Fin tragique pour une prostituée. Enceinte de huit mois, elle a été violée puis étranglée par trois habitants de Tranquebar avant d’être jetée dans un canal à Port- Louis. Ces derniers ont été arrêtés par la CID mais n’ont pas su expliquer leur geste.Fin tragique pour une prostituée. Enceinte de huit mois, elle a été violée puis étranglée par trois habitants de Tranquebar avant d’être jetée dans un canal à Port- Louis. Ces derniers ont été arrêtés par la CID mais n’ont pas su expliquer leur geste. Violée, tailladée et étranglée. Ledéchaînement de violence dont aété victime Marie- Ange Milazardans la nuit du 6 novembre dernier est encore dans tous les esprits. Mère de six enfants, la victime, qui se prostituait au Jardin de la Compagnie àPort- Louis, était enceinte de huit mois. Ses bourreaux avaient retenu ses services peu avant de la tuer. Les suspects - Dietmar Kinsley François( 21 ans), Ricardo Perrine ( 19 ans), et LouisJonathan Thomas ( 19 ans) –, tous des habitants de Tranquebar, ont été arrêtés trois jours après les faits par la Criminal Investigation Division ( CID) de Port- Louis Sud. Saisis de l’enquête, les officiers de la CID, mis au courant du métier de la victime, sontimmédiatement retournés au Jardin de la Compagnie pour interroger des prostituéesqui connaissaient la victime. Deux d’entre elles ont confié avoir été approchées le soirdu drame par deux adolescents qui souhaitaient retenir leurs services. Le troisième individu était resté, selon leurs dires, en retrait. « Elles nous ont expliqué avoir refusé de les suivre parce qu’ils paraissaient tendus et bizarres » , explique un policier proche du dossier. Loin de se décourager, les suspects se sont dirigés vers d’autres prostituéesavant de parvenir à convaincre Marie- Ange Milazar de les suivre. Cette dernière, enceinte de huit mois, nese doute pas un seul instant de ce qui l’at- tend. Marie- Ange Milazar suit les trois adolescents jusqu’à un site lugubre, jouxtantune salle de cinéma de la capitale. Sur place, les suspects auraient immédiatementimmobilisé la quarantenaire en lui liant les poignets avant de la rouer de coups. Puis, ils l’ont violée à tour de rôle. Et avant de prendre la fuite, ils lui tailladent différentes parties ducorps avec un couteauet étranglent la prosti- tuée avant de balancerson corps par- dessus la rambarde du pont de la rue Labourdonnais. Le corps atterritquelques mètres plus bas dans un ruisseaud’eau sale, au milieudes détritus. Un déchaînementde violence que nes’expliquent pas lesproches de la victime. « Oui, c’était une prosti- tuée, mais elle ne méritaitpas d’être traitée ainsi. On peut lui reprocher son mode de vie, mais ce qu’elle faisait, elle le faisait pour subvenir auxbesoins de sa famille » , lâche un proche. Incapables d’expliquer leur motivation Le corps de Marie- Ange Milazar sera retrouvé deux jours plus tard. Ce sont des passants, qui, apercevant le corps inerte, avertiront les policiers. L’aide du Groupement d’intervention de la policemauricienne sera même sollicitée pourextraire le corps du canal. L’examen postmortem , pratiqué par les docteurs MaxwellMonvoisin et Salim Saib, a attribué la cause du décès à une asphyxie due à lastrangulation. Forts des informations recueillies auprès des prostituées du Jardin de la Compagnie, les enquêteurs de la CID ont rapidementpu identifier deux des trois suspects. Interrogés, ces derniers ont fini par avouerles faits qui leur sont reprochés et ont également révélé le nom de leur complice. Ce dernier sera appréhendé peu après. Siles suspects ont reconnu avoir commis cecrime, ils ont par contre été incapables d’ex- pliquer leur motivation. « Ils n’ont pu ou toutsimplement pas voulu expliquer pourquoi ils se sont autant déchaînés sur la victime » , laisse- ton entendre du côté de la CID. Ils ont tous les trois comparu devant le tribunal de Port- Louis mardi sous une accusation provisoire de meurtre. Ils se sont également prêtés à un exercice de reconsti- tution des faits sous forte escorte policière. Les trois suspects sont ainsi revenus sur le déroulement de cette tragique soirée. A Roche- Bois, où résidait Marie- AngeMilazar, les premières émotions ont laissé laplace à une franche colère. « Ils ne pouvaientpas ne pas savoir qu’elle était enceinte. Commentdes gens peuvent- ils tuer ainsi une femme quiattend un bébé ? Ils doivent payer pour ce qu’ils ont fait » , lâche une amie de la victime. Cettedernière, qui se prostitue elle aussi à Port- Louis à la nuit tombée explique se méfierdavantage des « clients louches » . Guillaume GOUGES |