| | Une question de temps | | | | Modifier la taille du texte: | A | | | A | | |
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| | Par:- Lindsay Rivière
On 06/02/2012 |
L’avancée démocratique espérée avec la réforme électorale ne se réalisera probablement pas.
En l’état actuel des réticences (à la fois politiques et sociales), la réforme est en effet déjà très largement compromise, sinon condamnée. Il ne reste plus littéralement qu’à en signer l’acte de décès.
Depuis que le chef du gouvernement a dit éprouver « beaucoup de difficultés » à suivre la nouvelle logique du MMM (dont le soutien parlementaire lui serait indispensable pour toute initiative), ce n’est plus qu’une question de temps pour qu’on conclut à l’échec.
Si personne n’ose encore le faire et que chacun fait semblant d’y croire toujours un peu, c’est que la classe politique mesure bien la désillusion populaire suscitée et que nul ne veut en assumer seul la responsabilité. Mais on se rend déjà à l’évidence : le débat tourne en rond.
Pourquoi ? Parce que le différend est, en apparence, sans issue :
Si on souhaite une représentation parlementaire basée d’abord sur l’équilibre ethnique, avec un mécanisme constitutionnel vérifiable assurant un nombre garanti de sièges à travers le Best Loser System (BLS), alors il est absolument incontournable que tous les candidats soient au départ formellement catégorisés communalement pour pouvoir, après le scrutin, les enfermer dans d’éventuels quotas au moment d’établir les équilibres.
On n’y échappe pas. C’est donc un non-sens de venir dire, comme le MMM, qu’on souhaite d’une part éliminer l’obligation des candidats de déclarer leur communauté et proposer en même temps le maintien du Best Loser System qui repose précisément sur l’indispensable catégorisation préalable des candidats.
Si, inversement, on souhaite éliminer l’obligation de déclarer sa communauté pour être candidat, alors il faut porter ce raisonnement jusqu’au bout et abolir le Best Loser System dans sa forme actuelle puisqu’on ne pourrait plus l’appliquer puis intégrer les objectifs de représentation du BLS discrètement dans le mécanisme des 20 sièges de Représentation Proportionnelle, comme le propose Sithanen. Cette disposition s’appliquerait toutefois sans garanties constitutionnelles communales, en faisant confiance aux partis pour assurer sur leurs listes la représentation de tous les groupes.
L’absurdité de la discussion actuelle est que cette répartition de candidatures, de circonscriptions, de sièges de ministres, etc. s’effectue déjà, hypocritement certes mais assez efficacement. Depuis 45 ans à Maurice se sont en effet développés des « unwritten conventions », des « unspoken arrangements », se sont dessinées des lignes invisibles entre partis pour que leurs listes de candidats et d’officiels se ressemblent comme des frères jumeaux, avec des dosages au millimètre près en termes de communautés, religions, castes etc. Ce n’est pas le BLS qui occasionne ces subtiles dosages, mais un contrat sociopolitique non écrit et inofficiel entre partis et chefs, une reconnaissance implicite, inavouée qu’il y a un prix à payer pour la paix politique et que tous les partis sont prêts à payer ce prix.
On se rend ainsi de plus en plus compte que le débat est désormais largement conditionné par une question centrale, de laquelle beaucoup d’autres découlent : soit on doit déclarer sa communauté pour participer aux élections, soit on n’a pas à le faire. La réponse, dans un cas comme dans l’autre, a d’importantes conséquences.
Le Premier ministre s’est, lui, aligné sur le raisonnement de Sithanen, partiellement par conviction et partiellement parce qu’il sait bien que ce n’est plus qu’une question de mois avant que le Privy Council ne statue sur l’obligation de déclarer sa communauté pour pouvoir être candidat aux élections à Maurice est anti-constitutionnelle et indigne d’un pays respectueux des droits humains. Ce qui présenterait donc le gouvernement Ramgoolam avec l’obligation formelle d’abolir cette loi (dans lequel cas le BLS s’écroulerait de toute façon).
