Arvin Boolell, le chef de la diplomatie mauricienne parle de « grandes révélations » quant à la véritable intention des Anglais sur la création d’un parc marin aux Chagos. Il accuse les Britanniques d’avoir été « hypocrites » et « malhonnêtes ». 
Maurice utilisera à bon escient les notes de l’ambassade américaine de Londres transmises à Washington sur les « raisons » de la création d’un parc marin dans l’archipel des Chagos. Ces notes qui ont été publiées par le siteweb Wilileaks serviront à faire entendre la voix de Maurice sur la scène internationale quant à la souveraineté de l’Etat sur ce territoire excisé par les Anglais en 1965 alors que se négociait l’indépendance du pays.
C’est l’assurance donnée par le ministre des Affaires étrangères mauricien, Arvin Boolell à lexpress.mu et à Radio One. Dans la matinée du jeudi 2 décembre. lexpress.mu avait évoqué le contenu d’une note publié par le site web WikiLeaks à l’effet que les Anglais avaiient conçu le projet d’un parc marin autour des Chagos avec pour seul objectif d’ôter d’empêcher les Chagossiens déportés de revenir sur le sol natal.
« Comme le Premier ministre et moi-même nous ne cessions de le répéter, le projet de parc marin n’était qu’un cheval de Troie, un moyen que les Anglais ont trouvé pour empêcher les Chagossiens et les Mauriciens d’avoir accès à ces îles qui appartiennent à la République de Maurice » lance Arvin Boolell. Il ne va pas par quatre chemins pour accuser les Anglais d’être « malhonnêtes » et « hypocrites ».
« Dès le départ, Port-Louis s’est opposé au projet de parc marin aux Chagos. Les Anglais ont ainsi fait circuler une « Consultation Paper » et malgré l’assurance donnée à l’effet que toute décision en ce sens, qu’elle soit environnementale ou de souveraineté, sera prise en consultation avec l’Hôtel du gouvernement. Il n’en a rien été », rappelle le ministre des Affaires.
La dernière conférence du Commonwealth, confie Arvin Boolell, a été l’occasion pour lui de soulever la question avec son homologue britannique, David Miliband. Navin Ramgoolam, de son coté, a touché un mot à Gordon Brown. Au final, le gouvernement mauricien a été mis devant les faits accomplis. Il a donc mis un terme aux discussions bilatérales.
« L’affaire des câbles diplomatiques américains vient de faire éclater la vérité », lâche le ministre des Affaires étrangères. Et les révélations de WikiLeaks sont en train de remettre en doute la crédibilité des Anglais quant à la sympathie qu’ils voulaient s’attirer de la part des chercheurs et des politiciens en général. « C’est de la mauvaise foi », déplore Arvin Boolell.
Le chef de la diplomatie mauricienne martèle : la résolution 15-14 des Nations Unies parlant de démembrement illégal d’un territoire. Cinquante ans après, les Anglais ont tenté de jouer un autre sale tour à  Maurice mais grâce à WikiLeaks, les manœuvres de Londres sont mis au jour.
« En 1965, ils nous ont dit que l’archipel allait servir de site de communication. On a vu la création d’une base militaire » enchaîne Arvin Boolell. « Cette fois encore, la grande vérité vient d’éclater. Le Premier ministre et moi-même nous condamnons avec force la malhonnêteté des Britanniques » ajoute-t-il.
Suite aux révélations de WikiLeaks repris par de grands journaux internationaux tel le quotidien britannique The Guardian, Port-Louis utilisera les documents mis en ligne pour faire avancer la cause chagossienne ainsi que le respect de la souveraineté de Maurice sur l’archipel. « Un comité sur le dossier Chagos s’est déjà réuni. Et il est présidé par nul autre que le secrétaire au Cabinet » assure Arvin Boolell.
Le ministre rejette catégoriquement une mention de la note de l’ambassade américaine de Londres à l’effet que le gouvernement mauricien était seulement intéressé par les droits de pêches aux Chagos et non pas au sort des îlois. « Nous ne cessons de nous battre pour la reconnaissance de notre souveraineté depuis des années devant différentes instances internationales. Nous avons également le soutien des pays non-alignés sur ce principe » souligne le chef de la diplomatie. Il met aussi en exergue l’adhésion du gouvernement à la conférence organisée par le mouvement Lalit le mois dernier.
Quant à savoir si, comme Lalit, Port-Louis va profiter de la présence de la princesse Anne dans l’île pour soulever la question des Chagos, Arvin Boolell indique que ce sera « inélégant » de sa part vu que la représentante de la famille royale britannique a été invité à Maurice pour la commémoration du bicentenaire de la prise de Maurice par les Anglais par la Haute-Commission britannique. Toute discussion sur ce dossier, dit-il, se fera auprès des gouvernements américains et britanniques.
  |