Dans la soirée du vendredi 19 novembre, les dirigeants du secteur privé ont rencontré la presse pour commenter le budget. Des commentaires pour appeler à une mise en œuvre rapide de projets qui leur paraissent intéressantes.
Louis Rivalland et Raj Makoond du Joint Economic Council (JEC) de même que François de Grivel de la Mauritius Employers Federation (MEF) se sont attachés à souligner les mesures qui leur paraissent intéressantes revenant sur la nécessité d’une mise en œuvre accélérée, soulignant le caractère d’urgence pour certaines d’entre elles.
François de Grivel estime qu’il faut être très prudent quand on prévoit une hausse de 4,2% des activités économiques pour 2011. Selon le patron des patrons, les effets de la crise économique mondiale se font encore sentir, ce qui devrait inciter à la prudence des pays comme Maurice qui fonctionnent toujours dans une économie européenne
Auparavant, le président de la MEF avait salué les mesures visant à réduire la pauvreté, tout en souhaitant que ce soit fait sans dépense additionnelle.
Concernant la compensation salariale, François de Grivel est d’avis que les 3,2% va peser lourd dans la balance des entreprises privées. Il avance un chiffre de Rs100 millions et cette dépense additionnelle risque d’influencer le taux de croissance estimée à 4,2 % en 2011.
Un même souci de contrôler les dépenses animait Louis Rivalland, qui a salué la volonté de Pravind Jugnauth de contenir le déficit budgétaire.
Après avoir relevé certaines mesures contenues dans le budget – câble optique, stimulus package, mécanisme pour améliorer le working capital, l’accent sur l’éducation et la formation ou encore les fonds de la Corporate Social Responsibility dévolus au logement, à l’éradication de la pauvreté et aux enfants venant de groupes vulnérables – Louis Rivalland a souhaité que les Rs 15 milliards du Sovereign Fund soient gérées correctement, car au départ, il est prévu que ce fond ait un rôle de stabilisation.
Il a salué le projet de revoir la gouvernance au niveau de l’eau, avec la création de la Water Authority. Mais il a toutefois fait ressortir que s’il y a eu beaucoup d’annonces, il est important que la mise à exécution soit rapide. Louis Rivalland a également dit l’appréciation du JEC pour la volonté du gouvernement d’améliorer la productivité avec les recrutements dans le secteur public, et les mesures pour contrôler la sécurité.
«Cela faisait partie de nos demandes et on voit que beaucoup d’efforts ont été apportés pour contrôler les paris, l’alcool et la cigarette, même s’il reste beaucoup encore à faire pour la drogue aussi bien que pour l’alcool», a-t-il avancé.
Il a également estimé que c’est un budget qui se veut responsable, avec un aspect social très présent au niveau du logement et de l’éducation
Par ailleurs, le JEC estime que le Zero Tax Regime occasionnera l’augmentation des prix et favorisera l’importation aux dépens des producteurs locaux.
Pour mieux comprendre cette mesure de Pravind Jugnauth, Vincent d’Arifat, le Président de la Mauritian Manufacturers Association (AMM) explique :
«Le ministre a enlevé la taxe sur les produits alimentaires importés et cela va nuire aux producteurs locaux car les importations seront moins chères.»
Concernant le secteur manufacturier, le patronat déplore également le manque de mesures concrètes pour faciliter l’exportation.
Raj Makoond a mis l’accent sur la cohérence entre la politique monétaire et la politique fiscale, estimant que les réformes au niveau du Comité monétaire se traduiront par une meilleure cohérence monétaire.
Cependant il regrette le manque de précision sur la politique Maurice Ile Durable :  «Dans notre document, on a fait la demande pour un cadre régulateur pour l’énergie renouvelable. Il y a du travail à faire pour développer l’industrie vert.»
Ce dernier estime aussi qu’il fallait avoir une précision sur l’accès aérien : «On a parlé de Duty Free Paradise mais il y a aussi un travail à faire sur l’Air Access, qui est très important si on souhaite développer les marchés émergents.»
Quant à Marday Venkatasamy, président de la Chambre de commerce de Maurice, il accueille le renouvellement des facilités d’emprunt pour les PME à la banque de développement. Par contre, il dit attendre de voir si les mesures annoncées auront des résultats concrets : «On attendait des mesures fortes et concrètes pour relancer l’économie. Ce qu’on a retrouvé certes mais beaucoup d’entre elles ne sont pas chiffrées», déplore-t-il.
De son côté, Ravin Dajee, le président de la Mauritius Bankers Association, a tout simplement déclaré qu’il est «déçu mais pas surpris», surtout en ce qui concerne le special levy de 3,4 % sur les profits et de 1 % sur les chiffres d’affaires des banques jusqu’en 2013.
L’étape suivante du JEC consistera à décortiquer le budget de Pravind Jugnauth pour pouvoir faire une analyse plus approfondie.
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