Les cinq membres du comité de soutien aux ex-planteurs Riche-Terre, grévistes de la faim, seront présentés en cour le lundi 15 mars. Arrêtés devant l’Hôtel de ville Port Louis, le vendredi 12 mars, ils sont accusés d’avoir tenu une manifestation illégale.
C’est Eddy Sadien qui fut le premier à être emmené aux Casernes Centrales, le vendredi 12 mars. Le travailleur social attendait, alors, les autres membres du comité de soutien devant la mairie de la capitale. Ils avaient prévu de manifester devant le Parlement en signe de solidarité avec les ex-planteurs de Riche-Terre qui font une grève de la faim depuis plus de 20 jours. 
Mis au courant de la situation le porte-parole des grévistes Salim Muthy, le syndicaliste Feizal Ally Beegun, le travailleur social Prem Dookhit et Didier Peerun ont décidé de ne pas aller de l’avant avec leur projet. Ils étaient en train d’en informer la presse lorsqu’ils ont été arrêtés.
Les policiers ont informé Eddy Sadien qu’il a été arrêté pour une manifestation tenue le jeudi 4 mars, devant la NPF Building à Port Louis. Les quatre autres, sont, eux, accusés d’avoir participé à une manifestation illégale.
Cette accusation surprend leur homme de loi, Me Dev Ramano. «Mes clients sont accusés d’avoir participé à une manifestation qui n’a jamais eu lieu. Ils rencontraient, au moment de leur arrestation, les membres de la presse pour justement leur informer de l’annulation de la manifestation», s’étonne l’avocat.
Eddy Sadien a consigné une déposition pour s’expliquer. Les quatre autres accusés ont, eux, fait valoir leur droit au silence. Ils parlent tous d’abus de pouvoir de la part de la police.
Me Dev Ramano, pour sa part, estime que l’initiative de la police avec pour unique but de tenir les membres du comité de soutien loin des personnes venues assister aux célébrations de la Fête nationale au Champ de Mars. «D’ailleurs ce n’est qu’à la fin du programme officiel qu’ils ont été libérés», fait ressortir l’homme de loi.
En effet ce n’est qu’à 21h00 le vendredi 12  mars que les membres du comité de soutien ont retrouvé la liberté. Ils ont passé plusieurs heures en garde à vue aux Casernes Centrales le temps que leur avocat parvient à négocier une remise en liberté provisoire, assortie de la condition qu’ils se présentent à la Central Investigation Division, le lundi 15 mars au matin.
En attendant les six grévistes de la faim en sont à leur 24e jour de grève ce dimanche 14 mars. Ils ont été rejoints par huit autres ex-planteurs de Riche-Terre dont quatre femmes, les grévistes n’ont pas l’intention de mettre fin à leur action, malgré l’intransigeance des autorités.
Le Premier ministre a, encore une fois lors de son message à la nation, à l’occasion de la Fête nationale, affirmé que le gouvernement ne cèdera pas au chantage. |