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Post-esclavagisme et post-indépendance…
Blandine Emilien
02/07/12 | Commentaires [25]
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Post-esclavagisme et post-indépendance : Le capitalisme n’est un fléau que s’il n’est pas perçu comme un sport collectif à pratiquer (Quand les qualités métaphoriques du sport tentent de prescrire de nouvelles visions dans le jeu de rôle capitaliste à Maurice)

Dans le but d’explorer, d’analyser, de comprendre et de théoriser l’impact du capitalisme dans le monde, de nombreux sociologues et socioéconomistes de l’hémisphère nord plongent dans les contextes institutionnels et respectifs des pays concernés. Parmi les multiples conclusions pertinentes et théoriquement généralisables escomptées, deux aspects saillants captent principalement l’attention des inquisiteurs : d’une part, la pratique du capitalisme bien que de plus en plus mondialisée reste variée d’un contexte national à l’autre. D’autre part, ces variantes du capitalisme n’éliminent en moins celui-ci en faveur d’une autre option de modèle de production, mais démontrent que les élans décisionnels des dirigeants d’un pays découlent d’une logique à la fois historique et institutionnelle. Le capitalisme sous ses formes nuancées perdurera tant que le développement économique et social sera à l’agenda politique. Jouer son propre rôle dans ce contexte est ce dont il faut se soucier.

Il est plus que probable que l’argument gouvernant la démarche académique exprimée plus haut ne soit né que grâce à l’acceptation quasi collective d’un phénomène perçu dans le monde industriel. L’évolution du travail et du modèle de production le contenant demeure inévitable et indéniable quoi que régie par un parcours institutionnel plus linéaire que sinueux. Certes, le travail ou plutôt sa morphologie à la fois technique et institutionnelle est suggestible face à des meta-innovations technologiques ainsi qu’à des circonstances propres au pays en question : des facteurs donc exogènes. En guise d’illustration, un pays en permanence concerné par son développement économique se cramponnera assez fermement aux prescriptions de ses institutions surtout en période non-critique. Toutefois, il ne sera jamais en mesure de décliner des opportunités de progression telle que celles offertes par des découvertes technologiques. Ni ne sera-t-il capable d’exercer quelque contrôle ou pouvoir providentiel sur les calamités naturelles dans le cas où sa production phare est de nature agricole.

Malgré l’éventualité de tels facteurs, il a été constaté que le travail évolue selon le chemin historique emprunté par un état surtout si celui-ci ne vit que pour son développement économique. On a fait tomber le mur de Berlin certes, mais ceci était une démarche vers et non à l’encontre de l’uniformité capitaliste ou du progrès. Penser qu’un gouvernement fera en sorte un jour de faire reculer son économie est chimérique. Tout ceci a été à juste mesure démontré par le cas de l’île Maurice pendant ces quatre décennies.

Par conséquent, crier ‘non au capitalisme’à tue-tête dans les rues mauriciennes pourrait avoir et une connotation paradoxale et un arrière-goût de déni dans le jeu de salive de ceux qui prennent cette initiative de nos jours. Je propose l’institution du sport comme base métaphorique pour expliciter tout ceci. Il est toutefois impératif de préciser qu’il n’est pas question ici de brosser un tableau subjectivement positif du capitalisme, de mettre en veilleuse son caractère exploitatif ni de nier ses manquements éthiques et moraux. D’ailleurs le sport est une pratique inhéremment objective. Pour qu’il y ait une défense, il faut l’élément d’attaque et vice-versa. A l’image du sport, il est possible ici de suggérer que toute pratique demeure donc ce qu’elle est : une plateforme de jeu.

Précisément, les règles du jeu représentent ses paramètres institutionnels, sont établies par des tiers certes, mais humains, et ne sont révisées que dans des moments de crise. Comme le veut la tendance grandissante dans le domaine de la sociologie et socioéconomie, le capitalisme est perçu comme une telle plateforme de pratique. Cette plateforme consiste en un ensemble de paramètres à la fois suivis et dynamisés par un jeu de rôle assumés par des individus qui visent à s’enrichir ou éventuellement à éviter l’appauvrissement. Ici gît le vif de la plaie. Il doit y avoir un jeu perpétuel d’attaque-défense sur un terrain partagé qui met en exergue les ambitions économiques, les satisfactions personnelles et collectives, un jeu qui ne peut être nié et qui remet également en question les valeurs morales et les sources de déception.