Anticipant cela, Navin Ramgoolam ne va donc pas accepter de « delink » les questions de la Party List et du Best Loser System, comme le lui demande Paul Bérenger. Il serait politiquement fou de le faire, pour se retrouver demain laminé politiquement en milieu musulman comme celui qui aurait affaibli la garantie de sièges parlementaires aux minorités, et laissant un boulevard à Paul Bérenger pour récupérer ce milieu.
Quant au leader MMM, il a été trop loin pour revenir en arrière sur le BLS.
Il y a donc, sur cette question, très peu de chances d’un accord possible. La réforme électorale va mourir de sa belle mort. Confirmant une fois encore que la société mauricienne, malgré le vernis moderniste qu’elle aime exhiber, demeure l’otage des états majors politiques et, par son conservatisme ambiant, irrémédiablement bloquée…
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| tonino | | | eski quand ène best loser nommé dans parlement,so communoté paye banne commodités plis bonmarché dans commerces??? | | | chitchat | | | From the individuals view point during the past week it's easy to conclude that the majority of mauritians
want the BLS to be done away with. It appears the parties in power and the opposition have an interest in
maintaining it. The mind boggles at the idea that a democrastic country with many highly qualified lawyers, judges and a Mr Sithanen With a PhD in political science cannot find a satisfactory solution to the issue. | | | Desgout | | | Et si c'était les états majors politiques qui étaient les otages de la société mauricienne!. En tout cas de sa grande majorité.
Le drame, à mon humble avis, c'est cette sorte de 'deuximème nature' propre aux intellectuels (à l'instar de nos éditorialistes) qui les empêche de s'arrêter au 'basic common sense'. Ce qui a pour résultat de fausser tous les débats.
Il aurait peut-être simplement suffi de dire à la population que le BLS, après plus de 40 ans, devait être revu et adapté aux réalités du jour. L'exemple Michael Sik Yuen aurait suffi pour faire ressortir les lacunes d'un système nécessitant un 'fine tuning'.
Mais non! Il a fallu que nos grands penseurs, nos érudits décrètent que le BLS était ... honteux, communal. rétrogade etc, etc. Que tous ceux qui le défendent sont des anti-mauriciens. Parceque pour ces gens là (comme dirait Brel), les minoritiés n'ont absolument rien à craindre dans ce pays ...
Suffisant pour que du coup, le BLS devienne intouchable.
Je suis créole et catholique. Je ne vois vraiment pas en quoi le fait de préciser cela me disqualifie en tant que mauricienne. Mon 'basic common sense' me hurle qu'il y a des structures qui doivent exister pour que les droits, la culture, les croyances des minorités soient respectés. Pas parce que la majorité est mauvaise et veut nuire volontairement aux minorités mais parce qu'elle est différente et qu'elle ne saurait comprendre tous les besoins des minorités. Il faut qu'il y a ait des structures pour les leur rappeller constamment. | | | democrate | | | La dialectique du pouvoir
Les passions se déchaînent à Maurice au sujet de la réforme électorale, plus particulièrement la question de l’abolition du Best Loser System (BLS), avec le risque d’une communalisation du débat qui ravive les dissensions ethniques au sein de la population, alimentées par les positions radicales de certains politiciens. Aujourd’hui, tout le projet de réforme électorale semble voué à l’échec parce qu’il bute contre un seul obstacle, le BLS. Comment en est-on arrivé là alors que tous les partis se sont déclarés en faveur de la réforme électorale avec une dose de proportionnelle?
Certains observateurs, pourtant avertis, ont posé la controverse sur l’aspect BLS de la réforme électorale en termes de confrontation entre un camp « progressiste » et un camp « passéiste ». C’est une lecture superficielle qui ne tient pas compte de beaucoup de facteurs importants, à savoir l’histoire de notre pays jusqu’ici épargnée d’une révolte des minorités contre le pouvoir majoritaire grâce à la soupape de sûreté du BLS, l’exigence de représentativité de toutes les ethnies à l’Assemblée législative comme une condition du fonctionnement de la démocratie représentative, les inquiétudes légitimes des minorités trop longtemps assujetties à l’hégémonie de la majorité quant à une marginalisation accrue dans le sillage de l’abolition du BLS, et les considérations d’égalité et d’équité dans les processus d’accès au pouvoir et d’exercice du pouvoir dans une république démocratique.
