dimanche 14 mars 2010
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
DOSSIER

19/03/2005
Title:La Franc-maçonnerie réaffirme sa présence
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Sauvegarder

Partager et classer cet article

Signal fort : les francs-maçons communiquent. Leur code de conduite — qui leur interdit de dévoiler les rites initiatiques de la loge, ainsi que l’identité des frères maçons – ne les empêche pas de répondre aux «questions honorables et de bonne foi». La consécration de la Grande Loge de Maurice, le 12 mars, n’a pas eu lieu dans le secret d’un temple mais bel et bien au Centre de conférences Swami Vivekananda à Pailles.

L’attitude a de quoi intriguer. D’autant plus que l’identité du Grand maître élu de la Grande Loge de Maurice est rendue publique. Il s’agit de Lindsay Descombes, OSK. Avec bienveillance, il nous explique que le choix de la date du 12 mars est «doublement symbolique. En termes numérologiques, le chiffre 12 (1+2) équivaut à 3; mars est le troisième mois et l’année 2005 donne 7 (2+0+0+5). Les nombres 3, 5 et 7 sont hautement symboliques en franc-maçonnerie.»

Selon lui, le statut de Grande Loge indépendante et souveraine permettra «d’entreprendre des actes ponctuels au service du pays, dont des actions de bienfaisance». Lindsay Descombes précise qu’il existe sept loges à Maurice, «répandues à travers l’île. Les lieux de rencontre ne sont connus que des membres». Selon lui, la création de la Grande Loge de Maurice a été rendue possible grâce à la Grande Loge nationale française, présente chez nous depuis 1992, et qui a affranchi les sept loges locales qui étaient sous sa tutelle.

Au chapitre de la cohabitation à Maurice entre loges d’obédiences française, anglaise, écossaise et irlandaise, le Grand maître élu déclare: «cela se passe très bien. Nous ferons une demande de reconnaissance auprès de la Grande Loge d’Ecosse et de la Grande Loge d’Irlande dans les jours à venir.»

Quant au système de cotisation, «il est déterminé par chaque loge, en fonction de ses frais propres – location du bâtiment, entretien des biens, décoration intérieure. Cette cotisation comprend une quote-part versée à la Grande Loge. Celle-ci se réunira très prochainement pour fixer cette quote-part.»


Acteurs de l’Histoire


Dans La franc-maçonnerie à l’île Maurice, livre publié aux éditions La Vauverdoise, Louis Rivaltz Quénette cite le 18 décembre 1778 comme date de création de la loge de la Triple Espérance, la première de Maurice. Cette première réunion, cinq ans après la fondation du Grand Orient de France, a lieu à la rue La Corderie.

Pourquoi «Triple Espérance»? Il existe au moins trois possibilités : des demandes pour la création de trois loges distinctes, le besoin de régulariser trois loges locales auprès du Grand Orient de France. Selon Rivaltz Quénette, le document fondateur mentionne trois Orients : l’Isle de France, l’île Bourbon et le Cap de Bonne Espérance.

Troisième piste : les trois officiers de la marine française qui prirent l’initiative de créer la loge maçonnique locale. La Triple Espérance est autorisée à «prendre rang parmi les loges françaises» à partir du 21 décembre 1778.

Le premier des douze principes de la Grande Loge de Maurice stipule que «cette fraternité initiatique a pour fondement tradition- nel la foi en Dieu». La franc-maçonnerie précise qu’elle est ni une religion, ni le substitut d’une religion. «Elle n’impose pas de doctrine théologique et refuse tout débat religieux dans ses loges.»


Relations avec l’Eglise


Tout en «n’interférant pas avec la pratique personnelle des membres», la franc-maçonnerie écarte l’athéisme et attend de ses membres la fidélité à leur foi. Ainsi, «ils prêtent serment sur ou en présence de la Bible ou du livre tenu sacré par eux, et qui reste ouvert durant toutes les réunions».

La franc-maçonnerie postule qu’il serait «difficile de prétendre faire une recherche spirituelle si l’on ne croit pas à l’existence d’un monde spirituel».

Le 24 avril 1778, le pape Clément XII condamne la franc-maçonnerie par une bulle connue comme In Eminenti Apostolatus Specula. Elle ne fut jamais homologuée par le Parlement de Paris et n’eut pas force de loi dans l’ancienne Isle de France.

Rivaltz Quénette nous rapporte que dix ans plus tard le curé de la paroisse de St-Louis sollicite l’aide la loge de la Triple Espérance pour la création d’un Bureau de Charité. Les membres de la loge, réunie le 15 janvier 1788, décident d’y consacrer 2 000 livres annuellement.

Mais les relations ne sont pas toujours aussi cordiales. Le Père Laval établit la première Conférence de Saint-Vincent-de Paul à Port-Louis. Parmi ses objectifs : «concurrencer et dépasser les francs-maçons qui se faisaient admirer et accepter comme société de bienfaisance.»

C’est dans la «Salle des Pas Perdus» de la loge de la Triple Espérance qu’ont lieu les premières élections municipales, à la suite desquelles l’un des membres influents de la loge, Louis Léchelle est appelé à être le premier maire de Port-Louis. Les élections ont lieu du 21 au 23 février 1850. Louis Léchelle officia huit fois au rang de Vénérable de la Triple Espérance. Il est maire de Port-Louis de 1850 à 1853 et en 1856. Le premier gouverneur britannique, Robert Farquhar, adhère à la Loge de la Paix.


Tirage des loteries


Une reconstruction partielle de la loge, entamée en octobre 1936, est rendue possible grâce à une subvention de la municipalité de Port-Louis, sur l’initiative d’un membre et conseiller municipal, le Dr Edgar Laurent.

C’est aussi dans les locaux de la loge que se tient, le 18 janvier 1853, une réunion publique pour trouver des fonds pour l’érection d’une statue de Mahé de Labourdonnais.

Le 16 novembre de la même année, Quénette nous rapporte qu’«environ 300 membres du corps agricole s’y réunirent pour former une société agricole qui devint plus tard la Chambre d’Agriculture.»

En décembre 1877, 1 500 planteurs se réunissent dans la loge pour protester contre un projet de loi donnant au gouverneur colonial des pouvoirs exécutifs pour la protection de la main-d’œuvre indienne immigrée.

Les locaux de la loge maçonnique accueillent aussi des événements tels que le tirage des loteries du Mauritius Turf Club ou les répétitions d’une troupe dramatique et lyrique.

Parmi d’autres initiatives citoyennes, des enfants placés sous sa protection lors de l’épidémie de choléra en 1854. Ils sont alors mis en apprentissage jusqu’à leur majorité. Des moyens percutants d’assurer la pérennité de ce qu’il convient d’appeler un réseau. N








Lire aussi...
Actualités
Loto : Quatre parieurs remportent 5,7 millions chacun
Génération Y
Jean Reno en chef de clan et Thierry Lhermitte en chef d’orchestre
Sports
Volley-Ball : Camp Ithier bat Cosfa de Madagascar
Opinion
A New Republic in the Making?
A la Une
Troubles à Ste Croix : Quatre policiers blessés après des incidents les opposant à des jeunes
Mauriciens d'ailleurs
Fête nationale : Quand le mauricianisme dépasse nos frontières
Breaking News
Loto: Les numéros gagnants du tirage du 13 mars: 2, 4, 6, 9, 19, 29.
l’express Weekly
Independence Day : The quest for identity
l’express ID
La nation évolue
l’express et moi
Indépendance : Koze Moris
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|l’express Weekly|l’express ID|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2008 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus