Après trois cas d''empoisonnement au poisson-pierre, la police a émis une alerte pour les plages d’Albion, de Pointe-aux-Biches et de Trou-aux-Biches. D’autant qu’elles seront prises d’assaut demain, jeudi 10 novembre, à l’occasion du Ganga Asnan.   Prenez garde où vous mettez les pieds ! La police et les gardes-côtes ont émis une alerte au poisson-pierre sur les plages d’Albion, de Pointe-aux-Biches et de Trou-aux-Biches. Surtout que ce jeudi 10 novembre, les Mauriciens de foi hindoue vont se déplacer en masse sur les principales plages du pays à l’occasion de la fête Ganga Asnan, en hommage à la déesse qui personnifie la rivière sacrée du Gange.
Les gardes-côtes déclarent avoir aperçu ces poissons communément appelés « laffe labou » et « laffe koray » sur ces trois plages et appellent à la prudence. L’alerte a été donnée car deux enfants et un touriste français, Alex Laurent, ont été victimes de ce poisson entre lundi et mardi sur les plages de la région de Trou-aux-Biches. Un des enfants et le Français sont sous observation à l’hôpital et dans une clinique privée du Nord respectivement.
Considéré comme étant l’un des plus venimeux au monde, le poisson-pierre a déjà causé le décès d’une touriste allemande en mai 2003. L’architecte Sabrina Mohr, 37 ans, avait été terrassée par un choc anaphylactique, c’est-à-dire une violente allergie au venin, quelques minutes à peine après avoir posé pied sur un « laf » à Péreybère, autre plage fréquentée du Nord. La présence des poisson-pierre près du rivage serait due à l’arrêt de l’extraction de sable selon certains pêcheurs.
Lorsqu’elle est piquée, la personne ressent une douleur atroce au membre piqué suivie de troubles respiratoires. La dose du venin injecté, la taille du poisson mais aussi le poids de la victime déterminent la gravité de l’accident. Le poison étant une protéine, le membre piqué doit être immédiatement placé dans une eau à une température variant entre 40 à 50°C une demi-heure durant.
Une poignée de pêcheurs est connue pour guérir de telles piqûres : en suçant le sang infecté et en appliquant une herbe chauffée sur le membre touché. Des hôtels disposent toutefois d’un stock de sérum « anti-stone fish » pour ce genre d’accidents. De mémoire, avant le décès de Sabrina Mohr, le dernier cas fatal date des années 1980.
Le premier cas d’empoisonnement au poisson-pierre remonte à 1601. Les hommes de l’amiral Harmassen étaient tombés malades après avoir consommé ce poisson capturé au Morne. Ce qui lui avait alors valu le surnom de Cap-Poison.
D’autres cas ont suivi et en 1774, la Société d’émulation de l’Isle de France prit la décision de dresser une liste de poissons toxiques, leurs effets sur l’organisme et leurs remèdes. En 1829, la Société d’histoire naturelle de l’île Maurice est créée et se donne pour mission d’entamer des recherches dans la même direction.
Même s’il est venimeux, beaucoup de pêcheurs considèrent le poisson-pierre comme un mets très prisé, l’important étant de savoir enlever le dard empoisonné. Cette espèce est réputée pour ses capacités de camouflage, sa peau dégageant un mucus qui permet aux algues et aux débris de coraux de s’y fixer. Le danger vient cependant de ses treize épines dorsales érectiles qui sont reliées à une paire de glande remplie de venin.
À Maurice, certains types de coquillages sont tout aussi venimeux : le médecin légiste Satish Boolell avait fait état, dans un article médical, du cas d’un homme de 24 ans dont le décès, le 28 septembre 1985, fut causé par un cône (conus geographus). Piqué à la main alors qu’il était à dix mètres de profondeur, il fut pris de tremblements une heure plus tard et se plaignit d’atroces douleurs à la main. Il mourut à l’hôpital et l’autopsie révéla qu’il avait été terrassé par une paralysie neuromusculaire suivie d’un arrêt respiratoire.
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