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Je dérape, tu dérapes…
Ariane Cavalot de l’Estrac
04/17/11 | Commentaires [8]
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Interrogée par une journaliste sur Carlos Ghosn, de Renault, la ministre française de la Formation a répondu qu’elle ne connaissait pas cette chanson, confondant l’entreprise qui se trouve dans la tourmente… et le chanteur Renaud ! C’était cette semaine, sur Canal +. L’an dernier, Rachida Dati utilisait « fellation » pour « infl ation », Brice Hortefeux parlait d’empreintes « génitales » au lieu de « digitales », et avant Navin Ramgoolam,Gordon Brown a, lui aussi, eu des soucis de micros. Alors, que nos ministres se consolent ! Ils n’ont pas l’exclusivité des bévues et des bourdes.


Pour autant, ne rangeons pas trop vite les perles de cette semaine – les « assistés », les « fam », les « obez… enn sel depi lao ziska anba» – au bêtisier déjà étoffé des « souser » et autres « pitin». Car elles ne nous font pas rigoler autant que les maladresses citées plus haut. Si celles-ci, que l’on met sur le compte de l’ignorance ou de l’accident, invitent à une certaine indulgence, rappelant que ceux qui gouvernent sont faits de chair, de sang et de langues qui fourchent, ce n’est pas la même tolérance que nous inspire le discours politique de nos dirigeants.


Certes, il ne faut pas mettre tous les dérapages dans le même panier. Traiter les  Réunionnais d’assistés, était-ce vraiment grave ? Sarkozy leur a bien demandé de « rompre avec les habitudes du passé », d’adopter un nouveau modèle de développement parce que « l’avenir de l’outre-mer ne passe pas par l’assistanat ». La présidente du Conseil général, Nassimah Dindar, n’avait pas bondi alors, et déclarait : « Je retiens du message du président qu’il ne faut pas tout attendre de l’État, que nous devons nous prendre en main car nous avons les capacités pour réussir. » Quand on doit se prendre en main, en général, c’est que l’on se laisse aller. « Pa fer zefor »…


Mais il est entendu que ce que Sarkozy peut se permettre de dire à son peuple,  Ramgoolam ne peut pas se l’autoriser. C’était mal à propos. Quand on vient d’être accueilli royalement par les voisins, quand on vient de découvrir ce que les Réunionnais ont pu réaliser en développement durable, on choisit mieux ses mots. Quand on est Premier ministre, on mesure la portée de ses discours. Cela dit, crier à l’incident diplomatique, c’est un peu fort. Ce n’est qu’une maladresse qui a réveillé une susceptibilité face à un préjugé qui a la vie dure.


Et pour Soodhun, dérapage ? « Fam », au sens d’« homme faible, lâche », n’est-il pas admis en créole depuis 1784 selon le dictionnaire Baker-Hookoomsing ? La « faiblesse » de la femme n’est-elle pas qu’une idée reçue aussi fausse et tenace que la paresse réunionnaise ? Oui, mais nous n’excuserons pas Soodhun. Car dérapage, il y a bien eu. Pas pour la raison que l’on donne, le sexisme de la remarque. Ce dérapage ne tient pas tant au sens du mot qu’à son registre : le dénigrement, la grossièreté, la vulgarité.

Il est de bon ton de dénoncer les attaques contre les femmes. Ministres et députés femmes étaient donc bien inspirées. Mais elles auraient eu un plus grand mérite si elles n’avaient pas laissé s’installer cette culture de violence, si elles n’avaient pas toléré les incivilités qui polluent le débat politique et qui amènent aujourd’hui à l’utilisation de ce « fam ». Tout comme on ne peut pas tolérer « fam », on ne peut pas accepter « bachara » et tout le chapelet de vulgarités que Bhagwan, Jhugroo, Soodhun et consorts se lancent  régulièrement. Sans ces incivilités, le Parlement aurait sans doute été moins « fun » à Mme Deerpalsing, mais il y a certaines libertés qui sont prises trop allègrement.