Par ailleurs, si l’on se rapporte aux institutions du travail puisqu’il est question de cette branche sociologique ici, le syndicalisme a, à juste titre, été décrit comme étant ce mouvement radical qui s’oppose à l’exploitation d’un groupe d’individus par un autre groupe. Ce dernier se démarque de par sa possession des capitaux. Si l’on parle d’exploitation, l’initiative syndicale préserve en tout honneur sa légitimité.

Toutefois, il y a un piège.

Tout comme sur un terrain de jeu, il est plus facile de prendre la dite initiative de se défendre surtout dans le but de revendiquer instinctivement sa survie. Il est facile de crier ‘non au capitalisme’dans les rues de nos villes pour se faire entendre. Il est facile d’importer des discours de souche européenne telle que le marxisme, comme l’a démontré le MMM pendant les années qu’a connu l’île Maurice postcoloniale des années 1970.

En d’autres mots, l’esprit collectif y est : Maurice l’a côtoyé. Toujours est-il qu’une initiative défensive demeure ce qu’elle est : défensive. Il ne faut pas confondre une défense avec une stratégie d’attaque. Au cas contraire, pour revenir au sport, toute équipe augmenterait son score à chaque bonne défense. Les dirigeants de nos institutions l’ont compris. En 1982, le défenseur des dits exploités des années 1970, notamment le MMM, a, bien que sous un ramage rhétorique différent, fait comme ses prédécesseurs. Nos institutions ont heureusement continué d’opérer selon la norme collective postcoloniale et nullement contestée à Maurice : celle du développement économique à tout prix. Le pays en a bénéficié.

Toujours est-il qu’il n’est pas impertinent de mettre en garde les auteurs des mouvements anticapitalistes d’aujourd’hui. Ce qu’ils qualifient d’attaque envers les capitalistes mauriciens que ce soit avec un zeste revendicatif du problème communal local ou pas, n’est, si l’on se réfère à la pratique du sport, qu’une action défensive. Une action n’est pas une attaque a priori. Il est impératif que le peuple mauricien, qui plus est sa branche juvénile, réalise qu’une action défensive ne représente en rien une stratégie d’attaque. Prévenir des incidents comme ceux du centre d’appel Infinity en manifestant et en soutenant les grévistes de la faim demeure une initiative défensive et judicieuse. Le sens de la réactivité règne. Il en est de même pour l’action de critiquer le secteur privé avec des bannières.

Cependant, la démarche métaphorique du sport ici présente met en évidence le besoin de se rappeler qu’un match est composé de deux types d’action : il ne faut pas écarter le besoin d’une attaque pour se contenter de défendre. Ceci dit, le type d’attaque approprié pour les matchs économiques et institutionnels que connaît le peuple mauricien reste subjectif et pourrait être le sujet d’un autre débat. D’un point de vue plus général, il semblerait que le peuple mauricien, dans son réflexe défensif, omet de réaliser qu’il peut lui aussi attaquer à sa façon. Malheureusement, ce dit réflexe défensif et monolithique résulte encore aujourd’hui en un statu quo d’une classe sociale précise, d’une communauté type, ou d’un ensemble d’individus avec les mêmes désavantages de départ ou omissions.

