Les Rs 4,7 milliards de pertes encourues par la StateTrading Corporation (STC), suite à l’exercice de hedging sur les produits pétroliers, ont été financées grâce à des emprunts et des découverts bancaires. Ce sont les consommateurs qui remboursent ces dettes.
La STC a déjà remboursé ce qu’il devait aux négociateurs de produits pétroliers en juillet 2009. En l’occurrence, une somme de Rs 4,7 milliards, obtenue grâce à des emprunts et des découverts bancaires obtenus des banquiers de la corporation dont la State Bank of India, la State Bank of Mauritius, la Barclays Bank, et la Standard Bank.
Ces informations ont été fournies lors de la séance parlementaire de ce mardi 19 avril. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Showkutally Soodhun, répondait à une interpellation du député de l’opposition Kee Chong Li Kwong Wing. Ce dernier voulait connaître la date à laquelle la STC avait remboursé les dettes dues aux pertes enregistrées suite à l’exercice de hedging effectué à la fin de 2008.
Toutefois, le ministre n’a pu répondre aux questions de l’opposition sur les taux d’intérêt qui accompagnent ces emprunts et autres découverts bancaires. Cette information est d’une extrême importance en vue de déterminer le coût exact de l’exercice de hedging sur les produits pétroliers. Une somme comprenant le capital plus les intérêts qui devrait, selon toute logique, franchir aisément la barre de Rs 5 milliards.
Le consommateur paye lui depuis juillet 2009 une charge additionnelle sur chaque litre de carburant vendu à la pompe pour financer le remboursement des dettes de la STC. Cette charge était de Rs 3 par litre jusqu’à ce qu’elle passe à Re 1 pour le diesel et à Re 1,25 pour l’essence le 29 mars dernière. Une annonce faite au Parlement par le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, alors qu’il répondait à la Private Notice Question axée sur la cherté de la vie.
A ce jour, plus de Rs 3,5 milliards ont déjà été prélevés sur la consommation de produits pétroliers sous cet item. La corporation doit encore recouvrir Rs 1,2 milliards. Si au 30 novembre 2010, le ministre Soodhun avait annoncé la fin des prélèvements pour avril 2012, lors de la séance d’hier, il est revenu sur cette affirmation en indiquant qu’il ne pouvait plus donner de date suite à la décision du ministre des Finances de réduire la charge sur les produits pétroliers.
Les pertes totales enregistrées par la State Trading Corporation (STC), suite à l’exercice de hedging sur les produits pétroliers, s’élèvent à Rs 4,7 milliards. Il n’y a rien à reprocher aux responsables, selon le ministre de l’Industrie et du Commerce, Showkutally Soodhun.
Le consommateur, pour sa part, n’a pas fini de payer pour les pertes de la STC découlant de l’exercice de hedging sur le carburant. La STC continuera à prélever Rs 3 sur chaque litre d’essence, de diesel et d’huile lourde acheté à la pompe. Et cela jusqu’au mois d’avril 2012.
Kee Chong Li Kwong est, quant-à-lui, d’avis que le ministre de l’Industrie et du Commerce est en train de «add insult to injury» en maintenant un prélèvement sur les produits pétroliers pour financer les hedging losses alors que ce montant a déjà été payé. Il trouve également inacceptable que des emprunts et surtout des découverts bancaires ont été à la base du paiement des Rs 4,7 milliards. Le député mauve déplore l’opacité qui règne autour de cette transaction financière de grande envergure.
«Nous n’avons pas été mis au courant des conditions qui sont attachées surtout aux découverts bancaires qui coûtent généralement beaucoup plus chers que les emprunts. Est-ce que c’était le meilleure deal disponible sur le marché ?», fait ressortir Kee Chong Li Kwong Wing dans une déclaration à lexpress.mu.
Le député mauve, un spécialiste de la finance, se demande si «après avoir payé pour l’incompétence des autorités dans l’exercice de hedging, nous ne sommes pas en train de payer pour l’incompétence du gouvernement dans la gestion de l’après-hedging».
 
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