Navin Ramgoolam confirme qu’il «parle àtout le monde »tout en disant ne pas négocier d’alliances. Pourtant en coulisses, des médiations ont débuté avec le MMM. Et peut- être même bientôt avec le MSM. En ce moment, les demi- vérités du Premier ministre sont nombreuses…Navin Ramgoolam confirme qu’il «parle àtout le monde »tout en disant ne pas négocier d’alliances. Pourtant en coulisses, des médiations ont débuté avec le MMM. Et peut- être même bientôt avec le MSM. En ce moment, les demi- vérités du Premier ministre sont nombreuses… N avin Ramgoolam n’est pas à une contradiction près. En ce moment, le Premier ministre tient un discours public qui contredit ses actes en privé. Il en a fait la démonstration ce vendredi. Intervenant sur Radio Plus , afin de démentir une nouvelle parue dans l’express ( voir hors- texte), Ramgoolam a expliqué qu’il n’est pas en négociation avec le MMM en vue d’une alliance électorale. « Je parle à tous ceux qui veulent discuter avec moi » , a- t- il précisé. En laissant entendre qu’il garde toutes les options de rapprochement ouvertes avec le MMM et le MSM, les deux partis d’opposition. Sauf qu’en tenant ce discours Navin Ramgoolam ne dit pas toute la vérité. Paul Bérenger, le leader du MMM, et Navin Ramgoolam ont tous deux joué le jeu en public. Chacun y est allé de sa formule pour confirmer à demi mot qu’ils ont bien « discuté politique » lors de leur rencontre de jeudi dernier. Or non seulement, c’est bien de rapprochement et d’alliance qu’ils ont discuté, mais les médiations se sont poursuivies cette semaine. Peu de membres du gouvernement et du MMM sont tenus au fait de l’état d’avancement des négociations – un mot que Bérenger et Ramgoolam prennent soin de ne pas employer en public. Au MMM, à part Paul Bérenger, seul Jayen Cuttaree est officiellement « mandaté » pour discuter avec les travaillistes. Tandis que dans le camp de Ramgoolam, Rashid Beebeejaun, Rama Sithanen et Xavier Duval sont tenus informés sporadiquement des développements. « Oui, on discute alliance » Ce que les leaders cherchent à cacher est pourtant ouvertement abordé par leurs lieutenants. « Oui, on discute d’alliance. Pour ce qui est des détails, seul le leader est habilité à en parler » , confie un haut responsable travailliste. Chez le MMM, le discours est plus précis « Rien n’est encore conclu. Mais les discussions sont arrivées à un stade avancé. On peut dire, que des deux côtés, il y a un désir et une volonté partagés d’arriver à un accord » , estime un proche de Paul Bérenger. A côté des canaux officiels, d’autres membres du MMM et du PTr entretiennent des contacts réguliers. « On se rencontre de temps en temps. On discute dans les couloirs du Parlement par exemple. Bien évidemment, nous ne sommes pas habilités à négocier au nom du MMM » , explique Alan Ganoo en éludant la teneur de ses « discussions » avec certains hauts responsables du gouvernement. Pourquoi donc Navin Ramgoolam prétend- il qu’il n’y a aucune négociation alors que des informations en provenance de son propre camp et celui d’en face le contredisent ? A vrai dire, Ramgoolam reste cohérent dans la stratégie qu’il a mise en place depuis plus de deux ans. Celui de diviser l’opposition en faisant croire tantôt au MSM ou au MMM qu’un rapprochement est possible avec le PTr. Dans le contexte actuel, Ramgoolam a trois bonnes raisons pour nier les négociations. Premièrement, le Premier ministre se doit de garder ses options ouvertes avec le MSM. Le parti de Pravind Jugnauth a pu croire qu’une entente tacite avait été scellée lors de la partielle du 1 er mars 2009 à Quartier Militaire Moka. Depuis, le MSM attend patiemment que le pacte soit officiellement conclu. Mais hier encore, Pravind Jugnauth a affirmé « qu’aucune négociation » n’est en cours avec les rouges tout en précisant que le PTR « n’est pas l’adversaire » du MSM. La veille, Ramgoolam tenait pourtant un autre discours : « Q ui a dit que je ne discute pas avec le MSM ? » Mais en l’absence d’une rencontre au sommet avec Pravind Jugnauth, le Premier ministre fait potentiellement allusion à d’autres discussions… hebdomadaires. Celles qu’il a avec le président Anerood Jugnauth, les jeudis, conformément à la Constitution. Au PTr, comme au MSM, les partisans d’une alliance entre les deux partis pensent que ces discussions officielles bifurquent de temps en temps sur le terrain politique. Deuxièmement, à plusieurs semaines de la tenue des élections, Navin Ramgoolam n’a pas intérêt à semer le trouble au sein de l’Alliance sociale. Si le Premier ministre est intervenu vendredi pour démentir une nouvelle de l’express à l’effet qu’un froid |