Le mécanisme du marché libre et capitaliste n’a jamais interdit à un groupe en faveur d’un autre de se mettre à produire lui aussi, au lieu de rester dans sa position de défenseur. D’ailleurs, les institutions, bien qu’impersonnelles, sont créées par les humains. Certes il y a des fabricants de règles et des pratiquants de règles, mais quand il n’y a pas d’interdit, le groupe d’humains formant leurs vies autour des institutions en question peuvent se donner le droit d’utiliser les normes à bon escient. En d’autres mots, les lois, telles que les lois du marché libre ne sont favorables uniquement à un groupe spécifique que si cette façon de voir les choses est prise pour acquis. Le syndicaliste mauricien semble ne pas réaliser que malgré son devoir au sein du mouvement collectif, sa mise en pratique d’une loi ou d’une norme implicite telle que l’institutionnalisation des divisions communales dans le capitalisme mauricien, demeure individuelle. Tout en partageant une idéologie avec ses camarades, il peut simultanément se remuer et avancer pour le progrès de sa propre personne s’il y croit. Post-esclavagisme et postindépendance : Le capitalisme n’est un fléau que s’il n’est pas perçu comme un sport collectif à pratiquer 3
En effet, rien n’empêche l’institutionnalisation d’une combinaison responsable de l’individualisme et du collectivisme dans la façon de penser de nos jeunes. Lors des matchs d’un sport collectif, tous les joueurs ne courent pas forcément dans la même direction au même moment même s’ils font partie de la même équipe. Sil se donne les moyens et si les institutions politiques sont en sa faveur, rien n’empêche le jeune subalterne mauricien de passer outre les normes sociales de son environnement et d’aspirer à devenir patron. Il n’est pas éthiquement ni politiquement incorrect de devenir entrepreneur commercial tout en gardant ses valeurs morales et en restant sensible aux malheurs des autres. Que les jeunes mauriciens démontrent leur solidarité envers leurs compatriotes qui ont malheureusement subi les rebondissements d’une exploitation capitaliste (le cas Infinity en est un exemple), est bien. Mais se lancer dans un échange commercial en créant sa propre entreprise, en ne voyant pas que l’aspect négatif dans l’échange vente-achat tout en restant sensible aux violations éthiques dans le pays, est encore mieux. La métaphore du sport propose ici que le jeune mauricien, au lieu de s’engager uniquement dans la défense de sa survie en manifestant contre l’exploitation, soit économiquement proactif et de ce fait, bipolaire : il peut défendre et simultanément apporter individuellement ou au sein de petits collectifs, sa participation dans la production.

Il est vrai aussi que de par son passé colonial, l’ile Maurice a été un terrain où la détention des capitaux a été entre les mains d’un groupe défini qu’il soit qualifié dans un jargon communal ou ayant trait aux classes sociales. Cette prise de conscience a bien sa raison d’être, encore plus pendant la période de commémoration de l’abolition de l’esclavage. Toutefois, que le ballon ait été pendant longtemps dans un camp précis n’écarte pas le fait que tout match requiert d’un arbitre. Si certains partis politiques ont dans le passé mis en évidence le mouvement syndical et la situation défavorable des classes qu’ils défendaient, il est légitime de se demander pourquoi ces partis ne se montrent pas plus offensifs lorsqu’ils sont au pouvoir en peaufinant leur élan syndical d’antan avec la proposition d’une stratégie d’attaque pour les jeunes d’aujourd’hui. Il n’est pas question ici de proposer que le gouvernement encourage une attaque à la Robin des bois, mais plutôt l’institutionnalisation d’une nouvelle prise de conscience. Il est temps que notre système d’éducation fournisse en sus de l’instruction des matières principales, l’initiation au jeune à la prise de conscience de ses droits, de son potentiel, de son savoir faire, et d’un parcours alternatif. Par exemple, il est dommage que le syndicalisme soit découvert par le jeune mauricien à l’âge adulte, uniquement dans un contexte révolutionnaire et non comme une pratique légitime de prévention. Il ne faut pas s’étonner de la connotation péjorative attribuée au syndicalisme à Maurice. On peut excuser les lacunes de l’époque coloniale. L’esclave ou le subalterne asiatique n’était pas éduqué l’écart entre lui et son maître aurait été comblé avec difficulté.

Aujourd’hui est un autre jour : une uniformité des mentalités est possible à Maurice et l’appartenance ethnique ne doit plus servir d’instrument de catégorisation capitaliste. Cette uniformité doit être initiée par l’éducation locale et par la vision de nos dirigeants. Même si dans notre métaphore, le jeune sportif a besoin de beaucoup d’entrainement pour réussir son attaque individuelle ou collective, les règles institutionnelles doivent évoluer pour enfin permettre le fair play. Peut-être alors cesserons-nous de crier dans les rues des ‘non au capitalisme’ sans alternative concrète même si nous ne devrions pas nous opposer aux ‘non au capitalisme irresponsable’ légitimes. Avec la formule métaphorique du sport en arrière-plan, la proposition ici présente vient à son tour crier à tue-tête : A bas le jeune syndicaliste mauricien mono- fonction, longue vie au jeune mauricien conscient et des bienfaits du syndicalisme responsable et de son potentiel offensif dans la préservation de sa survie. Il est temps que le jeune mauricien cesse de souffrir de son histoire avec un grand H, bien qu’elle soit indélébile. L’erreur a été de faire croire aux jeunes que le capitalisme à Maurice ne peut être qu’un jeu communal à somme nulle. L’erreur a aussi été de ne pas penser que l’évolution du travail pouvait aller de pair avec l’évolution des mentalités dans ce jeu de rôle. Jamais deux sans trois, l’erreur jusqu’ici de nos dirigeants bien qu’en faveur du développement, a été de ne pas inciter assez les jeunes mauriciens, toutes communautés confondues, à exploiter leur potentiel pour passer à l’attaque, la vraie.

