Du haut de ses 17 ans, Widaad Gukhool a d’ores et déjà marqué le tennis de table mauricien. Les éloges ne manquent pas pour cette pongiste qui a tapé dans sa première balle à l’age de 8 ans.
Dans le giron, on la défi nit comme une pongiste unique en son genre. Entre ses entraînements, ses études, sa vie religieuse, Widaad Gukhool montre et démontre, depuis ses débuts, qu’elle est prête à faire des sacrifices afin d’atteindre ses objectifs. Preuve en est, les derniers Jeux des îles de l’océan Indien où elle accrochera deux médailles d’or (par équipe et double mixte) en pleine période de ramadan. Widaad Gukhool a toutes les qualités d’une sportive hors du commun.
Et pourtant, le tennis de table n’était pas son premier choix à ses débuts. «Quand elle avait 7 ans, son frère Irfaan pratiquait le karaté et elle avait envie de s’adonner à une activité donc elle aussi s’y est mise», raconte son père Ragck Gukhool. «Ce sport lui plaisait, mais elle n’était pas compatible avec cette discipline, donc, elle a pratiqué d’autres sports comme la natation». Mais elle ne trouvait toujours pas chaussure à son pied. C’est là que le tennis de table est entré dans sa vie, une discipline qui allait tout changer. Détectée en 2004 à Mesnil par Rajessen Descann, elle intégrera en avril 2004 l’école du Mauritius Sports Council et presqu’un an plus tard, remporta son premier titre de championne dans les catégories benjamines et minimes. «On avait constaté à l’époque qu’elle avait un vrai potentiel. Elle était très intelligente tactiquement et savait gérer les moments difficiles, chose que beaucoup de joueurs ne pouvaient pas faire», relate l’entraîneur national, Rajessen Descann.
Comme tout sportif mauricien, le premier objectif d’une carrière demeure les Jeux des îles. Au vu de son talent et de tous ses titres, Widaad Gukhool atteindra celui-ci en 2007 à l’âge de 13 ans. A l’époque, elle était la 6e joueuse au classement national et prouvera que sa sélection en équipe nationale est justifiée.
Une pongiste studieuse
En effet, ses 13 ans ne lui ont pas empêché d’aller chercher la médaille de bronze en double mixte aux côtés de Rajessen Descann qui était joueur à l’époque. «Le contexte n’était pas facile pour elle mais elle a su hausser son niveau pour chercher cette médaille», observe l’entraîneur national qui confie que, dans l’histoire du tennis de table «jamais personne n’a fait ce qu’elle a fait à son age. La carrière de Widaad et son style de jeu ne peuvent être comparés à celle d’un ancien pongiste».
Malgré sa grande implication dans son sport, elle garde en tête que les études joueront un grand rôle pour son avenir.
Etudiante au collège privé de Doha Academy, elle décroche 8 unités au School Certificate, résultat qui a étonné son père. «Je ne m’attendais pas à ce qu’elle fasse aussi bien.
Pour moi, même si elle avait ramené 20 unités, cela ne m’aurait pas posé de problèmes car je connaissais tous les sacrifices qu’elle a faits pour son sport, les heures d’entraînement, les allers retours entre la maison, l’école, les leçons particulières. Je suis fier d’elle, car elle s’implique aussi énormément dans sa religion », explique son père.
Sur la saison 2011, Widaad Gukhool n’a plus rien à prouver. Elle avait lancé sa saison avec une médaille de bronze par équipe aux Championnats d’Afrique Junior 2011, assurant la victoire sur les deux matches qu’elle devait disputer. Elle ramena par la suite son énième titre de championne de Maurice, avec zéro défaite au compteur.
Pour peau finer sa préparation en vue des JIOI, elle se rendit avec Patrick Sahajasein en Chine, au Centre national de tennis de Table à Heibei.
Trois semaines d’entraînements intensifs qui ont porté leurs fruits.
Aujourd’hui, Widaad Gukhool pourrait facilement faire une séance d’entraînement face à un Warren Li Kam Wa ou encore un Billy Chan Yook Fo. Pour améliorer ses relances, l’Association mauricienne de tennis de table (AMTT) a favorisé les frottements avec des sparring- partners masculins alors qu’un ami de la famille, Lasser Auchaybur, offre son aide à la pongiste en tant que coach personnel.
Après toute cette préparation, ne reste plus pour elle qu’à briller lors des JIOI. Elle enlèvera deux médailles d’or, une par équipe fi lle et l’autre en double mixte aux côtés de Rhikesh Taucoory dans des conditions plus que défavorables car elle était en pleine période de ramadan. Elle enchaînera, par la suite, avec une 15e place en simple dame lors des Jeux d’Afrique à Maputo et conservera son titre de championne de Maurice lors du Championnat national.
Désormais, le grand objectif que peut se fixer Widaad Gukhool c’est de briller au niveau continental et passer un autre cap tout en gardant les pieds sur terre.
Olivier CHAPUISET (Source : Lexpress)
|