Maurice est bien loin de la 25e place qu’elle occupait il y a quatre ans. Elle se trouve toujours hors du Top 50 des pays respectueux de la liberté de la presse dans lesquels on retrouve pourtant neuf pays africains.
Maurice reste non loin du bas de tableau du dernier classement mondial sur la liberté de la presse selon la dernière notation de l’organisation internationale Reporters Sans Frontières (RSF). Mais pour l’année 2011, elle s’est hissée de la 65e à la 54e place se mettant à égalité avec l’ancienne colonie britannique passée sous contrôle chinois, Hongkong, et les îles Samoa.
Grosso modo, Maurice a beau être une championne toute catégorie en termes de liberté économique au niveau du continent noir, il n’en demeure pas moins qu’elle est bien loin derrière les pays africains se trouvant dans le Top 50 de la liberté de la presse. A titre d’exemple, le premier pays du continent, le Cap-Vert est classé à la 9e place. Suivent la Namibie (20e), qui se trouve devant le Japon et le Royaume-Uni, puis le Mali (25e), le Niger (29e), qui a fait un bond de 75 places, la Tanzanie (34e), le Ghana (41e) ainsi que l’Afrique du Sud et le Botswana qui se partagent la 42e place.
Les Comores (45e) également sont loin devant Maurice. Pour RSF, les écarts se creusent entre les bons et les mauvais élèves en Afrique. Les chutes étant l’apanage des régimes qui ont réprimé les contestations populaires, la presse ayant été traitée en témoin gênant.
C’est le Mali qui est l’Etat africain le plus irrespectueux de la liberté de la presse. Il est à la 146e place après avoir perdu 67 places d’un coup. Des journalistes ont été victimes de répression, explique RSF, et le blogueur Robert Chasowa aurait même été assassiné. Les lois sur la presse ont même été durcies.
La Côte d’Ivoire se trouve à la 159e place, ex aequo avec Djibouti. Le meurtre d’un journaliste et des pressions sur la presse durant la période des élections présidentielles ont joué contre ce pays. Enfin, au bas du classement mondial, se trouvent trois pays de l’Afrique orientale : la Somalie (164e) qui est en pleine anarchie, le Soudan (170e) qui n’est pas mieux et l’Erythrée (179e) qui squatte cette place pour la cinquième année consécutive car cette dictature réprime la liberté de la presse en emprisonnant les journalistes.
Pour revenir à Maurice, durant l’année écoulée, RSF a déploré la condamnation du journaliste Dharmanand Dhooharika pour avoir diffamé le Chef juge, Bernard Sik Yuen. Un an plus tôt, elle avait condamné le boycott gouvernemental à l’égard du groupe La Sentinelle.
La décision de l’ex-ministre des Finances, Pravind Jugnauth, de ne pas permettre aux journalistes employés par ce groupe de presse d’assister à sa première conférence de presse en mai 2010 a aussi été mis à l’index. Aussi bien que l’attaque du Premier ministre, Navin Ramgoolam, contre La Sentinelle peu avant les élections générales de mai 2010.
Finalement, Maurice est bien loin de la 25e place qu’elle occupait quatre ans plus tôt. Elle est passée à la 47e place en 2008 pour descendre à la 51e place en 2009 avant de chuter à la 65e place en 2010.
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