Blandine Emilien
Doctorante Université de Leicester Royaume-Uni

 


  
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méthodologie et pragmatisme
Par:-Catherine Boudet Feb 22, 2012
"Merci de vous abstenir si vos propositions seront methodologiques et non pragmatiques" : en tant qu'universitaire, vous devriez savoir, Monsieur Anonyme Heureux, que si la méthodologie d'approche d'un article, universitaire ou autre, est inconsistante et ne tient pas debout, elle fausse lé débat, et qu'elle ne permet donc pas de faire des propositions pragmatiques. C'est là tout le problème de cet article.
Post Escalvagisme
Par:-Jooneed Jeeroburkhan Feb 21, 2012
Voilà donc un autre valeureux "Anonyme" volant au secours de Blandine Émilien. Et qui se dit même "Anonyme heureux". J'imagine qu'il peut y avoir des "Anonymes heureux" comme on dit qu'il y a des "Imbéciles heureux". Car il pompe l'air avec l'acharnement répétitif et stérile d'un Don Quichotte. Et Blandine Émilien trouvera sans doute insultant le paternalisme verbeux de ce nouveau protecteur Anonyme. Un article d'opinion publié dans une rubrique Tribune d'un journal est une invitation au débat. Mme Émilien s'y attendait certainement et elle a très bien réagi. Ce sont ses défenseurs auto-proclamés et anonymes qui ont dérapé, dans le pur style du "Nain insulaire" si bien épinglé par Catherine Boudet sur son blog. J'ai soulevé la question de Davos 2012 et de Karl Polanyi dans ma première réaction, pas pour dire quelle aurait dû en parler dans son texte de départ, mais pour l'inviter à donner suite à l'article et à approfiondir le dialogue sur le sujet du texte. Voilà que l'"Anonyme heureux" vient ânonner dans tous les sens, avec des ruades non pas d'idées mais ad hominem, des attaques personnelles. Dans un monde globalisé, l'Anonyme heureux, bien encastré dans son espace insulaire, crie que seuls les citoyens du pays ont le droit légitime de parler du pays. Or il me semble que Mme Émilien nous écrit du Royaume-Uni! C'est bien la preuve qu'il n'est pas nécessaire d'être une poule pour reconnaître un oeuf!..
lemauvais sens du débat: la gente académique attaque théoriquement par déformation professionnelle
Par:-l'anonyme heureux Feb 21, 2012
Si Blandine n’est pas choquee par les critiques académiques certes, mais ici inappropriées de CATHERINE BOUDET, qui plus est non ‘citoyenne ordinaire’ de Maurice, ou encore de JOONEED JEEROOBUKHAN, exilé , moi, simple citoyen mais aussi academique, je le suis! Le dernier commentaire de Blandine fait ressortir son fair play (puisque la metaphore non-methodologique parle du sport ici) et son article en general, son optimisme. En effet, le titre de ‘doctorante’ a la fin de cet article a permis a ces deux individus de s’approprier la demarche de cette jeune mauricienne pour respectivement justifier leur complexe de superiorite et leur presence d’expatriee a Maurice et pour jouer à l’intellectuel par absence de reconnaissance comme tel a Maurice. D’abord,je souligne l’exces de zele des academiques commentant sous cet article pour justifier betement leur propre travail. A quoi a servi une demonstration de theorie-methodologie et de la rigueur academique ici?? A RIEN! Mademoiselle Emilien est si je comprends bien, une jeune personne intellectuelle, sportive, citoyenne de l’ile qui a regroupé ses connaissances pas uniquement academiques pour susciter l’attention de ses semblables. Pourquoi par deformation professionnelle, CATHERINE BOUDET s’est –elle premise de faire d’une opinion et non d’une analyse academique, une pate modelable pour demontrer sa position de prof. Toute opinion est legitime meme si elle est dotée d’un vocabulaire soutenu (demander a Blandine d’ecrire dans un langage moins soutenu pour se proteger des attaques academiques serait un sacrilege, elle a ete eduquée a l’etranger et a un nouveau style à l’ecrit, pourquoi lui demander de regresser?? Rien que dans l’ecrit, sa demarche peut enourager les jeunes