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08/01/2010
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Peggy Lam Po Tang photographe

“ Le Canada que j’aime”, c’est le titre de l’exposition que tient Peggy Lam Po Tang à partir de mardi au Musée de la Photo.

Emigrée dans ce pays depuis plus de trente ans, elle analyse avec beaucoup de justesse et d’émotion ce qu’est l’ailleurs et son influence sur l’identité profonde de chacun. Elle raconte ce qui a été le destin de centaines de milliers de Mauriciens, l’émigration, avec cette vision à la fois simple et profonde de l’artiste. Et puis il y a cette Chine où elle a été chercher l’indicible et qui le lui rend bien.

A travers la photographie, qu’elle a découverte il y a quelques années, Peggy Lam Po Tang a trouvé une forme d’expression qui sans doute lui permet de voir sous un autre angle les contours d’une identité qu’elle ressent quelquefois comme multiple et mystérieuse.

Photos d’identités

Pour beaucoup de personnes - a fortiori les artistes - revenir au pays est un moment d’émotion…?

C’est encore plus compliqué. A chaque fois que je reviens, je me dis que je devrais me sentir plus à la maison, plus chez moi à Maurice.

Je ne sais pas comment dire, mais je ne suis plus à la maison quand je suis ici. Pourtant tout m’est familier… c’est vraiment étrange.

Et à chaque retour vous espérez un sentiment d’appartenance ?

Oui, c’est un peu ça. Je me dis que plus je viendrais souvent, plus ce sentiment finira par venir à moi. Mais jusqu’à l’heure à chaque fois que je suis revenue à Maurice, j’ai découvert des choses nouvelles qui me font dire que je ne suis plus chez moi.

Et cela vous gêne ?

Oui, bien sûr. Car je n’oublie pas ce que ce pays m’a donné. Ce que ce pays m’a permis d’être. Et si je viens faire une exposition ici, c’est bien pour essayer, modestement, de rendre ce que Maurice m’a donné. Je me suis dit, si je me sens comme ça à propos de Maurice, c’est peut- être que je suis tellement bien intégrée au Canada que c’est sans doute devenu mon pays.

Des regrets ?

Je ne sais pas. Quand vous me posez toutes ces questions et que je suis incapable de vous répondre clairement, je me rends alors compte à quel point tout cela est confus, tout cela est troublant… Cette fois- ci surtout dans la mesure où je fais une exposition et j’ai essayé de revoir et de reprendre contact avec des amis que je n’ai pas vus depuis plus de trente ans.

Alors qu’à mes précédentes visites, c’était surtout les visites à la famille et des visites touristiques de l’île. J’ai pensé, cette fois- ci, qu’il était temps de me reconnecter avec le pays, de renouer connaissance. Et je me dis : peut- être que cela fera revenir mon sentiment d’être Mauricienne. Car, c’est mon enfance et toute une partie de ma vie qui sont ici.

C’est troublant de devenir étranger aux lieux de son enfance ?

C’est une sensation étrange, en effet. Car l’enfance est précisement le lieu où l’on devrait être chez soi. Revoir des visages, sentir des odeurs, entendre le bruit des souvenirs.

Demain matin je vais revoir une quinzaine d’amies de classe de Lorette de Port- Louis notamment que je n’ai pas vues depuis mon départ de Maurice en 1976… Je crois que ça va être super. Je veux aussi aller me plonger dans les petites villes, dans les petis villages de Maurice que je ne vois pas habituellement quand je viens. Et puis, bien sûr, je veux photographier Maurice. Ce qui sera d’une certaine manière pour moi de le regarder différemment.

Si je vous demandais : connaissez- vous ce pays où vous êtes née ?

