Les feux de brousse les plus meurtriers de l''histoire de l'Australie se sont apaisés ce lundi 9 février, tandis que le bilan, toujours provisoire, atteignait 116 morts.
"Il n'y pas d'autre mot que crime de masse pour décrire cela", s'est indigné le premier ministre Kevin Rudd, évoquant la piste d'incendies volontaires avancée dans certains cas par la police de la région de Melbourne, dans le sud-est de l'île, dont certains villages ont été rasés. "Ce bilan est atterrant et je crains qu'il ne s'alourdisse encore", a ajouté le chef du gouvernement.
Beaucoup de victimes ont été rattrapées par les flammes alors qu'elles tentaient de fuir en voiture. D'autres ont été piégées dans leur maison, mais certains habitants des localités dévastées ont eu la présence d'esprit de se réfugier dans leur piscine ou leur cave.  "Ça va ressembler à Hiroshima. Ça va être comme une bombe atomique. Il y a des animaux morts qui gisent partout sur la route", a raconté un rescapé.
La presse locale estime que le bilan final pourrait atteindre 170 morts, de nombreuses victimes étant toujours portées disparues dans des maisons détruites par les flammes et 78 autres ayant été hospitalisées pour de très graves brûlures.
Les feux n'ont rien d'exceptionnel pendant l'été en Australie, mais, cette année, la sécheresse et un soleil de plomb leur donnent une ampleur particulière. La température a atteint 46,4 degrés Celsius samedi à Melbourne.
Le gouvernement a placé l'armée en état d'alerte et a promis dix millions de dollars australiens (5,2 millions d'euros) pour venir en aide aux sinistrés, ce qui ne l'empêche pas de faire face à la grogne des écologistes.
A la sécheresse exceptionnelle du Sud-Est s'ajoutent les inondations catastrophiques du Queensland, au Nord, et les Verts y voient deux bonnes raisons de redoubler d'efforts dans la lutte contre les bouleversements climatiques. De l'avis des scientifiques, l'environnement hostile de l'île-continent en fera l'une des premières victimes du réchauffement.
"L'augmentation constante des émissions de gaz à effet de serre va accroître le réchauffement et la sécheresse dans le sud de l'Australie, les risques d'incendie seront donc probablement plus importants", estime Kevin Hennessy, membre du Centre de recherches scientifiques et industrielles du Commonwealth.
Les incendies de l'Etat de Victoria sont la catastrophe la plus grave en Australie depuis le cyclone Mahina, qui a fait plus de 400 morts en 1899. Jusqu'ici, les feux les plus meurtriers remontaient à 1983, quand 75 personnes avaient trouvé la mort lors du "mercredi des cendres".
Plusieurs milliers de pompiers continuaient lundi à lutter contre une dizaines de foyers toujours hors de contrôle malgré des conditions climatiques plus fraîches et un vent moins soutenu dans l'Etat de Victoria, où 330.000 hectares ont été dévastés en quelques jours. Près de 800 habitations ont été détruites.
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