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Paula Atchia: «L’avortement est contre les droits de la femme»
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Nazim Esoof  |  10/04/2009

L’enseignante, qui se dit aussi féministe activiste, fait son réquisitoire contre l’avortement.

Pourquoi êtes-vous contre l’avortement?

Je suis contre l’avortement comme action et aussi comme projet de loi. Car l’avortement implique la mort d’un être vivant. Au moment de l’acte, le bébé peut ne pas être encore viable mais il le devient après un certain temps. Dans certains pays, on tue des fœtus féminins, arrivés à un stade de développement avancé, parce qu’on ne veut pas de filles. On pratique une sorte d’infanticide sélectif. A termes dans certains pays, on se retrouve avec une population qui a un nombre insuffisant de jeunes pour le marché du travail. A la longue, l’avortement culmine à l’euthanasie.

 

Comment l’avortement peut-il aboutir à l’euthanasie?

Quand on tue un enfant en disant que son corps étant sa propriété et que, par conséquent, on en dispose comme on veut, on peut utiliser le même argument pour mettre fin à ses jours. J’insiste: avec l’avortement, on tue un enfant. Or, il y a d’autres initiatives qui peuvent être prises qui ne sont pas aussi fatales qu’un avortement. Comme l’adoption. Il y a des millions de femmes qui souhaitent adopter un enfant surtout venant des pays pauvres. En définitif, l’avortement est contre les droits de la femme.

N’est-ce pas justement le droit de la femme que de décider si oui ou non elle veut pratiquer un avortement?

Il faut surtout retenir que c’est la femme qui paie moralement pour l’acte. L’homme, lui, ne paie qu’une somme d’argent, Rs 4 000 ou Rs 5 000. Mais la femme, elle, porte sa souffrance durant des années. Je connais une femme qui, 20 ans après, pense toujours à cet enfant qu’elle a perdu. Il faut aussi se dire que s’il y a une femme qui ne veut pas d’un enfant qu’elle porte, il y a, à côté, des dizaines d’autres qui en veulent. On doit pouvoir trouver, à Maurice et à l’étranger, des familles d’adoption. Mais ce sera surtout un travail d’organisation. L’Etat se doit d’assumer ses responsabilités en ce sens.

Vous maintenez que même une femme violée doit garder son enfant?

On enregistre effectivement beaucoup de cas de viol à Maurice. Je dirai qu’il faut d’abord s’assurer que la victime d’un viol voire d’un inceste ne se retrouve pas enceinte. Une fois que le cas est rapporté, il faut immédiatement réaliser des tests médicaux préliminaires. Ensuite une deuxième série d’actions médicales doit être prise, comme un curetage.

Celles et ceux qui sont pour l’avortement disent que des personnes comme vous n’agissent qu’au nom de la morale et de la religion et que votre position n’a aucune prise sur la réalité…

J’ai effectivement entendu ce genre de discours. Notre position ne serait que purement éthique ou religieuse. Je voudrais seulement dire que je suis catholique mais ce n’est pas toujours que je m’aligne sur la position de l’église. Je pense, par exemple, que l’église a tort lorsque, dans le passé, elle n’a pas accepté que tous les moyens de contraception sont préférables à une grossesse non-désirée. Pour éviter une grossesse, il faut pouvoir utiliser des moyens de contraception. Il faut pouvoir comprendre la femme, qui a déjà trois ou quatre enfants et qui est pauvre, qui ne veut pas d’un nouvel enfant. Il faut donner une porte de sortie à cette femme. Mais je précise, l’avortement n’est pas une méthode de contraception.

    

