Deux kamikazes se sont fait exploser à quelques secondes d''intervalle le vendredi 12 mars au matin près de véhicules de l'armée à Lahore (est du Pakistan), faisant au moins 43 morts et une centaine de blessés et laissant craindre une nouvelle vague terroriste islamiste dans le pays.
C'est en effet le quatrième attentat majeur perpétré au Pakistan cette semaine, signe clair que les extrémistes gardent la capacité de frapper, malgré des mois d'offensives de l'armée pakistanaise et les incessants tirs de missiles américains via des drones sans pilote, qui prennent principalement pour cible les chefs des talibans pakistanais.
Une dizaine de soldats figurent parmi les personnes tuées dans cette nouvelle attaque, a précisé Parvaiz Rathore, chef de la police de Lahore, ville située dans l'est du pays.
Les deux kamikazes, qui se déplaçaient à pied, ont frappé le bazar RA, un quartier résidentiel et commercial où plusieurs agences de sécurité ont leurs bureaux.
Chaudhry Mohammad Shafiq, un haut responsable de la police, a fait état de 43 morts et d'une centaine de blessés. Certaines victimes, mutilées, baignaient dans des mares de sang, a rapporté Afzal Awan, témoin oculaire des deux énormes déflagrations. "J'ai vu de la fumée monter de partout", a-t-il déclaré aux journalistes. "Beaucoup de gens pleuraient".
Ce double attentat, le second à Lahore en une semaine, n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais les soupçons se portent sur les talibans pakistanais et Al-Qaïda.
Tard vendredi soir, une série de cinq petites explosions a fait au moins trois blessés et semé la panique dans un autre quartier de Lahore, la zone résidentielle d'Iqbal Town.
Une vague d'attentats à l'automne dernier dans tout le pays avait fait au moins 600 morts, avec des attentats quasi-quotidiens, en riposte apparente à l'offensive militaire contre le principal bastion taliban, la région tribale du Sud-Waziristan, sur la frontière afghane.
Puis les attentats se sont raréfiés au début 2010, et ne frappant plus que les régions isolées proches de l'Afghanistan, et non plus les grandes métropoles du reste du pays.
Depuis, les talibans pakistanais auraient perdu leur chef, Hakimullah Mehsud, en janvier dans un tir de missile américain. Un drone de la CIA avait déjà tué le précédent commandant taliban, et si le mouvement dément la mort de Mehsud, il n'a pas réussi à apporter la preuve qu'il est vivant. Du coup, estime Kamran Bokhari, du centre d'analyse américain STRATFOR, "il sont en train de signifier qu'ils sont capables de frapper malgré les coups encaissés. On dirait bien que nous sommes en plein dans une nouvelle vague d'attaques".
Lundi, un kamikaze au volant d'une voiture piégée avait foncé sur un bâtiment du renseignement pakistanais à Lahore, faisant au moins 13 morts et des dizaines de blessés - un attentat revendiqué par les talibans pakistanais.
Egalement cette semaine, six employés pakistanais de World Vision, une organisation humanitaire chrétienne basée aux Etats-Unis, ont été tués lors de l'attaque de leurs bureaux dans la région de Mansehra, dans le nord-ouest du pays.
Quatre autres personnes sont mortes dans l'explosion d'une bombe dans un petit théâtre de Peshawar, dans le nord du Pakistan, non loin de la frontière afghane.
(Reuters)
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