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Peur sur la planète !!
G.N
04/30/10 | Commentaires [0]
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La Guerre des Mondes, Le jour où la Terre s’arrêta, L’invasion des profanateurs de sépultures, etc. Autant de classiques de la science-fiction sortis dans les années 1950, qui ont fait l’objet de ‘remakes’ à partir des années 1980 et dont il faut avoir vu les originaux au moins une fois dans sa vie. Effectivement, c’est à ces originaux que nous ramène Planète 51, étonnant fi lm d’animation qui parvient non seulement à évoquer l’ambiance des séries B américaines de ce temps-là, mais aussi la paranoïa qui gouvernait une bonne partie du monde.

Bien qu’étant une production anglo-américaine, Planète 51 est un film espagnol de par ses deux réalisateurs, Javier Abad et Jorge Bianco. Ces derniers se sont amusés à recréer un monde ressemblant à une petite ville américaine des années 1950, genre Pleasantville, typique de ce que montraient les films (ou certains films) américains de l’époque. Pardon, chers lecteurs, pour toutes ces références, mais le film en regorge et ce décor en images de synthèse fera penser à Retour vers le Futur, à la différence près qu’ici les véhicules utilisent l’antigravitation et que les habitants de cette planète sont tout verts. Autrement, ils sont bien élevés, ont des certitudes bien arrêtées («l’univers fait 500 km de long»), une totale confiance dans leurs institutions (la télévision, les savants et les militaires) et ils vont au cinéma voir des films qui parlent d’invasions d’«aliens» monstrueux.

C’est dans ce contexte que les auteurs installent un récit ressemblant à celui du Jour où la Terre s’arrêta, à la différence près que cette fois le visiteur venu du cosmos est un Terrien, un astronaute américain très imbu de sa personne répondant au nom de Chuck Baker (avec les traits de Dennis Quaid dans L’Etoffe des Héros). Pensant que la planète 51 était inhabitée, il était descendu juste pour y planter sa bannière étoilée. C’est probablement à partir de tels moments, faits d’idées préconçues et d’un seul geste aussi malheureux que mal interprété, que naissent les conflits interplanétaires. Voilà ce qui vient à l’esprit devant la réaction des locaux, une de ces vraies paniques de cinéma qui se lit d’abord dans l’expression sidérée des visages avant d’éclater en hurlements et gesticulations, tout cela prenant l’éternité d’une seconde. La séquence n’est en rien originale, mais elle est savamment mise en images. Il en va de même pour le récit qui suit un schéma des plus classiques, mais reste des plus divertissants. L’astronaute, l’«alien», pourchassé par l’armée et les scientifiques, est secouru par le jeune héros avec l’aide de ses amis et les auteurs parviennent à insérer une référence pratiquement à chaque tournant du récit. Toute cette population gavée de films de science-fiction est en proie aux pires terreurs concernant le visiteur (rayon de la mort, contrôle des esprits, remplacement de leurs proches par des copies, extermination, etc.). Terreurs qui sont autant de références directes aux classiques cités au début et dont le scénario fait un usage intelligent au fil des dialogues ou comme sujet pour un gag, cela tout en introduisant d’autres références plus modernes.

On se retrouvera ainsi devant une scène sortie d’E.T, on croisera un animal de compagnie évoquant le monstre d’Alien, un robot fils naturel de Wall-E et de R2D2 et la dernière partie du film se passe dans une base secrète qui rappellera certains épisodes des X-Files. Il y a probablement un propos derrière tout cela, mais comme les auteurs ont le bon sens de ne pas en faire grand cas, il serait inutile de s’y attarder. Planète 51 est un film réussi dans son ambition première : nous offrir des moments de pure comédie à savourer en famille.

G.N.


  
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