Le Bureau d’Education Catholique (BEC) accueille favorablement l’initiative de gouvernement d’accélérer l’introduction du kreol dans le cursus scolaire.
Gilberte Chung, directrice du BEC, souligne que la démarche du ministre Bunwaree va aider les jeunes «laissés derrière» par le système éducatif mauricien, à réussir académiquement.
La directrice du BEC affirme que dans le système éducatif actuel, sur 100 élèves admis en Standard One, seuls 50% atteindront la School Certificate et 25% de ces derniers arriveront jusqu’à la Higher School Certificate.
Elle explique que le taux d’échec académique est en grande dû à  l’absence du kreol en tant que langue première. «Dans tous les pays, les élèves apprennent d’abord leur langue avant d’aller vers les langues étrangères», avance-t-elle.
Gilberte Chung fait ressortir que l’utilisation du kreol comme langue d’enseignement est déjà une réussite dans les écoles  pré-vocationnelle du  BEC. «L’adoption de la langue kreol dans le cursus scolaire a fait ses preuves au sein de la section pré-vocationnelle. Les élèves de cette section apprennent l’écrit et l’oral du kreol et ils réussissent dans les examens», déclare Gilberte Chung.
Arnaud Carpooran, linguiste et maître de conférence à l’Université de Maurice, trouve pour sa part, que la décision des autorités de se pencher sur l’introduction du kreol dans le système éducatif est un grand pas pour Maurice. Cependant, il affirme qu’il reste beaucoup à faire pour l’adoption totale de cette langue et de la manière de l’écrire (le grafi larmoni).
Interrogé quant à l’amélioration des résultats  grâce à l’introduction du kreol à l’école, Arnaud Carpooran reconnait que la barrière de la langue peut être une cause d’échec. «Cette étape franchie  va contribuer à créer l’équilibre et aider à l’adaptation de l’enfant à son environnement scolaire et faire qu’il travaille mieux», conclut-il. |