Pour être honnête, finalement, je crois que je dois répondre non. Et d’une certraine manière rien qu’en m’entendant vous le dire, je me sens un peu déboussolée. Non seulement à cause du décalage horaire avec le Canada car je viens d’arriver, mais aussi cette sensation très profonde de ne plus être soi- même. Par exemple, cette perte d’indépendance totale qui fait que je dois toujours avoir quelqu’un qui m’emmene là où je veux aller. Je ne sais plus prendre le bus, je ne sais pas me déplacer ici.

Alors qu’au Canada, vous menez une vie de grande liberté, d’autonomie totale. Il ne vous vient même pas à l’idée d’appeler quelqu’un pour vous aider en quoi que ce soit. Ce que je dis peut paraître anecdotique, mais c’est très troublant de revenir en quelque sorte au stade de la dépendance dans la vie de tous les jours.

Je ne connais plus les rues de Port- Louis, j’ai perdu tous mes repères. On me dit en plus, fais attention à ceci à cela, aux voleurs, fais attention aux vagabonds. Tout cela fait naître des sentiments étranges. La première fois que je suis revenue à Maurice après avoir émigré au Canada, c’était après deux ans seulement. Tout m’était encore familier, ma mère était encore là. J’avais des repères.

Le temps, depuis, a estompé les repères…

Sans doute. Quand je suis revenue pour la deuxième fois, c’était dix ans plus tard, tout avait changé. Déjà le pays lui- même. J’ai vu des choses comme le Caudan et puis toutes ces choses qui me paraissaient un peu irréelles.

Ce qui avait changé dans le pays, ce n’est pas seulement les bâtiments, mais la disparition d’un certain exotisme. Cela peut faire rire sûrement mais quand je suis revevenue pour la première fois je me suis dis : Qu’est- ce que c’est exotique ici ! ( rires) C’est quand même étrange de trouver son propre pays exotique, non ? Je ne me rappelais pas qu’il y avait un cocotier devant ma maison. Quand je suis partie, il était très petit et quand je suis revenue il était là, très grand, visible à tous…

Les raisons qui vous ont fait quitter un jour Maurice pour émigrer au Canada sont- elles toujours présentes ?

Oui. Elles sont toujours là. Je me sentais très enfermée ici. Comme dans un corset.

Coincée. Je travaillais à Publico , une agence de publicité, pendant un an. J’ai beaucoup aimé, car j’étais dans un domaine que j’aimais beaucoup.

Mais quelque chose qui me faisait me sentir prisonnière à Maurice, c’est par exemple la difficulté pour une femme de marcher seule le soir. Il faut toujours qu’elle soit accompagnée.

C’est une forme de prison que de ne pas avoir de temps pour soi et pour soi tout seul.

De marcher librement, de faire ce que l’on veut. Et puis, je viens d’une très très nombreuse famille. Alors, il y a, toujours présente, cette pression de toujours rester dans le rang. De se conformer, de rentrer dans le moule et ce n’est pas facile.

… de rentrer dans le moule ?

Oui. Mais d’une manière générale, ce qui est difficile c’est d’être soi- même, de rester soimême en essayant de ne pas blesser les autres.

Vous les aimez, vous avez envie qu’ils soient bien, mais en même temps vous devez continuer à être ce que vous êtes. C’est un équilibre difficile à maintenir. Exercer sa liberté en respectant les autres est un exercice délicat...

Aujourd’hui encore ?

Non. Je n’ai pas besoin de ressentir ces choseslà au Canada. C’est aussi pour ça que je suis partie un jour. A Toronto, comme dans tous les grands centres, chacun y mène sa vie, fait ce qu’il veut. Votre désir de liberté ne gêne personne.

Mais de toutes manières je pense qu’avec le temps on trouve cet équilibre, même si c’est compliqué. Non je suis vraiment heureuse de mon choix d’avoir quitté Maurice il y a maintenant plus de trente ans. Je me sens être ce que je suis, ce que je voulais être. Et cela sans qu’il n’y ait aucune entrave. Sans les convenances qui vous emprisonnent.