D’abord, il faut saluer tout projet de réforme électorale -- avec un scrutin uninominal majoritaire couplé d’une dose de proportionnelle -- comme une démarche positive dans la mesure où il permet de rééquilibrer le rapport des forces au Parlement entre les grands partis, dont l’un et l’autre ont été souvent victimes d’une sous-représentation parlementaire sans commune mesure avec leur force électorale. Tous ceux qui s’y associent s’inscrivent objectivement dans une logique de progrès. Mais de là à qualifier indistinctement tous les partisans de l’abolition du BLS de progressistes, il y a loin. Les méfaits du scrutin uninominal majoritaire (First Past The Post) sont trop connus pour que l’on s’y attarde. Inutile de préciser que ce système a le potentiel d’assurer à un parti ou une alliance une majorité absolue qui lui permettrait d’amender la Constitution comme bon lui semble (par exemple, restreindre la liberté de la presse ou abolir certaines procédures de bonne gouvernance).
Vu l’importance primordiale de la réforme électorale pour l’avenir démocratique, il est malheureux que le gouvernement et l’opposition ne puissent s’entendre sur un compromis au sujet du BLS. Il est trop facile d’imputer des motifs louables ou de sinistres desseins à l’un ou l’autre protagoniste sur la base de leurs principes ou de leurs calculs politiques. Le gouvernement, faut-il le rappeler, a eu un positionnement à géométrie variable sur la question de l’abolition du BLS puisqu’il est passé d’une absence de position au départ (des réserves non spécifiées sur le rapport Carcasonne) à une position pour (en arguant de l’incompatibilité du BLS avec la proportionnelle) et finalement à une position contre (dans la foulée de la levée de boucliers au sein de la communauté musulmane contre la disparition éventuelle du BLS). A son crédit, l’opposition a eu une position constante sur la question en demandant que le BLS soit intégré dans le projet de réforme, sinon dans lettre, du moins dans l’esprit. Mais cela lui a valu l’étiquette de passéiste dans certains milieux.
Dans ce débat, la question fondamentale est celle-ci : en quoi la représentation proportionnelle changerait-elle la dialectique du pouvoir à Maurice ? Et à fortiori l’abolition du BLS permettrait-elle d’extirper le virus du communalisme du système politique ? Depuis des lustres, la dialectique du pouvoir s’articule dans les rapports entre un centre, occupé historiquement par la communauté majoritaire, et une périphérie où les minorités se contentent de jouer les seconds couteaux en acceptant les miettes que la majorité veut bien leur offrir en échange d’un soutien indéfectible. Si la réforme électorale, avec pour corollaire la fin du BLS, devait changer cette dialectique pour instaurer un partage effectif du pouvoir en conformité avec une citoyenneté libre et égalitaire, elle ne susciterait aucune méfiance. Or, à priori, une telle réforme ne changerait pas la structure du pouvoir. Dans la meilleure hypothèse, elle rendrait plus compétitive la lutte pour le pouvoir entre deux grands partis. La fin du BLS n’éliminerait pas le communalisme scientifique dans le choix des candidats aux élections, des ministres, des ambassadeurs, des conseillers et des directeurs des corps para-étatiques. Sans une véritable méritocratie dans toutes les sphères du pouvoir, aucune réforme électorale ne permettrait une avancée démocratique qui réponde aux aspirations les plus profondes du peuple.
