La Major Crimes Investigation Team n’accorde que peu de crédit au récit de l’auteur de la dernière lettre de dénonciation reçue dans le cadre de l’affaire Nadine Dantier. L’immatriculation d’une des deux voitures citées est celui d’un camion et certains détails ne corroborent pas.
Dans le cadre de l’enquête sur le viol suivi de meurtre de Nadine Dantier qui perdure depuis 2003, les différents agents de la police criminelle qui ont travaillé sur ce dossier ont reçu beaucoup de documents de dénonciation.
La dernière lettre, envoyée à Radio One et aux Casernes centrales, le vendredi 13 janvier, semble finalement être une plaisanterie de mauvais goût. Dans ce document non signé, l’auteur, qui se présente comme un ex-aide-maçon, dit être en mesure d’identifier les auteurs de ce crime atroce.
Il allègue qu’ils sont au nombre de deux, que le premier, avec qui il travaillait, est de teint clair, a les yeux gris et qu’il se prénomme Vikash. Le second, ajoute-t-il, est barbu. Dans un français correct où il semble avoir volontairement inséré des fautes grammaticales et d’orthographe, l’auteur donne deux numéros d’immatriculation de voitures pouvant mener à ces hommes.
Le hic pour la Major Crimes Investigation Team (MCIT) est que l’un des numéros est celui d’un camion. Quand au second, il était celui d’une voiture dont le propriétaire est déjà décédé. L’équipe de l’assistant commissaire de police (ACP), Yousouf Soopun, n’a pas voulu mettre de côté les détails de la lettre, mais au fil de ses investigations, elle reste sur l’impression d’avoir été menée en bateau.
Il y a ensuite des incohérences dans cette lettre. L’auteur affirme avoir été témoin du viol et du meurtre de la victime en début de soirée du jeudi 25 juin, mais prétend, quelques lignes plus loin, qu’il était assis dans une voiture.
De l’autre, il affirme que ces deux hommes avaient décidé de boire un coup à côté d’un abribus. Et que c’est là que Nadine Dantier est descendue de l’autobus, qu’ils l’ont suivie avant de revenir trois-quarts d’heure plus tard.
Or, la jeune fille est descendue à l’arrêt en face de l’église Notre-Dame-de-la-Mer où il n’y a pas d’abribus. L’unique abribus dans le périmètre se trouve dans le virage menant au centre de recherches marines du ministère de l’Agro-industrie et Nadine Dantier y serait descendue si elle avait fait le chemin inverse. L’endroit est également très mal indiqué pour s’y garer car on risque de s’attirer des coups de klaxon furieux.
Si le supposé ancien aide-maçon dit avoir eu un remords de conscience, c’est qu’il affirme avoir vu ce même Vikash dans une autre voiture rouge huit ans plus tard. Il explique que le lendemain du crime, il avait obtenu son visa pour l’étranger et qu’il n’a pas voulu que le procès, s’il l’avait dénoncé, ne mette son destin en péril.
Reste maintenant à savoir ce que va faire l’auteur : il a écrit qu’il compte se dévoiler « s’il le faut », après avoir décidé de garder l’anonymat pour sa « sécurité ». À ce stade, la MCIT accorde peu de crédit aux détails du corbeau. Les enquêteurs tablent sur les résultats des nouveaux tests ADN qui doivent être reçus de l’étranger dans quelques jours.
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