Qui vous empoisonnent…

Oui, c’est terrible d’être prisonnier des convenances. Je me demande combien de vies ça a dû gâcher. A Toronto, c’est une société multiraciale et multiculturelle, il y a un tel mélange, un tel brassage. Et puis les gens sont ouverts aux nouvelles idées, aux nouvelles choses. Ils sont réceptifs à tout. Il y a la possibilité de s’épanouir, de devenir ce que l’on est vraiment. Mais ça c’est sans doute le propre des pays neufs. Les possibilité sont immenses, sans limites.

Vous êtes- vous déjà demandé si vous seriez devenue photographe si vous étiez restée en terre mauricienne ?

Comment répondre à cette question, qui semble simple mais qui est vraiment complexe ? Je faisais la photo quand j’étais aux Lorettes. Mais je ne l’ai pas fait longtemps… A cette période de la vie, il faut souvent se concentrer sur ses études académiques. Et c’est quand je suis partie au Canada que je me suis consacrée à la création, à l’art. J’aurais pu aller en France pour mes études, mais après les avoir terminées, il m’aurait fallu revenir à Maurice. Et ça je ne le voulais pas. J’ai travaillé pendant un an pour pouvoir faire mes études et ensuite j’ai été à l’université pour faire des études en Fashion Design . Je voulais étudier l’art, mais on m’a conseillé de faire quelque chose qui pourrait me faire gagner ma vie…

Vous voyez bien que là- bas aussi il existe des convenances, des espris formatés…

Oui, sans aucun doute, je n’ai jamais dit que le Canada était parfait. Mais vous voyez, je me retrouve quelques années après à revenir à mes amours. L’art et la création artistique. Je peins, je fais de la peinture sur soie, je suis photographe.

Je n’ai pas pu exercer longtemps en tant que fashion designer. Je n’ai pas vraiment aimé ce monde, cet univers. Tout est dans le look, le regard des autres, les apparences. Et vous vous rendez compte, après quelque temps dans cet univers, que vous perdez pied avec la réalité. Vous vivez dans un monde qui n’a rien à voir avec avec la vraie vie, avec les vraies gens. Les choses marchaient bien pour moi dans ce domaine, j’aurais pu y rester, mais à un certain moment j’ai senti que je n’arriverais pas à trouver l’équilibre. Tout est une question d’équilibre. J’admirais mes amis qui arrivaient à conserver, dans ce milieu, ce qu’ils avaient de profond. Pour moi c’était quasiment impossible en vivant dans ce milieu de la mode.

La quête d’une vie, c’est de se trouver une place entre soi- même et l’écume des choses ?

C’est une recherche perpétuelle. Ce n’est pas quelque chose que l’on trouve comme ça et qui vous est acquis pour toujours. C’est une chose qu’il faut lutter pour trouver et lutter pour conserver. Moi, en tout cas, et là, je parle de mon moi profond, de mon inner self, je crois que je suis toujours à sa recherche. Bien sûr, je pense que j’ai trouvé une certaine partie de moi- même, mais se connaître, savoir vraiment qui on est est un long exercice qui demande quelquefois, entre autres qualités, beaucoup de courage. Je ne pense pas que beaucoup de personnes trouvent cet équilibre entre la recherche de soi et la continuelle ouverture vers les autres.

Après votre installation au Canada, qu’est- ce qui vous a paru le plus difficile, qu’est- ce qui vous a demandé le plus d’efforts ?

Le plus difficile et de loin, je vais vous surprendre peut- être, c’est la comunication.

Quand je suis arrivée à Toronto je ne comprenais pas un mot de ce qu’on me disait. Et les gens non plus ne comprenaient pas mon anglais. C’est terrible les accents. Cela vous donne l’impression d’une autre langue que vous n’avez jamais entendue. L’anglais que nous parlons avec cet accent mi- français micréole n’est compréhensible que par nous.