mauriciens à mieux écrire le français ou meme l’anglais)? Je suis outré! Blandine n’a pas besoin de la pedagogie de qui que ce soit ni ici ni dans un autre contexte local, elle doit avoir son directeur pour sa propre these, alors commentez sur son opinion pas sur sa methodologie ni sur son style linguistique!!! Une metaphore n’est pas une methodologie necessitant une rigueur academique dans un article de journal public ! Du moins pas pour le commun des mortels!! Je pense que Blandine ecrivait pour le commun des jeunes mortels intellectuels ici, pas pour etre publiée dans un journal académique de prestige en Angleterre. Pour ce qui est de citer Karl Polanyi parce qu’on est voisin a la fille de celui-ci, c’est tres bas comme demarche, meme si je ne suis pas etonne. Ma generation, similaire a celle de Jooneed a souffert de ce besoin de demontrer ses connaissances et contacts pour mieux se faire valoir. Mon espoir ici est que Blandine et ses amis doctorants mauriciens ne tombent pas dans ce panneau ridicule et depassé. Dieu merci que l’ile Maurice semble avoir evolué. Contrairement a JOONEED JEEEROOBURKHAN, j’ai apprecie le fait que Blandine n’ait pas cite d’auteurs etrangers ni d’evenements internationaux dans son petit article de citoyenne. Je ne sais pas si c’etait intentionnel, mais si oui, je pense qu’elle a voulu justement ne parler que de la situation mauricienne pour atteindre les jeunes intellectuels qui, comme elle, aspireront a faire bouger les choses au sein du contexte institutionnel de l’ile. Je pense qu’aucune reference academique n’a ete donne dans son article, justement parce qu’il n’est pas un article academique!!!! Alors pourquoi lui faire ce procès si ce n’est pour satisfaire son propre narcissisme academique? Cette question est adressee à tous les universitaires qui ont commenté cet article. Une autre chose me frappe. Il semble que dès que quelqu’un a un titre quelqconque, ce titre porte prejudice à l’individu pour tout ce qu’il fait ou dit à partir du moment où le titre lui aura ete attribué. Blandine, doctorante, n’a donc pas le droit d’ecrire sur la mode si ce n’est pas dans un contexte academique?? Lui reprochera-t-on de ne pas employer la methodologie qu’il faut pour decrire ses gouts vestimentaires? Blandine ou autre doctorante, ne peut donc pas ecrire sur les animaux, lui reprochera-t-on de trop s’eloigner des humains en tant que future sociologue?? Tous ces exemples absurdes sont pour demontrer le manque de coherence entre l’opinion d’un citoyen et le proces academique inapproprié qui lui a ete fait dans ce contexte. Monsieur JEEROBURKHAN dit qu’il aurait voulu que Blandine parle de x, y ou z. Cet article d’opinion aurait donc du faire 20 pages? Courage a l’express s’il accepte de publier ce genre d’article INAPPROPRIE rien que pour sa taille ici! Au lieu de vouloir que quelqu’un ecrive ce que nous voulons, nous, ecrire et au lieu de percevoir des lacunes alors que son article est ciblé sur des choses autres que ce que nous voulons entrendre, M. JEEROBURKHAN devrait ecrire autre chose au lieu de faire un proces a l’article public d’une jeune mauricienne audacieuse? Serait-ce de l’envie? Aussi Mme BOUDET, si au lieu de Blandine vous aviez ecrit un article d’opinion, avec la rigueur academique que vous proposez pour le journal (!) , c’est celui-ci que je trouverai inapproprié ici. Blandine semble avoir utilisé une metaphore toute simple pour atirer les jeunes, je suis sur qu’elle a atteint son but qui n’etait pas de demontrer ses capacites académiques mais de parler aux jeunes intellectuels du pays. Le sport attire les jeunes en effet, c’était plutot astucieux et judicieux, une fois de plus pour ce contexte précis. Pour ce qui est du contenu, certains d’entre vous ont lu que Blandine etait pour le capitalisme! Le pire c’est que ce ne sont pas les ‘citoyens ordinaires’ qui ont lu ceci. Le mot ‘fléau’ a derangé Catherine BOUDET, voila un commentaire legitime madame qui