Elle a commencé sa formation sociale à l’église, alors qu’elle était encore étudiante au collège Lorette de Port-Louis, Rozy Khedoo, présidente du Mouvement Civique de Baie-du-Tombeau, est une travailleuse sociale qui s’est battue pour réussir dans la vie et qui maintenant a choisi de se mettre au service des autres. Elle intègre un groupe de jeunes qui s’occupent des enfants défavorisés de son quartier.
Si elle en est là aujourd’hui, c’est parce que Rozy Khedoo porte en elle un lourd passé, «J’étais orpheline de père mais l’on m’a aidée à sortir de la pauvreté ». La jeune femme va se lancer corps et âme dans le social et décide de freiner un peu lorsqu’elle se marie pour se consacrer à sa famille. Elle gardait toutefois un pied dans le social. Ses enfants devenus grands, elle peut commencer son action à Baie-du- Tombeau, devenant même la présidente du Mouvement civique d’ElizabethVille. «J’ai grandi auprès de ces gens, ils avaient besoin de moi, et j’étais là pour les aider à gérer leurs problèmes ». C’est ainsi que ceux qu’elle aidait à l’époque l’ont encouragée à poser sa candidature pour l’élection des membres du village council. Ne réalisant pas l’ampleur de son impact sur les gens de l’endroit, c’est lorsqu’elle est élue qu’elle le réalise. Par la suite, elle devient la première femme vice-présidente d’un district council en 1992. Elle reçoit des possibilités de formation pour se professionnaliser dans ce qui pour elle était une dévotion totale au social.
«J’aime ce que je fais, peu importe les difficultés auxquelles on fait face. Je rencontre tous les jours des choses nouvelles de nouveaux problèmes, des cas uniques et je me dois en tant que travailleuse sociale de m’adapter à eux, de répondre à leurs appels de détresse». Elle explique toutefois qu’il faut vraiment avoir de la patience et de l’amour mais aussi une vision positive « même si ce que l’on voit est négatif, l’on se doit de rester fort, c’est un travail mental». Elle dit s’être engagée à aller en profondeur et elle compte bien le faire jusqu’au bout. Tout est dans le mental, apprendre à parler dans un langage simple et établir une confiance, telle est sa ligne de conduite.
Cette ligne de conduite lui a permis il y a dix ans de construire une école pour les enfants défavorisés de l’endroit. «J’ai vu beaucoup trop d’enfants qui erraient dans les rues, ils sniffaient de la colle et ne partaient pas à l’école». Elle crée alors L’Ecole de la vie sans un sou en poche grâce à l’aide de sponsors. «Ces enfants m’avaient alors confi é qu’ils sniffaient de la colle parce que c’était un coupe-faim».
C’était alors choisir entre attendre l’argent ou prendre en considération l’urgence du problème. Aujourd’hui il y a parmi eux plus d’une succes story, certains de ces enfants réussissent à s’en sortir grâce à elle. « Je me sens responsable. Je me suis proposée et ils savent qu’ils peuvent compter sur moi ».
Et elle ne s’arrête pas en si bon chemin, en effet, elle a organisé aussi des classes d’alphabétisation chaque mardi et vendredi soir à la demande de certains parents. Une preuve pour elle que certains veulent vraiment s’en sortir. Elle est accueillie comme une reine dans les quartiers de Baie-du-Tombeau, dans les NDHC, à Cité Tôle, à Longère Blanc, les gens scandent son nom, sachant que «leur sauveur » est arrivée.
« Tout est une question de confiance, savoir écouter et conseiller et aussi les diriger vers les professionnels qui pourront les aider à s’en sortir ». Ce petit bout de femme tient d’une main ferme son école tout en ayant encore énormément de projets en tête, pour les filles-mères, bref un plan pour emmener cette région dans la bonne direction…
(Source : l’express Solidarité)
 
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