de refuges. De ce fait, bon nombre d’entre eux étaient pratiquement vides durant le week-end cyclonique. « C’est dommage que les réfugiés préfèrent attendre que leurs maisons soient détruites ou inondées pour qu’ils viennent se mettre à l’abri ici », déplore François, un travailleur social du centre social de Roche-Bois.


  
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