démontre votre opinion à vous, meme si elle ne peut qu’etre subjective comme celle de Blandine aussi. Moi j’ai compris qu’elle n’etait pas pour l’exploitation, mais pour que l’exploité se mobilise devant une exploitation qui ne va pas cesser bientot puisque le capitalisme est ancré dans le systeme economique du pays. Cette attitude devrait etre celebré, et non condamné injustement! Se mobiliser doublement en protestant et en s’enrichissant a sa maniere ne demontrent pas un amour pour le capitalisme mais plutot une capacité individuelle de s’adapter a ce qui lui sera imposé dans les annees a venir de toute facon. Protester jusqu’a l’age de 40 ans sans generer son propre capital au sein de ce systeme economique précis fera que le jeune aura perdu en moyenne 15 et 20 ans de possiblite d’avoir une situation comfortable en etant creatif, eduqué et en ayant agi. Est-ce mal monsieur les professeurs citoyens ou non de l’ile Maurice nouvelle? Jeu ou sport, la metaphore est destinée a demontrer une nouvelle facon de voir les choses, n’enfoncez pas Blandine avec votre rigueur theorique. Elle est doctorante certes et cree en ce moment une theorie (je pense deviner la direction de sa contribution a Maurice et je l’encouragerai en privé), mais je sens qu’elle souhaiterait se munir d’une conscience du jeune pour mieux amalgamer sa theorie avec leur nouvelle attitude et produire une conscience et des actions nouvelles dans le futur. Si je ne me trompe pas ici, j’encourage vivement le nouvel intellectuel mauricien qui a le sens de la pratique dans un contexte post colonial lourd de son passé. Je trouve cette demarche plus individuelle et ce malgré son caractere a la fois collectif, mais plus utile que l’initiative de la commission justice et verite, se lamentant sur le passé. Meme en tant que professeur d’universite, je trouve ridicule les propositions academiques de chacun d’entre vous ici. Vous seriez plus performants dans la poursuite du debat lancé par Blandine en faisant des propositions concernant la mobilisation des jeunes. Que peuvent-ils faire pour s’en sortir? De quel type de jeunes faisons-nous allusion en particulier? Le communalisme est-il encore une barriere que meme l’education n’a pas pu eradiquer? Participer au debat ne signifie pas réécrire l’article parce qu’il ne contient pas ces questions! Un article public ou académique est une porte ouverte pas une barrique contenant tout ce qu’il faut comme le propose Jooneed. Merci de vous abstenir si vos propositions seront methodologiques et non pragmatiques.
Il y a peut etre erreur: un article de journal est décortiqué commme un article académique.
Par:-Blandine emilien Feb 19, 2012
Ce ne sont pas les critiques de Catherine Boudet qui me choquent, c'est le fait qu'un simple article d'opinion dans un quotidien soit décortiqué par grande erreur comme un article académique. Cet article n'a jamais ete presenté comme un article académique dans une revue littéraire, une methodologie, une analyse et une discussion a la fin pour commenter les resultats. Cet article est un article d'opinion, d'une simple citoyenne mauricienne qui se sert du sport, son dada, pour exprimer ses sentiments face a la naivete des jeunes mauriciens surtout de certaines communautes, et face a un gouvernement qui ne lachera pas le capitalisme, son dada a lui pour le developpement de son pays. Meme si j'ai mentionné la demarche des sociologues etrangers, on ne peut parce qu'on est docteur ou professeur s'attendre a ce que tout soit exprimé de facon ACADEMIQUE. Je suppose que mon statut de doctorante fait que ceci etait pris pour acquis. Je pense que c'est une erreur.Citoyen tres ordinaire l'a compris meme s'il ne partage pas toutes mes opinions. Il va sans dire que le capitalisme est une forme d'exploitation, mais a maurice, nous sommes loin du mai 68 francais meme si le MMM s'est servi de cette exemple pour faire passer son message a l'epoque. A Maurice, nous dependons de la