Ce langage de bas étage est sans cesse dénoncé, sans grand résultat. On en connaît les causes : les rancoeurs passées que nourrissent d’anciens alliés devenus adversaires la configuration de l’échiquier qui pousse à torpiller les relations entre partenaires la structure même du cadre électoral qui pousse aux extrêmes et alimente les chicanes pénibles et vaines une absence d’éducation civique générale une discordance de plus en plus grande entre la technicité des dossiers et la qualité des recrues…


Il y a des raisons de craindre que cela empire. Non seulement parce que les conduites ne sont pas irréprochables et que les affaires troubles se multiplient, mais parce qu’arrive, semble-t-il, la télévision parlementaire. Si la radio a appris au citoyen à structurer son argumentation et à ne pas diffamer, il est loin d’être sûr que la télé apprenne au député qu’on peut se confronter sans s’affronter. Car une large part de la violence parlementaire est attribuable à la guerre pour l’attention. Pour être perçu comme faisant une bonne opposition, pour se faire remarquer, il faut être virulent, donner dans la controverse,
être extrême, bruyant.


Cette dégringolade de la civilité a des conséquences. Si le gestionnaire qui est responsable de donner l’exemple en respectant ses collègues ne le fait pas, il ne faut pas s’attendre à des comportements dignes dans la population. Il n’y a qu’à écouter les assurances qui dénotent un nombre croissant d’incidents sur la route, causés par des automobilistes en colère. L’autre conséquence est la désaffection lente du citoyen pour la question politique, lequel se demande : si les députés ne peuvent pas se parler, si un ministre répond à une question en rappelant le passé trouble de celui qui la pose, peuvent-ils trouver ensemble des solutions à nos problèmes ?


À côté de ces dérapages indiscutables, il y a certaines déclarations qu’on ne saurait trop dire si elles en sont. Car dérapage veut dire « changement imprévu et incontrôlé d’une situation ». Donner son feu vert à un projet environnemental rejeté parce que dangereux, en réponse à un lobby ethnique, est-ce déraper ?


  
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Les dernières reactions
rachida..best ca!
Par:-nirmal Apr 20, 2011
Rachida li ene zoli fam. L'an dernier li dire fellation pour inflation ek sa lane la li dir gode pour code penal. Vraiment ene fam sok...li bizin guette film X ca. Bravo rachida
@ Lelio
Par:-LONE RANGER Apr 20, 2011
Lelio, I am not surprise by your comments , we do understand that you are acting like "" his masters voice "" you are nothing but a carpet for Paul and his gang. In parliament , the most infect member is BHAGWAN, note that I avoid to say honorable.. For CLENCY , I note that you did not mention your wife but only your mum and your two daughters ., maybe , tonight , you will sleep in the garage ..
Lelio
Par:-Elvis Apr 18, 2011
Hey Lelio: Do you need to dictate everyone how to behave here? please get a life Dude.
@ Jose Philibert
Par:-Lélio Wong Apr 17, 2011
Jose, continuez à sourire comme votre idole, mais attention qu'on vous intreprète mal. Les réactions peuvent être provocante et même diffamatoire. La moquerie est une offense.
La bonne facon de s'exprimer
Par:-Lélio Wong Apr 17, 2011
À comprendre que Bunwaree a introduit le créole ( le bon ) à l'ecole pour que nos enfants ne se servent plus du langage des rues adopté au parlement ..C.a.d que les jeunes auront bientôt des difficultés à comprendre les expressions des politiciens. On se posera des questions sur ces incivilités. S'ils trouvent difficile de s'exprimer avec politesse d'autres réactions de mal interprétation ou de mauvaise expressions peuvent causer des malentendus plus grave. Si " nation assistée" est bien décrit et figuratif aux Réunnionnais d'autres expressions de Navin Ramgoolam demeurent très confuses. i.e Il décrit le réactionnaire ( qu'il accuse Paul Bérenger d'être ) comme " allergique aux développement, les opposants de Jin Fei, Neotown ou contre la présence des Indiens à Agaléga de pratiquer du " asia bashing ". Si ce n'est pas de l'expression communale et traiter l'opinion libre de xénophobie ? Espérons que Jean Labour, le FCM et les habitants d'Agalega ont assimilé ce langage à la légère. Que tous les Mauriciens soient cordiale et réservent toutes les ferveurs pour accuellir Son Excellence Pratibha Devisingh Patil, Présidente de L'Inde. L'exemple peut venir aussi d'en bas et la langue du civilisé aussi.
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