samedi 26 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Rastafarisme et esclavage : loin des conventions mais fidèles à leurs convictions
Thierry Laurent
02/05/12 | Commentaires [0]
Rastafarisme et esclavage : loin des conventions mais fidèles à leurs convictions
Modifier la taille du texte:A | A
comment
Commentaires
rate
Noter l'article
share
Partager et classer cet article

Ils célèbrent chaque année l’abolition de l’esclavage tout en se tenant à l’écart des formalités protocolaires. C’est en toute sobriété que les membres de l’Association socioculturelle Rastafari rendent hommage à leurs ancêtres. Par sens du devoir.

A quelque 500 mètres du lieu où a lieu la cérémonie annuelle organisée au Morne pour célébrer le 177ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, une troupe de personnes se définissant comme des adeptes du rastafarisme défilent. Ils avancent lentement au rythme des percussions du nyabinghi (cantique rastafari) en direction de Trou Chenille. Où ils ont aménagé une grotte arborant un drapeau rouge jaune vert.

Ne voulant point être associés à la cérémonie protocolaire, à laquelle participent le chef du gouvernement et d’autres élus et des officiels, les quelque 100 membres de l’Association socioculturelle Rastafari préfèrent rendre hommage à leurs descendants victimes de l’esclavage en se tenant à l’écart des feux des projecteurs. « Pourquoi devrions-nous nous associer à Babylone, nous préférons rendre hommage à nos ancêtres dans notre cœur », lâche Ras Daniel sagement.

Il faut savoir que pour le mouvement rastafari, Babylone c’est le monde occidental. Les rastafaris y voient une continuation directe du pouvoir de ces empires qui dominent le monde. Pour la communauté rastafari, l’église, la politique, la police, entre autres institutions, représentent aussi Babylone.

C’est dans la brousse de Trou-Chenille que les membres de l’Association socioculturelle Rastafari se posent, tout en entonnant les « hymnes sacrées » dédiées au rastafarisme. « Hallelujah pour Jah Rastafarai. » Ils sont près d’une centaine de personnes à avoir fait le déplacement en ce jour de « délivrance », hommes femmes et enfants, et ce dans la plus grande piété. C’est en citant quelques extraits de la Bible que José Rose, président de l’association, commence son sermon. Un sermon comportant beaucoup de sagesse mais avec des accents de révolte.

Une révolte alimentée par le manque de considération des autres descendants d’esclaves. « Nous ne sommes qu’une centaine de personnes à faire ce déplacement chaque année. Il est triste de constater ce manque de mobilisation chez ces milliers de personnes qui souffrent pourtant des séquelles de l’esclavage », avance José Rose. « Nous tenons cette marche depuis 2001 et nous allons continuer vers cette même voie, car nous croyons dans une cause, ce n’est pas la foule qui compte », ajoute-t-il.

La culture rastafari qui a commencé à faire ses premières apparitions sur le sol mauricien vers les années 1970 reste aujourd’hui un mouvement incompris, souvent pointé du doigt avec son lot de clichés : dreadlocks épais, fumée des joints qui monte paresseusement en spirale.

José Rose est conscient de ces préjugés qui pèsent sur la culture à laquelle il a adhéré dans les années 2000, soit juste après les émeutes de février 1999. « C’est précisément à cette époque que cette mouvance a commencé à émerger. Nous avons démontré au pays que nous sommes bel et bien présents. De plus, il ne faut pas oublier que c’est la mort en prison d’un rasta, en l’occurrence Kaya, qui a provoqué un des plus grands événements dramatiques qu’a connu le pays depuis l’accession du pays à l’indépendance », avance-t-il.

José Rose nous explique ainsi que c’est dans cette optique que la culture rastafari est viscéralement liée à la prise de conscience et à la révolte des descendants d’esclaves ainsi qu’au rejet du joug colonial. Lors de son message à Trou-Chenille, le chanteur Ras Mayul n’a pas manqué d’attirer l’attention sur le manque de considération de l’Etat à l’égard des descendants d’esclaves.

« Maurice regorge d’espaces non habitées, mais ceux habitant les ghettos ne peuvent y avoir accès, nous sommes alors contraints d’aller squatter ou d’aller habiter les cités », s’est-il indigné.

L’Association socioculturelle Rastafari s’organise pour permettre à ses 350 membres de s’adonner à leur culte. Chaque vendredi ses membres ne manquent pas à la séance de nyabinghi à Sable-Noire, pour se livrer à des méditations autour des écrits de leurs prophètes, Leonard Howell et Marcus Garvey, entre autres. Des réflexions y sont ainsi apportées. « Les Rastas veulent vivre dans un monde meilleur et nous réfléchissons beaucoup sur comment améliorer notre vie et celle des autres tant que possible. Nous voulons avoir une influence sur le monde », explique José Rose.

2012 pourrait être le début d’une nouvelle ère pour cette communauté. En effet, depuis 2006, l’association milite pour l’obtention d’un lopin de terre afin de commencer la construction d’un tabernacle à Chamarel. Et le ministre des Terres et du Logement, Abu Kasenally, dit être disposé à discuter avec l’association à cet effet.

Voir la vidéo


  
print
Imprimer
Envoyer
Envoyer
save
Sauvegarder
Vos Commentaires open close
Dans la Rubrique section: Société
Légalisation de l’avortement : Cehl Meeah circulera une pétition auprès de ses électeurs
Le leader du Front Solidarité Musulman s’est exprimé pour la première fois sur le projet de loi que compte présenter le gouvernement afin d’autoriser l’interruption volontaire de grossesse dans certains cas spécifiques. Il a déclaré qu’il demandera l’avis de ses électeurs par voie de pétition avant de se prononcer.
Macoss : Denis Grandport se défend d’avoir été présent aux réunions du MSM
Le président sortant de la Macoss règle ses comptes avec ses détracteurs, à une semaine des élections pour le comité exécutif de cette institution. Denis Grandport animait une conférence de presse ce jeudi.
Crèche à la Prison centrale : l’initiative d’Ohsan-Bellepeau donne le sourire à six enfants
La crèche de la prison de Beau-Bassin a été inaugurée ce jeudi 24 mai. Pour l’instant, six enfants de femmes détenues bénéficient de ce centre d’éveil.
Anil Bachoo annonce des mesures strictes pour régulariser les opérateurs de vans scolaires
Le ministre du Transport et des Infrastructures publiques durcit le ton à l’égard des chauffeurs de vans scolaires. Il annonce que la National Transport Authority (NTA) se penche sur une série de mesures pour en vue d’imposer une loi plus sévère régissant ces opérateurs.
Débats sur la légalisation de l’avortement : médecins et avocats révèlent des lacunes
Le projet de loi sur la légalisation de l’avortement dans certains cas précis a fait l’objet de débats entre médecins et hommes de loi dans la soirée du 23 mai à l’Université de Maurice. Ces professionnels ont relevé des lacunes et demandent que des modifications soient effectuées avant que le projet ait force de loi.
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus