A moins d’un jour du retour de Didier Ratsiraka, les responsables malgaches, aussi bien de son camp de l’Avant-garde pour la rénovation  de Madagascar (Arema)  que les autorités, s’activent dans une dernière ligne droite pour peaufiner les derniers préparatifs de l’accueil de l’ancien Chef d’État.
C’était dans l’antre de l’Académie nationale des sports, à Ampefiloha, que les leaders de ce parti fondé par l’Amiral, à l’exemple de Ange Andrianarisoa, Henri Victor Boanoro et Jacquis Simon, secrétaires nationaux adjoints, ont donné rendez-vous mardi  aux membres (photo). Le but était de donner les dernières consignes en vue du retour de l’ancien président de la République, en exil en France depuis neuf ans.
Ces leaders de l’Arema, renforcés par le comité directeur national, ont exhorté les membres du parti à venir accueillir, en masse, Didier Ratsiraka, jeudi, à Ivato. Ange Andrianarisoa n’est pas allé par quatre chemins afin de réclamer de la part de l’État, surtout des dirigeants de la Transition, en particulier Andry Rajoelina,  président de la Haute autorité de la transition, la concrétisation de ses paroles. D’après le Secrétaire national adjoint de l’Arema pour la province d’Antananarivo,    Andry Rajoelina aurait promis «  des logements pour Didier Ratsiraka  à Antananarivo, ainsi que la rénovation de son domaine à Ambodiatafana, Toamasina ». En effet, la question de la résidence de l’ex-président préoccupe les dirigeants du parti. Jusqu’à mardi, ses proches n’ont pas voulu parler d’une quelconque résidence à Antananarivo, pas plus que d’Ambodiatafana.
Répétitions
La question de la sécurité a de même été évoquée. D’après des responsables du maintien de l’ordre, aucun incident majeur ne devrait être déploré durant l’arrivée de Didier Ratsiraka. Le général Richard Ravalomanana, commandant de la Circonscription régionale de la gendarmerie nationale pour la région Antananarivo, n’a pas mentionné d’informations majeures sur des actes déstabilisateurs lors de l’accueil de Didier Ratsiraka. Ce qui n’était pas le cas pour le retour avorté de Marc Ravalo­manana. De son côté, l’aéroport veille au grain. D’après le commissaire Jean Brunel Razafitsiandraofa, l’aéroport se prépare à recevoir l’ancien Chef d’ État. « Des répétitions ont été faites aujourd’hui (mardi, ndlr) et d’autres sont prévues pour ce mercredi », confie le chef de la police aux frontières à l’aéroport international d’Ivato mardi soir.
Par ailleurs, les ministres issus de l''opposition se donnent un peu de temps avant de prendre position. Toutefois, ceux de la mouvance Zafy ont décidé d’intégrer le gouvernement. Tabera Randriamanan¬tsoa, ministre de la Fonction publique, du travail et des lois sociales, a confié que le Premier ministre a demandé aux nouveaux membres du gouvernement (issus de la mouvance Zafy) de lui apporter leur aide. « Nous avons décidé de lui répondre par l'affirmative. Mais nous l'avons averti que nous démissionnerons s'il ne fait pas preuve de dynamisme dans l'application de la Feuille de route », a-t-il précisé.
De son côté, l'ancien président de la République Marc Ravalomanana, intervenu au téléphone pour s'adresser à ses partisans au Magro à Behoririka mardi, n'a pas hésité à s'opposer au gouvernement Beriziky dont, selon lui, la formation ne s'est pas effectuée convenablement. « Andry Rajoelina s'est beaucoup immiscé dans le domaine de Jean Omer Beriziky », a-t-il indiqué. Il a révélé qu’une saisine de la  Troika (l'Organe en charge de la coopération en matière de politique, de défense et de sécurité) et de la Communauté de développement d'Afrique est déjà lancée à ce propos. Il a demandé aux manifestants de placer leur confiance en ces organisations.
Source : L’Express de Madagascar
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