Vivekanand Alleear, l’ancien chef juge des Seychelles, est soupçonné par les Américains d’avoir bénéficié des terres de Mahé. Ainsi que le financement des études de son fils en Angleterre. (Photo : La Cour suprême de l'archipel).   Il est soupçonné d’avoir bénéficié des faveurs du parti au pouvoir aux Seychelles. Le Mauricien Vivekanand Alleear, ancien chef juge de l’archipel, est mis à l’index dans une note émanant de l’ambassade américaine à Maurice selon laquelle il a obtenu des terres de premier choix pour des projets de développement du régime d’Albert René. Ainsi que le financement des études de son fils en Angleterre. C’est ce que révèle une note signée par Cesar Cabrera le 7 novembre 2008, et mise en ligne par WikiLeaks ce 30 août 2011. Dans ce document intitulé « Paradise Lost : How corruption bankrupted Seychelles », l’ambassadeur américain fait un état des lieux des plus sombres de l’archipel miné par des défauts de paiement, de manque de devises étrangères ainsi qu’une corruption institutionnalisée par l’unique parti au pouvoir, Seychelles People’s Progressive Front (SPPF).   Après avoir mis de l’avant des « circumstantial evidences » selon lesquelles c’est nul autre que les gens du pouvoir qui se remplissent les poches, Cesar Cabrera citent des cas où la justice aurait été complice de leurs agissements.   Par exemple, dit-il, le 5 août 2008, le deuxième plus grand hôtel des Seychelles, The Plantation Club, a été mis en liquidation à la demande de Mahé bien qu’il ne possède que 8 % d’actifs au sein de l’établissement. Dès le lendemain, le juge Andrew Ranjan Perera, celui qui a émis cet ordre, a été nommé chef juge en remplacement du Mauricien Vivekanand Alleear censé avoir été poussé à la démission en janvier 2008.   Selon les renseignements des Américains, les étrangers continuent à être placés à la tête des institutions judiciaires de l’archipel car ils sont plus « malléables ». Outre des salaires mirobolants, un système de « patronage » est soupçonné d’avoir été mis en place pour avoir une certaine influence sur eux, souligne Cesar Cabrera.   Des cas de passe-droits et de favoritisme sont cités en vrac, telle que la décision prise par Mahé de vendre une île où 75 millions de dollars ont été injectés pour un projet de ferme de crevettes. L’heureux acheteur est l’Indien Chinnakannan Sivasankaran que le président James Michel a décidé de nommer « Ambassador-at-Large ». Mahé a toutefois préféré retirer sa demande de visa diplomatique pour ce dernier auprès de l’ambassade américaine quand celle-ci a voulu savoir qu’elle serait sa fonction exacte.   La corruption serait telle que Ralph Vocere, qui est le rédacteur en chef d’un journal local, a été contraint de venir imprimer ses articles à Maurice, son imprimerie ayant été fermée. Cerise sur le gâteau, il a été arrêté par les autorités mauriciennes à sa descente d’avion en octobre 2008 après des informations fournies par les autorités seychelloises qu’il avait de l’héroïne dans ses bagages...   Alors qu’Albert René est cité comme celui qui dirige réellement les Seychelles, les Américains qualifient Francis Chang Leng, l’ex-gouverneur de la Banque Centrale des Seychelles comme le symbole de la corruption. Il aurait dépensé 8 millions de roupies seychelloises pour un petit groupe d’employées qui l’accompagnaient dans ses déplacements à l’étranger.   Dans ses commentaires, Cesar Cabrera explique qu’il est très difficile d’obtenir des preuves sur ces affaires de corruption, la justice elle-même n’étant pas jugée impartiale. “The plethora of circumstantial evidence, however, does support that there is significant corruption in the system”, écrit-il.   A tard hier soir, Vivekanand Alleear était indisponible pour un commentaire. Il n’est pas inscrit dans l’annuaire. Même ses amis avocats ne peuvent se mettre en contact avec lui.  
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