Rs 73,6 millions de subventions ont été distribuées à pas moins de douze autorités religieuses en 2010. L’Eglise catholique se taille la part du lion avec Rs 23,7 millions. De leur côté, deux institutions religieuses refusent toute aide provenant des fonds publics.
La Roman Catholic Association est suivie de près par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation. La fédération dirigée par Somduth Dulthummun a reçu Rs 17,8 millions de soutien financier de l’Etat. Dix autres institutions se partagent les Rs 32 millions restant.
L’Assemblée nationale des Bahaïs de Maurice (ANBM) et l’Ahmadiyya Muslim Association (AMA) ne souhaitent pas figurer sur la liste des associations financées des derniers publics. C’est la philosophie même de ces religions qui leur interdit toute forme de contribution de la Nation dans l’administration de leurs lieux de culte.
Les deux associations soutiennent que la pratique religieuse se situe «dans le don plutôt que dans le recevoir». C’est par principe que l’ANBM n’accepte pas de subventions du gouvernement ni d’aucune autre institution ou entité.
«Notre financement provient uniquement de la contribution volontaire et anonyme de nos membres. Chacun a le privilège de contribuer selon ses moyens. Les Bahaïs veulent offrir au monde un modèle de paix et de cohésion. Ce serait indécent de demander aux gens de nous donner de l’argent pour que nous leurs offrons quelque chose», explique, Homa Mungapen, membre exécutif de l’ANBM.
«Nous ne souhaitons pas devenir un fardeau pour l’Etat. Selon la philosophie de notre religion, c’est au citoyen d’aider l’Etat et non le contraire», estime Moobarak Sooltangos, secrétaire aux affaires extérieures de l’AMA.
Comme c’est le cas pour l’ANBM, les fonds de l’AMA sont alimentés uniquement par les dons des ses membres. La seule différence est que dans le cas de l’AMA, le principe de l’autofinancement est plus rigoureux et structuré. Les membres de l’association reversent environ 10% de leurs revenus personnels dans les caisses de l’AMA.
Cet argent sert principalement à des dépenses administratives des différentes mosquées du pays géré par l’association, y compris les salaires des employés et les allocations perçues par les missionnaires. L’AMA dispose, également, d’un budget welfare qui lui permet de répondre aux besoins de ses membres en difficulté. A titre d’exemple, les veuves reçoivent une pension mensuelle. Les demandes ponctuelles, telles les subsides des frais d’examens sont aussi considérées.
Ces deux associations ne craignent nullement pour leur avenir. «Nous avons jusqu’à présent avancé sans difficulté dans notre mission. Il n’y aucune raison pour que nous ne continuions pas dans cette direction», affirme Homa Mungapen.
De son côté, Moobarak Sooltangos va plus en affirmant que la pratique religieuse n’est pas du domaine public. «Ce n’est, sans doute, pas évident d’acquérir cette discipline de mettre la main à la poche. Cela fait 100 ans que nous fonctionnons ainsi. Quoi qu’il en soi, nous ne pensons pas que les Tax Payers doivent financer la vie religieuse de leurs concitoyens», soutient le secrétaire aux affaires extérieur de l’association Ahmadiyya.
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