UN moine tibétain, réfugié politique en Inde, a dû modifier son voyage vers La Réunion en raison du refus des autorités mauriciennes de lui délivrer un laissez- passer de transit. Invité par l’association France- Tibet- Réunion et An Grèn Koulé r pour participer à des ateliers d’écriture, le Vénérable Bagdro a finalement pu accomplir le voyage en transitant par Paris, ce qui lui a demandé quatre fois plus de temps, dont deux nuits d’avion et le double du prix du billet initial. Son billet d’avion acheté auprès de la compagnie Air Mauritius lui aurait permis de venir de New Dehli à Saint Denis de La Réunion, en un peu plus de neuf heures, avec une escale de 55 minutes à Plaisance. L’ambassade de France lui a accordé son visa au vu de tous ses documents de voyage. En revanche, il s’est fait refouler au haut- commissariat de l’île Maurice à New Dehli, allègue Catherine Panot, une porte- parole de l’association France- Tibet- Réunion. Ses nombreux appels téléphoniques et courriels auprès du deuxième secrétaire au haut- commissariat de l’île Maurice à New Dehli, de l’ambassade de l’île Maurice à Paris, du Service des passeports et de l’immigration de Maurice ( Port- Louis et Plaisance) n’ont pas permis de débloquer la situation. Selon la porte- parole, la même réponse a été faite par toutes les autorités locales contactées : « Nous ne reconnaissons pas cette nationalité tibétaine. » Précédemment, six moines tibétains venus du sud de l’Inde avaient eux- aussi rencontré les mêmes difficultés. Leur arrivée à La Réunion avait été retardée d’une semaine. En ce qui concerne le Vénérable Bagdro, une lettre recommandée de demande de remboursement du billet de voyage inutilisé a été adressée au directeur de la compagnie Air Mauritius . « Le moine Bagdro, ex- prisonnier d’opinion, qui a été torturé trois ans dans les prisons chinoises du Tibet, a été libéré grâce aux interventions d’ Amnesty International . Il s’est réfugié en Inde une fois sa peine purgée, en franchissant les montagnes himalayennes et a pu être soigné en France » , écrit Catherine Panot dans une lettre envoyée à la presse. |