production globale pour vivre, que ca plaise ou non. Aussi vous vous trompez Catherine en appelant ma demarche une pseudo-theorie, il n'est pas question de theorie ici! Donc ma 'pseudo-methodologie' n'en est pas une non plus! Je ne confonds pas le sport au jeu, pour moi le sport est un jeu et c'est ici une sportive d'un niveau important qui vous parle et pas une doctorante. J'ai utilise cette metaphore pour faire passer le message aux jeunes et les metaphores ne sont pas uniquement pour les theoriciens, il appartient au public dont je fais partie en donnant mon opinion de citoyenne ici! Je me permets egalement de prescrire a la fin, justement parce que cet article est ecrit dans un autre contexte que le contexte académique, l'erreur a ete que 'doctorante' ait ete ecrit a la fin de l'article. 'Citoyen tres ordinaire' n'aurait pas permis des critiques du genre 'peer review' a un article d'opinion d'une jeune mauricienne pleine d'espoir pratique et non uniquement theorique pour Maurice, Si le capitalisme exploite, mon opinion demande aux jeunes mauriciens de se lever pour l'exploiter a sa façon et s'en sortir. On n'a pas besoin de faire un doctorat pour penser qu'on peut 'prescrire' (moi je dirais suggerer) ceci, Toutefois, le doctorat m'aide dans ma reflexion. Votre demarche a ete de decortiquer cette expression de ma pensee personnelle denudée de theorie ici parce que je suis doctorante. Aussi vous pensez bien que si je proposais cette 'pseudo-theorie' et 'pseudo-methodologie' a mon institution, elle ne serait pas admise, cet article ne represente pas la theorie de ma these comme vos critiques l'insinuent et font aujourd'hui croire! Quel dommage! Je ne l'ai pas encore terminé cette these et ma methodologie n'a rien a faire avec le sport!! Votre attaque academique peut porter sur ma vision du capitalisme certes, mais meme ici, comprenez que je parle de l'autre coté du capitalisme, de la réponse de l'exploité, une reponse pratique pas forcément envisagée par certains jeunes de certaines communautes a Maurice. j'ai recu des messages en privé de jeunes mauriciens CITOYENS ORDINAIRES qui m'ont en gros fait comprendre qu'ils pensaient que le capitalisme etait perdu d'avance et que cette article donnait envie de se lever, mais se lever en pratique et pas en théorie, non plus de se lever a la francaise ou a l'anglaise, mais a la mauricienne si ceci se concretise. Pour ma part, si j'ai pu apporter ceci aux jeunes, doctorat ou pas, en pratique: mission accompli. Je repars maintenant vers ma these, qui parle d'autre chose!!!!! L'ironie. Je remercie quand meme Catherine pour sa pedagogie, elle ne m'est pas utile pour cet article d'opinion, mais elle le sera pour les publications académiques. Ceci ne gache en rien les rapports académiques que je pourrais entretenir a l'avenir avec Catheirne et toute autre personne. Merci a tous.
Post-Esclavagisme
Par:-Jooneed Jeeroburkhan Feb 19, 2012
J'aurais préféré que Critique Ordinaire se fût identifié/e, comme Blandine Émilien, Catherine Boudet et moi-même. Mais je lui adresse tous mes remerciements pour son évaluation et sa critique détaillées du texte de Mme Émilien, et surtout pour en avoir souligné ses nombreuses faiblesses et lacunes. J'ai évité de faire cela pour ne pas apparaître, justement, comme un vieux macho qui se déchaîne contre une jeune étudiante - du moins je pense qu'elle est jeune. Je l'ai juste invitée à s'exprimer sur un point: Karl Polanyi et Davos 2012. C'était une façon de lui dire que sa promotion du capitalisme était un exercice d'arrière-garde car le capitalisme est en crise, économistes, chefs d'entreprise, et leaders politiques en conviennent. Voilà pourquoi Davos 2012 s'est déroulé sous le signe de La Grande Transformation, de K. Polanyi. Mais, comme l'écrit un blogueur du Guardian, "tout le monde à Davos s'est lamenté sur la crise, personne n'a proposé de sortie de crise car tout le monde pense pouvoir continuer comme ça pendant quelque