Commentaires

Par:-Nobull
Non mais franchement, Mme Atchia, vous vous prenez pour qui et vous nous prenez pour qui? Je vous dit, sans detour, que vous vous foutez le doigt dans l'oeil jusqu'au coude. Vos propos sont revoltants.
Par:-Alive Evil
Pour une fois que j'ai un peu de temps libre pour lire L'express, il faut que je tombe sur un article aussi énervant que celui-ci. Enervant pour plusieurs raisons : 1 – Madame Atchia dit que que l’IVG (interruption volontaire de grossesse) est la mise à mort d’un être vivant mais reconnaît que le fœtus n’est pas encore viable au moment de l’IVG… CQFD ! 2 – Quel horrible amalgame entre l’IVG et les infanticides sauvages réalisés dans certains pays où le fait d’avoir une fille constitue une faiblesse sociale. Les buts sont clairement différents, sauf pour ceux qui veulent faire de la démagogie. 3 – Autre amalgame honteux entre IVG et euthanasie ! Certes dans les 2 cas, il y a la notion de volonté mais la ressemblance s’arrête là. Encore une fois dans l’IVG, il s’agit d’un amas de cellules, on ne tue pas un enfant. Même si cette définition n’est pas consensuelle, il s’agit de celle la plus communément admise. Il est donc nécessaire d’avoir une réflexion éthique poussée à Maurice sur le sujet en prenant en compte les aspects scientifiques, médicaux, psychologiques et religieux afin de définir le fœtus, la conception et la nidation entre autres. 4 – Elle ajoute que les candidates à l’IVG disent que leurs corps est leur propriété et qu’elles en font ce qu’elles veulent. C’est sûr, les victimes de violences sexuelles font ce qu’elles veulent. Alors, probablement que Mme Atchia a peur que certaines femmes aux mœurs plus souples que les siennes soient rassurées par l’existence de l’IVG… et heureusement ! Mais le fait de médicaliser et de légaliser l’IVG permet d’associer au geste une prise en charge psychologique et des mesures d’éducation, de santé et d’hygiène publiques. 5 – Par ailleurs, il est aisément concevable qu’un enfant issu d’une grossesse non-désirée subira son enfance, ceci pouvant aller jusqu’à la maltraitance. L’adoption de ces enfants « de pays pauvre » ne constitue pas vraiment une solution : une femme qui a été obligée de porter un enfant non-désiré et de subir l’accouchement ne se tournera pas forcément vers l’adoption par la suite. 6 – Et quelle méconnaissance de l’IVG ! Cette brave Mme Atchia propose un curetage comme examen de deuxième intention pour une IVG sans savoir que le curetage est une technique chirurgicale d’IVG (après la technique médicamenteuse et l’aspiration-curetage). 7 – Nous sommes au moins d’accord sur un point : l’avortement n’est pas un mode de contraception (sic) ! 8 - Enfin sur la forme : Que savons-nous d'elle à part que c'est "une féministe active". Certes tout avis doit être respecté, mais on ne peut se permettre de "prêcher des convictions" aussi partiales que non-convaincantes que profondément débiles (dans le sens étymologique de faibles bien entendu). Je suis étudiant en médecine et trouve dommage qu’il n’y ait pas d’avis médical sérieux sur le sujet pour venir contrebalancer un peu tout ça. En somme, nous avons là les élucubrations d’une femme qui se déclare féministe, qui ne maîtrise pas ce dont quoi elle parle et qui ne défend pas toutes les femmes au final… L’IVG est une solution acceptable pour toute grossesse non-désirée du moment qu’elle est encadrée sur le plan médical et psychologique, et pour cela il faut d’abord avoir un cadre légal clair. Ceci permettra d’éviter les IVG sauvages (histoires d’avortement par rayon de bicyclette etc…) et leurs traumatismes médicaux et psychologiques. J’ai plutôt l’impression qu’il s’agit de l’avis d’une femme qui possède de solides convictions religieuses chrétiennes, ou plutôt Ratzingeriennes, et qui se sent obligée de faire primer son avis. Pour rappel à ce sujet, une majorité de chrétiens occidentaux ne sont pas d’accord avec les derniers agissements du pape Benoît XVI tels que l’ex-communion de la famille d’une fille ayant avorté après avoir été violée par son beau-père en Amérique du Sud et ses déclarations sur le préservatif.
Par:-Francis
Mrs Atchia, I am a guy, and yes I want to comment on your interview. I believe that you are one of the stubborn citizens who think they got it all right with their opinions. Like the article said, you are not aware of the reality, if you think you do, you have a distorted perception of the reality. You are speaking on behalf of the minority of people who simple believes abortion is a horrible act against humanity. You have to be aware, that the very essence of the Woman's Right is the right to choose to carry the foetus. This has been a debate for quite some time, and I am comfortable with the definition of life- being at a certain stage of foetal development. But you reply only mentions this fact, and you did not give your own view on the