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Alain Kistnen: «C’est trop facile de tout mettre sur le dos des employés»
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Jean-Yves Chavrimootoo  |  18/04/2009

Le porte-parole de la Union of Bus Industry Workers et employé de la Corporation Nationale de Transport (CNT) revient sur les difficultés de la compagnie.

La situation financière de la CNT est, en effet, dans le rouge alors que les dettes s’accumulent. Le fournisseur de carburants a menacé de fermer le robinet pour factures impayées. Rs 16 millions ont été avancées par la banque alors qu’un rapport de Deloîtte & Touche, commandité par le gouvernement, fait état d’un surplus de 600 employés au sein de la compagnie.

Quelle est votre évaluation de la situation au sein de la CNT?

Nous savons que la situation est alarmante, que les finances sont dans le rouge. Mais nous ne pouvons pas, à ce jour, situer avec exactitude l’ampleur du problème faute de données exactes. Nous avons pris connaissance des chiffres que nous a communiqués la direction. Des chiffres qui diffèrent de ceux de la NTA et également de ceux du ministère du Transport. Il est impossible pour nous de juger de l’amplitude de la crise financière dans laquelle se retrouve la CNT. Ceci dit, il faut savoir que la CNT a sa raison d’être de part sa vocation sociale. Nous sommes les seuls à offrir un service de nuit. Nous avons des services spéciaux pour les jours de fête et les jours fériés. Nous sommes les seuls sur la route juste après les cyclones et nous desservons des lignes non rentables.

La direction a parlé d’enveloppe salariale lourde. Comment réagissent les employés?

Les employés de la CNT sont très inquiets. Il s’agit de notre emploi. D’autant plus que la direction semble vouloir mettre plein de choses sur la masse salariale. Nous savons aussi que dans la plupart des cas, les plans de restructuration préconisent le dégraissage au niveau du personnel. Nous mettons d’ailleurs en garde la direction à ce sujet. Nous ne cèderont pas sur cette question. C’est trop facile de tous mettre sur le dos des employés. Nous demandons avant toute action, une enquête approfondie sur les finances de la compagnie et une évaluation de la performance au niveau du management. C’est à la lumière de cela que le ministère de tutelle pourra aller de l’avant avec la réorganisation de la CNT. Nous approuvons l’idée d’un plan de reforme mais il ne doit pas émaner des personnes à la direction de la CNT. Le ministère est déjà en présence de deux rapports, l’un de la compagnie Deloîtte & Touche et l’autre du Mauritius Audit Bureau. Il faut que les représentants des travailleurs puissent prendre connaissance de ces rapports. Nous souhaitons pouvoir contribuer afin de sauver notre entreprise.

A quoi attribuez-vous les problèmes financiers de la compagnie?

Deux items pèsent très lourds dans les dépenses de la CNT. Le coût du carburant et l’approvisionnement des pièces de rechange. Certes, ces sont deux items essentiels mais il n’empêche qu’on peut réduire la facture à ce niveau. D’autre part, il faut savoir que le transport illégal est une vraie catastrophe pour nous. Il y a quelques années la CNT avait, sous la présidence de Toenarain Chumaroo et en collaboration avec la police et la NTA, mené une série d’opérations pour sévir les transporteurs dits «taxis marrons» sur une durée de plusieurs mois. Le surplus de recettes, suite à ces actions, avait été évalué à plus de Rs 2 millions par mois.

Quelles sont les solutions que vous préconisez?

Pour ce qui est des pièces de rechange, nous souhaitons voir la corporation traiter directement avec les maisons mères. Nous sommes de gros consommateurs de pièces et je ne vois pas pourquoi nous ne pouvons pas passer nos commandes directement. Eliminer les intermédiaires et autres agents réduirait substantiellement le prix que nous payons actuellement. D’un autre côté, nous disposons d’une flotte gourmande en diesel. La majorité de nos autobus ont une puissance de 180 chevaux alors que nos concurrents exploitent des engins moins puissants de 125 à 160 chevaux. Ces derniers sont tout aussi efficaces mais hautement moins demandeurs en carburant. L’élimination du transport illégal est, enfin, la responsabilité de la police et de la NTA. Nous souhaiterions aussi voir une stratégie globale et définie qui viserait à encourager les Mauriciens à laisser leurs voitures à la maison et prendre le bus. Cela passe obligatoirement par l’achat de bus fiables et confortables et par une solution durable pour ce qui de la décongestion de nos routes. La première partie est de notre ressort alors que la deuxième partie doit venir du gouvernement.

    
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