UN singe blessé qu’on fait dandiner en l’attrapant par la queue… quitte à ce que quelques- uns de ses os se brisent. D’autres sont gardés dans des cages trop petites ou seraient arrachés à leurs parents alors qu’ils sont encore des bébés. C’est le sort qui serait réservé à des singes destinés à l’export. Et cela se passerait à Maurice. Ces images sont en train de circuler sur le Net. C’est ce qui ressort d’une « investigation majeure » réalisée par une organisation britannique de défense des droits des animaux, la British Union for the Abolition of Vivisection ( BUAV). Elle vient de publier un rapport intitulé « Trading in cruelty » , qui traite en long et en large de la « cruauté » à laquelle est soumise ces primates, plus précisément les macaques à longue queue ( Macaca fascicularis). Le contenu de cette enquête a également été abordé dans une dépêche de l’agence de presse américaine, Associated Press, mardi, intitulée « Report : Monkeys harmed by trappers in Mauritius » . Interrogée par l’express, Sarah Kite, directrice des projets spéciaux de BUAV, explique que l’étude a duré de 2009 à 2010. Durant leur investigation, les enquêteurs ont infi ltré les réseaux de capture et d’approvisionnement de ces singes tout en fi lmant à l’intérieur des fermes de primates. Outre les exemples de cruauté avant leur exportation, l’enquête de la BUAV regorge d’exemples de ce qui est fait aux singes à leur arrivée dans les laboratoires. « 18 macaques à longue queue ont été infectés avec des doses variées du virus du chikungunya… Les singes ont développé fi èvre, éruptions cutanées graves et saignements de gencives. Certains d’entre eux en sont morts » , rapporte l’enquête. Maurice compte quatre exportateurs de singes, notamment Bioculture , Noveprim, Biodia et Les Campêches qui exportent « un total de 10 000 singes » . La BUAV fait savoir qu’un cinquième exportateur vient d’être annoncé : Prima- Cyno . « C’est un gros business à Maurice et il se développe davantage » , lâchent les rédacteurs du rapport. Interrogé , Bruno Julienne, directeur de Noveprim, a indiqué ne pas vouloir commenter l’article en question dans la mesure où il ne l’avait pas encore lu. Ajoutant que toute communication des exportateurs mauriciens de macaques passe désormais par la Mauritian Cyno Breeders Association ( CBA), présidée par Owen Griffi ths. Nous n’avons pu contacter ce dernier qui est absent du pays en ce moment. Bioculture, compagnie dirigée par Owen Griffi ths, est aussi brièvement mentionnée dans l’article. Le directeur de Noveprim de préciser que cela fait quelques mois maintenant que sa compagnie a arrêté de capturer des singes. Il est prévu que la CBA fasse une déclaration sur la question aujourd’hui. Contacté, Vikash Tatayah, Conservation Manager à la Mauritian Wildlife Foundation , attend lui aussi de lire l’article dans son intégralité avant de se prononcer. Il est toutefois d’avis qu’il faut prendre la nouvelle avec une pincée de sel. « Certaines organisations militant pour le droit des animaux sont parfois extrêmes dans ce qu’elles font… Et puis, quel que soit les animaux qui sont exportés, j’imagine qu’il y a un contrôle rigoureux exercé par le ministère de l’Agroindustrie pour prévenir toute forme d’abus… » La BUAV est connue pour faire des recherches ainsi que des enquêtes secrètes dans des laboratoires. Elle s’est récemment attaquée aux tests effectués sur les animaux dans le laboratoire de l’université de Cambridge. «18 macaques àlongue queue ont été infectés avec des doses variées du virus du chikungunya. » Corinne MINERVE |