matter. So, what do you think of the definition of life? Are you evading the question? Because if you do have a cutoff for life, you automatically accepts that abortion before that cutoff development point is acceptable. You are such a Hypocrite. Gosh I hate hypocrites. Also, you keep dramatising that women are the one who have to carry all the burden and all, and the men simply pays for the surgery. This is true for some, but you have to admit MANY women do it with consent and they are very happy with it. Such as the author of the previous comment. It is up to the woman to see how she wants to deal with it. Its good if she has regret, cuz next time she avoids getting pregnant in the first place. And instead of being negative and avoid the inevitable, let us all be constructive and instead think of ways to counsel women and couples on the next stage. We live in a modern time, this is all about multi-disciplinary management.
Par:-Christie
Votre discours sur l'avortement chère Madame Atchia est truffé de contradiction et relève d'un autre âge... La cruelle réalité de la vie de ces femmes est toute autre voyez-vous. Un avortement n'est jamais sans conséquence. Cependant c'est le seul choix qu'il reste à ces femmes en détressedans certaines circonstances tragiques..Alors, n'allez pas les culpabiliser encore plus!! Ceci dit, l'avortement est pratiqué dans beaucoup de cliniques à Maurice pour celles qui ont les moyens..Alors arrêtons l'hypocrisie.
Par:-Arvind
Madame Paula Atchia, est-ce que vous parlez en tant que femme Chrétienne ou en tant que féministe? La confusion, si vous en êtes atteinte, ne vous donne pas le droit de la propager à travers votre discours. Je suis en faveur de l'avortement comme projet de loi, car elle permettera à celles qui veulent un avortement de leur plein gré de l'avoir dans les conditions optimales tandis que celles qui sont contre cette pratique ont le choix de ne pas y avoir recours. Mais je pense que la possibilite de la femme d'éxercer son droit à sa santé reproductive s'étend automatiquement au droit à l'avortement. Ceci dit, un tel service ne se limiterait pas uniquement à l'intervention chirurgicale, mais inclurait aussi une evaluation biopsychosociale rigoureuse de la femme au préalable ainsi qu'un suivi contraceptif. Aussi, comme enseignante, je ne m'attends pas à ce que vous soyez capable de faire la distinction entre un embryon et un foetus ou entre un avortement et un cutterage, mais si vous en parlez dans un entretien, un peu de recherche à ce sujet vous rendrait bien plus crédible. C'est une pratique courante chez les femmes de se baser sur l'expérience d'autres femmes pour formuler leur opinion, et je ne peux qu'imaginer la souffrance de cette femme 20 ans après d'avoir perdu son enfant. Mais encore une fois, la crédibilite vous fait défaut car vous ne nous présentez aucune statistique pour démontrer l'impact psychologique négatif que vous prétendez. Et trouvez-moi ces 10 parents adoptifs pour chaque enfant indésiré et vous aurez rendu ce monde parfait.
Par:-Lélio Wong
Que font les hommes ? Quel est leur responsabilité envers l'avortement ? Contrairement à Bibilolo qui me donne un sentiment de dégout, je me suis battus tout seul à 3 reprises contre l'avortement et aujourd'hui je suis heureux père de 3 fils qui sont toute ma fortune et qui me donnent le goût de vivre. Sans eux je suis rien.Leur mères (2) ne voulaient pas les avoir et voulaient les détruire. Je ne voulais pas être complice de leur péché. Aprés leur naissances, encore convaincues qu'ils allaient nuire à leur vie, elles les ont abandonnés.Àprés je n'ai vus qu'une détérioration constente de leur vie ( péché paye lor laterre).J'ai grandis tout seul mes 3 fils avec de l'aide sociale.Maintenant je suis plus heureux que jamais. Si on a la foie, il y a toujours une solution. Appel aux pères et aux futurs pères, vous êtes aussi responsable. Ne soyez pas des complices. L'avortement reste un crime, même si l'état et la religion le permet. C'est une question de conscience qui vous suivra toute la vie.
Par:-Zozo Conde
Paula: You are living in a different world and according to you rapist should wear condom. Dream on.
Par:-bibilolo
Madame Atchia... Arretez SVP vos délires! laissez nous avorter en paix si nous le souhaitons! vous savez très bien qu'à Maurice, les personnes qui le peuvent se rendent à la Réunion pour le faire en toute légalité et dans les bonnes conditions d'hygiène et de sécurité alors...stop à la discrimination! oui à la légalisation de l'avortement à Maurice et laissez nous, nous les femmes, decider si nous voulons ou non garder un foetus qui est en nous depuis quelques jours ! j'ai avorté il y a plus de 15 ans et cela ne m'a pas empecher de vivre, bien au contraire! Par contre mon premier enfant né alors que je n'avais que 21 ans a foutu ma vie en l'air !
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