Ils ont toujours agi dans la discrétion voire le secret. Mais de temps en temps, ils se dévoilent. Pour faire connaître le mouvement mais aussi, sans cependant jamais l’avouer explicitement, pour se faire de nouveaux adeptes. C’est ainsi que la présidente mondiale de la Grande Loge féminine de France (GLFF), Marie-Françoise Blanchet, et quelques franc-maçonnes mauriciennes ont fait face à la presse hier. Présentation de cette loge et des deux branches mauriciennes, celle de la Rose de l’Aurore et du Flamboyant.
Ces loges sont à 100 % féminines. Elles ne sont ni une religion, ni une secte, précise Marie-Françoise Blanchet. Avec 10 000 membres en France et 1 500 dans une trentaine de pays, dont 35 à Maurice, les franc-maçonnes de cette obédience ont pour objectif de construire un monde meilleur dans la liberté, la fraternité et l’égalité.
“A 35 ans, j’étais une femme heureuse et épanouie. Mais je sentais qu’il me manquait un petit quelque chose et c’est à ce moment qu’un ami m’a proposé la franc-maçonnerie”, déclare Marie-Françoise Blanchet qui, depuis, a trouvé “cette petite étincelle” et a donné à sa vie “ une dimension supplémentaire” à travers les rites, “la réflexion spirituelle sans religion et les réflexions profonde” sur un large éventail de sujets avec ses sœurs de la loge.
Celles de la Rose de l’Aurore et du Flamboyant sont ouvertes à toute Mauricienne qui a envie d’être franc-maçonne, qui cherche à s’améliorer, à changer sa vie, à se remettre en question et à améliorer la société, affirme Marie-Françoise Blanchet. “Cependant la franc-maçonnerie n’accueille pas les extrémistes politiques et religieux”, affirme-t-elle. Se faire franc-maçonne dans la loge de la Rose de l’Aurore semble simple de prime abord.
Il faut faire la demande en écrit à Anne Ducler des Rauches à la rue Harris à Port-Louis. Et savoir si on sera accepté est une autre chose car la loge cherchera à connaître avant tout la motivation de l’intéressée. Et si elle est acceptée après vote des membres, elle doit passer par une période d’initiation. “J’ai connu des gens qui ont attendu plus de deux ans avant d’être acceptés. Ceux qui y viennent en espérant que leur appartenance à la franc-maçonnerie favoriserait leurs ambitions professionnelles et matérielles s’en vont très vite”, explique Marie-Françoise Blanchet. Les membres de la loge de la Rose de l’Aurore se réunissent au n° 1 de la rue Harris dans la loge des membres de la Triple Espérance deux fois par mois. Celles qui sont en initiation ont une réunion supplémentaire chaque mois.
Marie-Françoise Blanchet a accueilli la presse dans la loge de la Triple Espérance hier. Les journalistes qui s’attendaient à découvrir dans ce bâtiment les mystères et les secrets liés à la franc-maçonnerie sont restés sur leur faim. La salle aux murs nus ne porte aucune inscription ou signe particulier, même pas un simple triangle. La seule satisfaction : la liste de tous les hommes qui ont présidé à la destinée de la loge de la Triple Espérance depuis sa mise sur pied à Maurice en 1778. A la tête de cette loge en 2003, Laguette P. A. Reynolds. Un parfait inconnu pour le grand public. Et ce n’est pas demain la veille que la franc-maçonnerie lèvera totalement son voile aux non-initiés.
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