La manifestation des travailleurs, le samedi 20 mars, devant la Plantation House ne laisse pas la MSPA indifférente. Le directeur de l’association des employeurs du secteur sucre déplore cette façon d’agir et se dit toujours prêt à négocier dans le cadre des relations industrielles correctes.
Le directeur de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA)  n’est pas indifférent à la manifestation des employés du secteur sucre  devant les locaux de la MSPA. Le samedi 20 mars, près de 3 000 travailleurs répondant à l’appel de la Confédération Syndicale de Gauche terminé leur marche pacifique dans Port-Louis devant la Plantation House.
Jean Li, regrette que les travailleurs du secteur sucre aient manifesté. Il déplore les syndicats organisent des manifestations des rues alors que l’industrie sucrière est en pleine réforme. Je déplore ce genre d’action. Les négociations ont débuté depuis deux ans et nous n’arrivons pas à conclure en raison de l’intransigeance des dirigeants syndicaux. Ils insistent à demander, entre autres, 45% d’augmentation salariale. Ce qui est injustifié. L’industrie ne peut pas se permettre de payer autant parce qu’elle est au centre d’une réforme caractérisée par une baisse de 36% de ses revenus».
Le porte-parole des employeurs de l’industrie sucrière trouve également inopportune l’annonce d’une  grève dans le secteur. Il déplore cette attitude des syndicalistes parce que le comité chargé de se pencher sur les revendications des travailleurs n’a pas encore terminé son travail. 
«Les syndicalistes ont référé l’affaire à Commission de Conciliation et de Médiation (CCM) et avant même que le ‘board’ ait eu le temps de se pencher dessus, voilà qu’ils parlent de faire grève», ajoute-t-il, perplexe.
Jean Li soutient que la MSPA est toujours disposée à négocier avec les syndicats du secteur sucre, «dans l’intérêt des travailleurs». Toutefois, le directeur de la MSPA souhaite «quand même des relations industrielles correctes».
Il s’est également prononcé sur la demande de partage de la richesse comme revendiquée par la CSG-Solidarité.  «Le partage se fait déjà parce que nous sommes en train de tout faire pour assurer la survie de l’industrie. En restructurant pour faire face aux défis de l’industrie, revalorisant notre sucre et en développant des sous produits », déclare le directeur de la MSPA.
Jean Li ajoute que « toutes ces mesures sont dans la logique de soutenir, d’améliorer le secteur sinon, il aurait disparu aujourd’hui. Il y va non seulement de l’intérêt de toutes les parties concernées mais aussi, de l’économie nationale».
De son côté, Ashok Subron, animateur de CSG-Solidarité se félicite du succès de la manifestation du samedi 20 mars. Il rappelle que des travailleurs d’autres secteurs, dont de la zone franche, de l’énergie et l’hôtellerie, ont aussi participé à la marche pacifique. « Eux, également, prônent une meilleure répartition de la richesse dans le pays », dit le syndicaliste.
Il est revenu sur les 12 réclamations lancées au patronat lors de la manifestation du 21 mars 2010. Celles-ci vont d’une allocation de Rs 1 000 à ceux touchant moins que le minimum vital au don d’un chauffe-eau solaire à chaque famille, en passant par la baisse du prix de l’Internet.
 «Depuis les derniers cinq ans, il y a une détérioration de la répartition de la richesse à Maurice. C’est une petite poignée de capitalistes et qui se sont accaparés de la richesse générée par les travailleurs», affirme-t-il. 
«Nous attendons des patrons qu’ils nous signifient leur position par rapport à cette liste. Nous sommes mêmes prêts à en débattre publiquement», conclut Ashok Subron.
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