Après s’être épanchée dans les journaux sud-africains en 2010, la barmaid arrêtée en 2003 avec 896,9 grammes d’héroïne se confie à la National Geographic Channel. Elle y fait un récit à la « Midnight Express ».
C’est la saison des « révélations », pourrait-on dire. Après la face cachée de Maurice dans Enquête Exclusive sur M6, c’est au tour de Canal Satellite de jeter un pavé dans la mare. Ce dimanche 5 février, à 17 h 55, la National Geographic Channel diffuse un documentaire sur le « calvaire » de la passeuse sud-africaine Brigene Young à Maurice.
Voyage au bout de l’enfer : Ile Maurice. C’est le titre de l’émission qui semble être carrément inspiré du film culte américain Midnight Express. McVision fait déjà sa promo de façon discrète en signalant le documentaire, photo à l’appui. La jeune barmaid est montrée avec de clinquantes boucles oreilles, en train de regarder à travers des barreaux rouillés.
En 2003, Brigene Young avait été interceptée par la Brigade antidrogue avec 896,9 grammes d’héroïne dans ses chaussures. En 2006, elle avait été condamnée par la juge Premila Balgobin à sept ans de prison. Vu qu’elle avait déjà passé du temps à l’ombre, c’est en octobre 2010 qu’elle a recouvré la liberté.
Dans l’émission, la passeuse affirme avoir participé à une dangereuse opération de livraison contrôlée. Dans le réel, une vingtaine d’agents sont planqués jusque dans la chambre de la passeuse afin que nul ne puisse lui faire du mal. Jusqu’ici, aucun cas d’agression sur un passeur n’a été signalé…
Brigene Young avait déjà fait le récit de sa mésaventure à travers Facebook, d’abord, puis dans les colonnes de la presse régionale. Quelques jours après qu’elle eut rejoint l’Afrique du Sud, lexpress.mu faisait déjà état de ses « révélations ». Elle racontait comment, alors qu’elle avait à peine 20 ans, qu’elle venait de perdre sa mère et qu’elle avait été abandonnée par son fiancé, elle s’est fait piéger par un client du bar où elle travaille : il lui a payé des vacances dans l’île contre la promesse qu’elle devait porter une paire de chaussures pour le moins spéciale.
A sa sortie de prison, Brigene Young dit avoir appris que d’autres passeuses, originaires d’Afrique du Sud, de Madagascar, d’Ouganda, des Seychelles, du Kenya, de Zambie et de France, ont été condamnées comme elle pour avoir fait entrer de la drogue à Maurice à travers des chaussures.
La passeuse donnait aussi des détails sur le trafic de drogue, soutenant que les gros-porteurs étaient libres de trafiquer à leur guise. À l’époque, dans le Times, la mère d’un passeur affirmait même que des passeurs transportant jusqu’à un kilo et demi de drogue sont utilisés comme des leurres afin que ceux qui en ont dix fois plus dans leurs bagages puissent passer à travers les mailles du filet.
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