La hausse de 6,2% des arrivées touristiques  au premier semestre 2010 vient une fois de plus remettre en question le taux de remplissage dans nos hôtels.
Ces chiffres démontrent que l’île Maurice reste une destination vedette, mais les touristes semblent avoir pris goût à une nouvelle tendance en termes d’hébergement. Notamment les « repeaters ».
439 150.  C’est le nombre total de touristes ayant visité Maurice de janvier à juin 2010, contre 413 504 au premier semestre 2009. Toutefois, Patrice Legris, directeur de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice (AHRIM), avance une nouvelle fois que l’augmentation des arrivées n’est pas reflétée au niveau des hôtels.
«  Nos analyses prouvent que ce n’est qu’une minorité d’hôtels qui ont fait mieux que l’année dernière. En terme financier, pour la plupart, les revenus ont chuté », déclare le directeur de l’AHRIM.  Toujours selon lui, cette baisse d’occupation dans les hôtels s’explique par le nombre croissant de bungalows aujourd’hui.
« Depuis la crise, il y a une pression sur le pouvoir d’achat et les touristes recherchent des endroits moins coûteux. Certains hôtels ont pourtant revu leurs prix à la baisse, mais il semble qu’il y a une volonté d’aller vers des structures plus compétitives », souligne notre interlocuteur.
Alors, les bungalows et villas représentent-ils une menace pour le circuit hôtelier ?
«  Pas du tout ! Les secteurs formel et informel peuvent coexister. Depuis la crise, il faut dire qu’en grande majorité, le taux de fréquentation dans nos hôtels s’est aujourd’hui stabilisé. Sans compter une augmentation des chambres d’hôtels », rétorque, pour sa part, le directeur du service  Sales & Marketing d’un grand groupe hôtelier.
Toujours selon lui, cette ruée vers le secteur informel est due en particulier « à la cherté du billet d’avion. Ce qui démontre aussi que l’île Maurice reste une destination exclusive,  car le client type bas de gamme préfère, lui, voyager en Europe ».
Ce constat se confirme d’avantage. Les touristes semblent avoir développé de nouveaux coups de cœur en termes d’hébergement. Et même s’il y a à payer le prix fort.
Ce que vient confirmer Chrystel de Bricourt. Cette Française associée à la Mauricienne Véronique Clarenc, exerce dans la location de villa depuis 1998, au sein de la compagnie OAZURE. Pour elle, il n’y a aucun doute. Cette année marque une très forte progression : « Les chiffres de nuitée ont quadruplé. 80 % de notre clientèle est francophone et ce sont principalement les villas haut de gamme hors hôtel qui sont les plus demandées »,  affirme-t-elle.
« Nous  proposons non seulement des villas et bungalows, mais aussi les services  digne d’un 5 étoiles, comme une conciergerie, le massage dans la villa, le traiteur ou encore les courses livrées sur place. Le tout pouvant aller jusqu’à 2000 euros la nuit », avance Chrystel de Bricourt.
Celle-ci parle aussi d’une clientèle fidèle qui a déjà été plusieurs fois dans les grands hôtels, mais qui veulent aujourd’hui tester autres choses.
Pour l’année 2010-2011, elle enregistre un taux de réservation de 40 semaines pour les deux catégories de villas de luxe proposées, dont la plupart, selon elle, a déjà été « consommée ».
Chez une autre société de location de villas,  la reprise a démarré seulement le mois dernier pour des vacances de fin 2010 ou début 2011, après une période creuse « causée par les promos des hôtels, 5* y compris, avec l’avion et le séjour inclus », souligne une source proche de la direction. Mais la villa de luxe hors-hôtel fait partie du type d’hébergements les plus demandés.
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