temps encore". Je n'ai même pas nommé les altermondialistes qui, eux, travaillent pour l'avènement d'une économie durable, solidaire et écologique, dans une société fonctionnant avec plus, toujours plus, de démocratie... citoyenne. Merci encore à Critique Anonyme de les avoir introduits dans le débat. Il se fait un brassage colossal d'idées au sein des sociétés civiles réseautées avec le Forum social mondial (le Davos social, né à Porto Alegre et installé désormais sur tous les continents). Un détail: Dilma Roussef, la présidente du Brésil, a refusé d'aller à Davos 2012, et elle a préféré se rendre à Porto Alegre, où le mouvement Occupy d'Amérique du Nord était représenté par des dizaines de milliers d'activistes. Car pendant que les sociétés civiles réclament plus de démocratie, les ploutocrates (entreprises, banques, agences de cotation, gestionnaires et fonctionnaires non élus) refoulent la démocratie en Grèce, le berceau de la démocratie occidentale, en Italie, au Portugal, en Espagne, etc, en marginalisant les élus et les Parlements! Parallèlement, les meneurs du système, notamment dans ce qu'on appelle l'Anglosphère, ouvrent toutes grandes aux entreprises les portes du financement politique (Corporate Personhood aux USA), portent atteinte aux droits civils de leurs citoyens au nom de la loi, l'ordre et la sécurité nationale, dérèglementent la possession d'armes à feu, renforcent la pratique de la torture, refoulent le droits des femmes à l'avortement, augmentent les frais de scolarité quand ils ne prônent pas carrément la privatisation de l'école publique, et s'arment d'outils juridiques pour arrêter et détenir sans procès dans des camps d'internement prévus sur des bases militaires, voire pour procéder à leur exécution extrajudiciaire, leurs propres citoyens soupçonnés de "terrorisme". Dans La Grande Transformation, Polanyi postule que le "capitalisme de marché" est une utopie qui mène à l'effondrement social et politique. Réincarné en Citoyen Très Ordinaire, Citoyen Ordinaire revient malgré tout à la charge "sur la pointe des pieds", comme il dit, pour réitérer sa sympathie pour Mme Émilien, sympathie que je partage, il doit s'en être rendu compte tout "ordinaire" qu'il soit. Mais il en profite pour m'accuser de "terrorisme intellectuel", ce que je récuse avec la plus grande fermeté. Je dirais plutôt que son affection pour Mme Émilien est mal inspirée car avec les idées qu'elle développe dans son texte, elle risque de se retrouver en retard de plusieurs révolutions au cours de ce 21e siècle qui est le sien. Je souhaite, moi, qu'elle et sa génération soient vraiment à l'avant-garde, et qu'elle construise et structure la pertinence et la cohérence requises pour être à la pointe des batisseurs de ce monde nouveau qui émerge sous nos yeux. Pour ce qui est du capitalisme comme sport, je citerais seulement cette observation de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano (Les Veines Ouvertes de l'Amérique latine) qui écrit, dans Le Monde à l'envers: "Il y a un seul endroit au monde où le Nord et le Sud se rencontrent à égalité, selon les mêmes règles, sur ce que les Anglais appellent un Level Playing Field. Cest un terrain de football (soccer) dans la petite ville de Fazendinha, au Brésil, sur les rives de l'Amazone. La ligne médiane du terrain épouse parfaitement celle de l'Équateur, et chacune des deux équipes joue une mi-temps dans l'hémisphère Nord et l'autre dans l'hémisphère sud. Partout ailleurs, le Nord et le Sud ne se rencontrent jamais à égalité, car le statu quo est partant inéga!" Et, pour rester dans le domaine du jeu, les dés sont pipés!
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Rio+20 - La COI appelle la communauté internationale à placer le changement climatique au coeur des négociations
Par Callixte D’Offay, Secrétaire Général de la Commission de l’Océan Indien.
Essayer de comprendre
Par Nazim Esoof
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