J’étais inquiète de voir que personne ne comprenait un mot de ce que je disais. Notre anglais est truffé d’expressions britanniques qui ne sont pas comprises au Canada. Mais vous savez, j’avais un tel désir de m’intégrer dans cette société canadienne que tout cela m’a paru comme des détails. J’étais tout le temps en ville, j’étais tout le temps avec des Canadiens, j’avais décidé de ne pas rencontrer de Mauriciens. Car, si c’était pour mener une vie entre Mauriciens, j’aurais tout aussi bien pu rester à Maurice. Je me suis plongée dans la société canadienne avec passion.

Même le climat, qui est pourtant difficile, même ce climat ne m’a pas causé de problèmes.

Au contraire, j’aime beaucoup l’hiver.

Cela fait partie de ses choses nouvelles que j’ai découvertes et qui font aujourd’hui partie de moi. L’hiver m’est apparu, non pas comme un handicap, mais au contraire comme un défi. Un défi physique, un défi pour l’imagination. Que faire pendant ces longs mois d’hiver. J’ai découvert le patinage, le ski et tant de choses. Vous savez, quand vous voulez vous intégrer, quand vous voulez quelque chose, vous déplacez des montagnes.

Etre intégrée, cela a été quoi pour vous?

Ce n’est pas arrivé comme ça. Vous ne vous réveillez pas un matin en disant : ça y est, je suis Canadienne ! Cela prend du temps, c’est graduel. Cela m’a pris beaucoup de temps. La première fois où je me suis sentie comme faisant partie de ce pays, c’est quand je me suis mariée à un Canadien. Il y a quelque chose dans les rapports intimes avec quelqu’un qui vous connecte avec son pays. C’est souvent à travers une personne que l’on connait mieux un pays. Et puis je me suis définitivement sentie Canadienne quand mes enfants sont nés.

Mais même si je suis totalement intégrée, il y a des parties entières de moi qui sont toujours mauriciennes. Au Canada ce sont des problèmes qui sont discutés ouvertement. On parle de l’intégration ouvertement. Quand je suis avec mes amis par exemple, je me sens Canadienne, totalement Canadienne. Quand vous êtes dans une petite ville par exemple, c’est différent. Les gens peuvent vous regarder d’un drôle d’air. Ils vous demandent : vous venez d’où ? Et moi, bien sûr, on me dit : « Vous êtes Chinoise » ? Et bien sûr, quand vous répondez non, il en découle toutes sortes de questions.

Personne ne veut vous croire. A tel point que cela vous fait vous demander si Maurice est vraiment un pays qui existe. Quand on a les yeux bridés, quand on a des traits chinois, on ne peut pas être d’ailleurs que de Chine. Le pays d’où vous venez n’existe donc pas ! Vous passez beaucoup de temps à expliquer que c’est une île très petite où les gens ont des visages différents, qu’ils sont différents. C’est une curieuse sensation. Et c’est là que vous vous vous rendez compte que, quel que soit votre degré d’intégration, on peut continuer à vous regarder différemment. On vous classifie comme Chinese Canadian . On ne vous le dit pas comme ça parce que ce n’est pas politiquement correct, mais on le pense, c’est sûr.

Mes amis ne pensent pas comme ça. Mais ce courant de pensée existe dans le pays. Même si à Toronto, ce n’est pas vraiment le cas.

Vous parliez de cette difficulté de vous faire comprendre en anglais, le Canada francophone ne vous a jamais tentée ?

Le Canada français est, à mon goût, un peu trop sectaire. Les Quebécois sont tellement préoccupés par la défense du français qu’ils n’acceptent pas, ou acceptent mal tous ceux qui ne parlent pas leur langue. Mais c’est vrai que je me suis demandé pendant longtemps, à mon arrivée, pourquoi je ne me suis pas installée au Canada francophone. J’aime passionnément cette langue. Et puis je me suis rendue compte que mon choix d’aller au Canada anglophone vient peut- être de loin.

