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PUBLICATION

07/04/2008
Title:Maçons frères de l’ombre
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Surtout ne pas s’y tromper.

«Ne croyez pas qu’enfin, vous allez connaître les secrets de la franc-maçonnerie». Rivaltz Quenette a l’oeil qui plisse. Il sait. Combien son sujet intrigue. Il sait. Combien la fraternité maçonnique fascine. Il sait. Combien persistantes sont les images d’hommes aux bras longs.

Lui, auteur du second tome de La franc-maçonnerie à l’île Maurice 1879-1939, a pris son parti. Dans cet ouvrage lancé samedi dernier, «je ne parle pas des francs-maçons mais de l’histoire de mon pays, des personnalités maçonniques engagées dans le monde politique».

Et elles sont légion. Nous dirons même plus. Elles y sont toutes. Toutes celles qui ont compté. De sir William Newton à sir Rampersad Neerunjun. De Louis Léchelle, premier maire de Port-Louis à quantité de ses successeurs.

Choix stratégique de l’auteur : ce tome – le dernier – s’achève avec l’initiation, le 5 février 1938 de sir Seewoosagur Ramgoolam. Rivaltz Quenette écrit : «Les obligations politiques dérangèrent longtemps le parcours maçonnique du tribun. Le 24 novembre 1975, il reprit son tablier et se fit affilier à la loge Mozart, dans les locaux du Grand Orient de France, à Paris. Le 1er avril, il se retrouva à la Chambre Symbolique et au Chapitre de La Triple Espérance et obtint, à titre honorifique, le 33e degré du Rite Ecossais Ancien Accepté. Sir Seewoosagur Ramgoolam contribua largement au succès des célébrations qui marquèrent le bicentenaire de sa loge et, par voie de conséquence, de l’implantation de la franc-maçonnerie à l’île Maurice».

Travail de démystification, de légitimation ? Nous sommes libres de nos hypothèses. L’auteur lui s’abrite derrière la «neutralité» de l’historien. Explique qu’il a «voulu être serein».



«Travail de
démystification,
de légitimation ?
Nous sommes
libres de de
nos hypothèses.
L’auteur lui,
s’abrite derrière
la «neutralité»
de l’historien»




Pour aborder des épisodes sensibles. Les «exigences de tolérance et de fraternité qui butèrent souvent sur les écueils d’ethnicité. Pire de considérations épidermiques », comme l’écrit Rivaltz Quenette en préface. «Et que dire des interdits (...) la traque de la confraternité se fit sentir jusque vis-à-vis des institutions les plus respectées de l’île».

C’est quasiment à la manière d’un thriller que nous suivons l’affaire de l’Alliance française. Ou plus exactement, la croisade de monseigneur Léon Meurin, évêque de Port-Louis de 1887 à 1895, qui, «dans sa traque des loges, privilégiait tout ce qui était susceptible d’asservir les esprits».

Cet évêque, qui s’est distingué en publiant à Paris, «pas moins de 556 pages de dénonciation de la franc-maçonnerie, sous le titre pompeux La Franc-maçonnerie, Synagogue de Satan», alerte Rome et le Saint-Siège, face à «l’incontestable rayonnement de l’Alliance française». Et si les autorités catholiques font remarquer que «le Saint-Siège n’a aucune juridiction sur l’Alliance française qui n’est pas une société confessionnelle», Mgr Meurin ne s’avoue pas vaincu. «Il s’investit du droit d’exercer son veto contre maintes activités de l’Alliance qu’il considérait «un mépris de l’autorité ecclésiastique intolérable», tels les concours littéraires organisés par celle-ci. Là où les catholiques étaient susceptibles de trouver «des textes d’auteurs jugés antichrétiens. Maçonniques, sans doute», raconte Rivaltz Quenette. Jusqu’à l’intervention du consul de France d’alors, président d’honneur de la branche locale de l’Alliance.

Une tranche d’histoire que l’auteur prend soin d’étayer en plaçant en annexe de cet ouvrage d’un peu moins de 200 pages, une somme de documents : minutes de réunions, courriers officiels, actes notariés. Toutes lectures fort instructives. Rivaltz Quenette confie que c’est avec «Marcel Cabon que j’ai eu le goût de la documentation». Il raconte que quand ce dernier a écrit les biographies de Rémy Ollier et de Laurent Rivet, Marcel Cabon lui a confié une partie du travail en amont de l’écriture. «Et puis je suis tombé dans une section où il y avait beaucoup de littérature».

Clin d’oeil à ses 35 ans de carrière à l’Assemblée nationale. Trois décennies qu’il jure qu’il n’écrira pas. «Parce qu’il y a trop de personnes en jeu». Une délicatesse que l’on retrouve quand on l’interroge sur une suite éventuelle de cette histoire de la franc-maçonnerie. Le premier tome couvrant la période 1778 – 1878 est sorti en novembre 2006. Non, dit Rivaltz Quenette. Par égard pour les familles.


Tiré à 600 exemplaires numérotés. Disponible en librairie









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