«La FCM ne fait plus le poids. »«Trois- quarts des projets annoncés ne sont pas réalisés. » Deux ans après sa création, la Fédération des créoles mauriciens (FCM) bat de l.aile. Les membres de la communauté créole semblent avoir perdu tout espoir, malgré le retour de Jocelyn Grégoire. FCM :le début de«La FCM ne fait plus le poids. »«Trois- quarts des projets annoncés ne sont pas réalisés. » Deux ans après sa création, la Fédération des créoles mauriciens (FCM) bat de l.aile. Les membres de la communauté créole semblent avoir perdu tout espoir, malgré le retour de Jocelyn Grégoire. FCM :le début de I l est revenu. Six mois après sa dernière visite, Jocelyn Grégoire, président de la Fédération des créoles mauriciens ( FCM) est de nouveau à Maurice et entame des réunions et autres fonctions à un rythme effréné. Ainsi, après six mois d’hibernation, la FCM revit de nouveau : Jocelyn Grégoire s’affiche dans les médias. Mais sur le terrain, cette routine semestrielle d’activités ne convainc pas. A l’image de la réponse d’un habitant de Ste- Croix sur ce que lui inspire aujourd’hui la FCM : « Rien. » A moins d’un an des élections générales où la fédération sera appelée à jouer un rôle important, l’espoir qu’une partie de la population avait conféré à la FCM s’effrite. Au point de la laisser indifférente aujourd’hui. Deux ans après la création de la FCM, les déclarations sceptiques des membres de la communauté créole se rejoignent pratiquement toutes aujourd’hui : « L’objectif de la FCM est de faire bouger les choses pour les créoles et de leur garantir les opportunités qui leur sont injustement refusées. Mais où en sommesnous aujourd’hui ? Toujours à la case départ » , déclare Jean- Pierre*, un jeune de 22 ans. « Jocelyn Grégoire a essayé de faire pression sur Navin Ramgoolam. Qu’est- ce qui a changé ensuite au niveau du recrutement dans la fonction publique ? Rien. C’est la preuve que la FCM et Jocelyn Grégoire ne font pas le poids » , déclare Rosemay*, la cinquantaine, sur un ton cinglant. Au premier abord, la principale raison de cette fracture évoquée par la base sociale et politique de la FCM est l’absence du président de la fédération, Jocelyn Grégoire, pendant six mois chaque année. Un manque de visibilité de l’action de la FCM que reconnaît Stéphane*. Ce membre actif depuis deux ans reconnaît que la fédération annonce beaucoup de projets, mais dont les trois- quarts ne sont pas réalisés. « Jocelyn Grégoire, ce n’est pas Martin Luther King » « Quand Jocelyn Grégoire n’est pas à Maurice, les rencontres du comité se font de manière irrégulière. Les structures se relâchent. Ce n’est pas forcément la faute à Jocelyn Grégoire, c’est juste que lorsqu’il n’est pas là, personne ne fait rien. » Toutefois, au fur et à mesure que les langues se délient, il se ravise et finit par déclarer : « Jocelyn Grégoire, ce n’est pas Martin Luther King. Il parle d’éducation mais n’est pas un spécialiste. Il refuse de s’entourer de conseillers. Pour le rassemblement au Champ- de- Mars on a dû insister lourdement pour que d’autres personnes obtiennent le temps de parole. » La FCM se reposerait donc trop sur Jocelyn Grégoire, qui ne se fait pas prier pour faire son one- man show , comme le qualifie ce membre. Toutefois, au sein de l’exécutif de la FCM, on se défend : « Nous travaillons dans l’ombre. Quand Jocelyn Grégoire s’en va pour six mois, il nous laisse du travail et nous poursuivons la cause » , explique Marie Anne Laganne, secrétaire de la FCM. « Nous prenons du temps, certes. La Fédération n’a que deux ans après tout. Ces personnes critiquent, mais elles n’assistent pas à nos réunions. Elles ne sont présentes qu’aux séances de Jocelyn Grégoire. On a du mal à répondre à leurs besoins si on ne les connaît pas. Ces gens n’ont pas encore été apprivoisés » , déclare- t- elle, avant de rajouter : « Excusezmoi l’expression. » Cette sur- dépendance à Jocelyn Grégoire s’explique par le fait qu’il « est le seul parmi nous à pouvoir mobiliser autant de monde, comme il l’a fait au Champ- de- Mars » , selon Marie Anne Laganne . Face à ces observations, le principal concerné dit toutefois décliner volontiers ce rôle de messie. « Le principe de base de la FCM est que l’avancement de la communauté créole ne peut dépendre d’une seule personne. Je ne suis ni messie, ni sauveur. Il ne faut pas attendre de moi des miracles. Je pars pour six mois à l’étranger pour que les autres membres de l’exécutif |