Aussi loin que je remonte dans mon enfance, j’ai le souvenir de nos parents, de nos amis disant toujours : les études anglaises sont meilleures. Et comme je voulais étudier, je l’ai fait en anglais… Je ne le regrette pas, dans la mesure où j’ai étudié dans une langue qui est parlée dans le monde entier. Ce qui ouvre des portes. Mais la chose que je regrette du Québec, c’est cette joie de vivre. Les gens rient, parlent, vous touchent, ont une joie de vivre absolument extraordinaire… Ils viennent vous parler même s’ils ne vous connaissent pas. Ce qui n’est pas le cas à Toronto. Il y a beaucoup de retenue. On ne montre pas ses sentiments.

Vous êtes partie en Chine retrouver les traces de votre père. Ce voyage vous at- il fait voir votre identité sous un nouveau jour ?

Ce voyage en Chine était très important pour moi. J’ai senti que j’appartenais un peu à ce pays. J’ai découvert des choses qui m’ont sans doute permis de mieux me comprendre.

Jeune, je ne voyais que le mauvais côté de ce pays qui était communiste et qui avait confisqué toutes les libertés. Aujourd’hui j’ai vu la terre de Chine, là où est né mon père et j’ai forcément une vision différente. Ce qui est bizarre, c’est que cela vous fait voir que chacun de nous est à multilple facettes. Je me suis dis : voilà je suis en Chine, je me sens Chinoise, je suis au Canada je me sens Canadienne, je suis à Maurice et me voilà Mauricienne. Et si finalement nous étions tous comme ça.

L’identité caméléon ?

( Rires) On peut dire ça comme ça. Un des aspects principaux d’une identité est sans conteste la langue. Si je me sens aussi Mauricienne, c’est que je parle toujours créole et que cette langue fait partie de moi, et quand je suis dans la rue à Maurice, cette langue me dit: tu es chez toi. Le créole est vraiment le ciment de l’identité mauricienne.

C’est en tout cas ce que je ressens même quand je suis en dehors du pays.

Regardez la magie qu’il y a à entendre quelqu’un parler créole quand vous êtes n’importe où dans le monde. C’est une vraie magie ça… C’est quelque chose qui vient du plus profond de chacun. Cette langue exprime le coeur et l’âme des Mauriciens. Elle dit ce qu’est un Mauricien.

Et vous savez- vous ce qu’est un Mauricien?

Vous me prenez au dépourvu, c’est une question qui n’est pas facile à répondre. Disons que moi comme Mauricienne, je ressens ce pays comme le pays de l’accueil, de la chaleur humaine et de la spontanéité. J’aime beaucoup le Canada, mais voilà une chose que l’on ne trouve pas là- bas. Cette spontanéité qui rend si agréables les relations humaines, qui permet des relations plus directes, plus authentiques. Ici on a les bras ouverts. Un vrai Mauricien pour moi c’est quelqu’un qui n’a plus de communauté, qui a tout dépassé. Et je ne peux pas dire si nous sommes dans cette voie ou pas, ne vivant pas assez ici. Mais je suis à Maurice et je sens une grande ouverture des gens, et une joie de vivre qui me touche beaucoup. Et puis cette manière qu’ont les Mauriciens de vous accueillir… C’est si émouvant…

« … Quelque chose qui me faisait me sentir prisonnière à Maurice, c’est par exemple la difficulté pour une femme de marcher seule le soir.

Il faut toujours qu’elle soit accompagnée. C’est une forme de prison que de ne pas avoir de temps pour soi et pour soi tout seul. »

« Le créole est vraiment le ciment de l’identité mauricienne.

C’est en tout cas ce que je ressens même quand je suis en dehors du pays. Regardez la magie qu’il y a à entendre quelqu’un parler créole quand vous êtes n’importe où dans le monde. »




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