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Jameel Peerally
Aline GROEME-HARMON
11/19/10 | Commentaires [0]
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Jameel Peerally, photographe engagé, a réuni dans son ouvrage, «Chagossians orphans of the world», des clichés pour dire l’exil. SAISIR, dans une photo, le vide béant de 40 ans d’exil forcé. Trou béant dans les regards, dans les poches, dans les coeurs. Jameel Peerally a fixé son objectif entre Maurice, Agaléga et les Seychelles. A la recherche de la part volée des Chagossiens. Le fruit de ces voyages constitue l’essentiel de Chagossians orphans of the world, album de photos militantes signées Jameel Peerally.

L’ouvrage, à l’esthétisme soigné du noir et blanc, vient de sortir chez Osman Publishing. C’est toute la désespérance des survivants du paradis perdu et de leurs descendants qui saute aux yeux. Pourtant, à première vue, les gens dans les photos, que font-ils ? Rien en apparence. Ils sont debout sur le pas de leur porte, assis au bord d’un lit ou sur les racines d’un arbre.

Justement, c’est dans ce rien-là que réside tout le côté poignant de leur passé, de leur présent. On imagine déjà leur avenir dans ces taudis de Roche- Bois ou de Pointe-aux-Sables. Celui de ces enfants qui ne sourient pas devant la caméra. Leurs pieds sont nus. Leurs cheveux emmêlés. Presque déjà vieux d’avoir hérité des souffrances de la déportation. Les vieux sont à la fois las, si las, usés et fatigués. Mais c’est la dignité qu’ils portent haut. Celle de Lisette Talate, qui revient souvent dans l’album photo de Jameel Peerally. Son corps frêle que l’on pourrait presque renverser d’un souffle dégage cependant une détermination à toute épreuve.

Le photographe saisit ses sujets en milieu naturel, à domicile, assis sur un matelas défoncé, au cimetière sur la tombe de leurs proches. Un naturel qu’il fait alors contraster avec les échos de fonctions officielles où l’on croise notamment John Murton, précédent haut commissaire britannique.

C’est sa façon, au photographe, de demander réparation aux Britanniques. Car s’il nous livre un albumvérité, Jameel Peerally ne manque pas de détailler de manière chronologique les événements qui ont mené les Chagossiens de leur archipel à nos taudis. Avec l’accent mis sur le mot «génocide».

«Dans ce livre, j’ai tenté de saisir les visages vieillissants et l’agonie des derniers véritables Chagossiens. Leurs voix distinctes peuvent être entendues par le biais de ces photographies qui disent qu’ils n’appartiennent à aucun autre endroit que chez eux… où j’espère qu’ils retourneront un jour», écrit-il en guise de préface.

«Ce livre est à la fois un dictionnaire illustré et un ouvrage d’amour destiné à faire avancer une noble cause, celle de la recherche de la justice et la réparation pour les méfaits que subissent ces innocents Chagossiens ainsi que leurs enfants», note, pour sa part, Cassam Uteem, ancien président de la République, en ouverture de l’album.

 

 

 

 

 

Aline GROEME-HARMON
(Source : l’express & moi)


  
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