| | | Starbright | | | The Best Loser System was drafted with the idea that there would always be an opposition, so that 4 of the 8 best losers can be used to re-establish the balance between parties after 4 are nominated purely on communal grounds. Didn't the BLS work after the 60-0 in 1982? | | | King Robert | | | zot pas truver ki c ene facon faire nu blier nu problem du quotidien et so surtout banne magouilles | | | Kancha | | | Apres seki fine passer dimanche avek Salim Murty, Ramgoolam ni aukaine homme politique pa pou ena courage laisse BLS tomber. | | | Lélio Wong | | | @ Singfat Chu... Les Lauréats c'est du BWS ( Best Winner System". Attention de ne pas réveiller les communalistes sur ce sujet, sinon on pourrait revendiquer pour un système proportionel aux communautés. | | | Mafwa | | | Je suis sidéré comme des gens sont amene a croire que la fin du BLS changerait quoi que ce soit dans ce pays. Parmi il y a ses laureats certainement! Simplement surrealiste. | | | Lélio Wong | | | D'une part, tous les maux que nous cause le communalisme mauricien, de l'autre le BLS qui s'est fondamentalement endoctriné dans la société. Vous avez raison Mr. Rivière, c'est une question de temps, en 2020 quand s'émergera une nouvelle génération de 450,000 électeurs. Entretemps continuons à écouter aux vieux disques rayés des gramophones. | | | Jean Bourique | | | CE QUE PERSONNE NE DIT, C'EST QUE L'ALLOCATION DES SIEGES BLS SE FAIT D'UNE FACON ANTICONSTITUTIONNELLE. JE M'EXPLIQUE : ON DISTRIBUE DES SIEGES ADDITIONELS D'APRES LE RECENSEMENT DE 1972, C'EST CELA L'ILLEGALITE. ON DEVRAIT INVALIDER TOUTES LES ELECTIONS GENERALES QUI ONT EU LIEU DEPUIS 1983 EN FAIT !!! | | | Singfat Chu | | | Gette distibution laureats: Adople de Plevitz, SSS Ebene, St Marys, LCQB, LCRH, LCPL, St Exprit, MGI, Queen Elizabeth, RCPL et RCC - Samem REPRESENTATION ki Party List pou fer pou nou dan reforme electorale ! Anou prend ene inspiration ar ca liste laureats la - nou pa bizin BLS ! | | | Singfat Chu | | | Examinez la liste des lauréats et demandez vous si nous avions besoin d'un BLS quelconque pour eux. Pourquoi avions nous besoin du BLS pour les deputés??? L'integrité et la competence, c'est ca qui comptent, mes compatriotes ! | | | koustik | | | Au fond le gros problème c'est cette obligation de déclarer son appartenance ethnique du candidat, pour bénéficier du BLS. Alors pourquoi ne pas transférer cette obligation du candidat au parti, et l'instaurer au niveau législatif.
C'est a quand même extraordinaire qu'on n'arrive pas à résoudre ce problème avec la masse d'avocats et de constitutionnalistes dont ce pays dispose. Quant à la catégorisation dès lors qu'on accepte une forme de réprésentation communautariste va falloir trouver quelquepart une base de référence sérieuse.
Quand M Rivière dit que les "unwritten conventions " passent sans problème, C'EST JUSTEMENT parcequ'à côté il y a une garantie constitutionnelle. Si on enlève toute garantie constitutionnelle alors ikl faut s'attendre à des contestations portant sur la base de référence démographique pour dire si au final telle ou telle communauté a eu sa juste part. Ca promet.
Non, s'il faut porter le raisonnement jusqu'au bout comme le dit M. Rivière, il faut tout simplement enlever toute sorte de représentation ethnique : BLS ou objectif BLS : subsume par FPTP avec composition de liste communanliste,, dose de PR
avec composition de liste communaliste, "gerrymandering" communaliste -pire avec reconnaissance officielle (proposition Sithanen) ou encore la dernière proposition de 4 sièges réservés aux musulmans et pop . générale.
J'ai l'impression que beaucoup d'observateurs ont foncé sur la réforme en raison de la brutalité du système FPTP et semblent être KO debout lorsqu'a surgi le problème de représentation ethnique. SSR disait "na pas touche ça, papa!" pour avoir vécu des années de négociations dont le point central était bien cela.
D'autre part le fait qu'au bout de 44 ans la composition des listes ,3 par circonscription, comme le dit M.Rivière, devient de plus en plus "scientifiquement " façonnée, le communalisme au fond se perfectionne,à la fois pour attirer des électeurs on communalist lines ou encore pour éviter le panachage communaliste (et même catéiste). Ainsi avec le temps le profil communaliste a pris le dessus sur la compétence (même au niveau castéiste) au niveau de la FPTP appelé pourtant à "subsume" le BLS.
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