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Arnaud Lagesse: «On flirte avec une certaine ‘libanisation’ de notre société»
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Nazim Esoof  |  30/03/2009

Arnaud Lagesse est patron d’entreprise. Mais il est aussi sinon surtout citoyen mauricien. A ce titre, outre ses réflexions sur la crise économique mondiale et les éventuels moyens pour l’île Maurice de s’en sortir, il aborde des questions relatives aux mécanismes sociopolitiques du pays. Au passage, il égratigne le personnel politique, relève les carences de certains services publics, et dit sa révolte et son indignation face à une tentative de «surcommunalisation» de la société mauricienne. Surtout en ces temps où le culte de l’ethnie est revenu à la mode…

Quelles sont les réponses que vous pouvez trouver, au sein de votre groupe, pour faire face à la crise financière qui secoue la fabrique économique mondiale?

Je constate une grande élasticité du temps actuellement. Voici quelques mois, on pouvait encore avoir des certitudes! Et tenter d’anticiper sur l’avenir économique. Aujourd’hui, la réflexion bute sur une bouteille à encre. Ce qui explique que les réponses que nous avions ne soient plus acceptables et ne suffisent plus. Nous nous posons des questions. Notamment celle de savoir où nous pouvons mener nos actionnaires, nos salariés voire nos vies. Désormais, j’en suis à réfléchir sur la réflexion à porter. Mais il demeure une certitude : il importe maintenant plus que jamais de voir les choses différemment.

Et cette réflexion, elle vous mène vers quelle direction?

Je pense que les cycles vont et viennent. Je constate une grande difficulté à identifier le nouveau paradigme qui va guider et inspirer le Monde. Quel Monde, j’aurai en face de moi en me levant demain matin? C’est une interrogation qui me travaille et qui taraude certainement les esprits de millions d’entre nous. Après la crise de 1929 et la deuxième Guerre mondiale, il y a eu les Trente Glorieuses et depuis, on a connu des fluctuations économiques et sociales plutôt légères. De nos jours, force est de constater que ce n’est pas une simple fluctuation additionnelle, mais bien une crise globale. Nous ne sommes plus certains que les modèles, qui ont marché durant les 50 dernières années, pourront encore faire recette demain. C’est ce qui me pousse à entrevoir la nécessité d'une réflexion sur un nouveau modèle socio-économique.

Peut-on prévoir une sortie rapide de la crise pour Maurice?

On vit un moment unique et, ce, même si j’éprouve des difficultés à concevoir un anéantissement total du système présent. Dans les faits, je n'entrevois pas de sortie très rapide de la crise de confiance. Et c’est encore plus compliqué pour nous, Mauriciens, car nous dépendons grandement de l’environnement international. Même si l’île Maurice est résiliente…. L’état de santé des petites économies et celui des Etats émergeants sont tributaires du bon vouloir des nations comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Afrique du Sud… Déjà, à Maurice, on enregistre un ralentissement dans divers secteurs que ce soit, pour n’en citer que deux ou trois, le marché d’exportation, le secteur de la construction ou l’économie parallèle. Cette dernière a vécu depuis ces 20 dernières années sur le dos du développement du tourisme ou du textile d’ailleurs.

«En ces temps difficiles, il ne faut pas réagir comme des enfants gâtés»

Avez-vous l’impression que l’île Maurice maîtrise ces enjeux?

Je dirais que nous avons acquis une certaine maturité maintenant. Cependant, comment prédire la réaction du citoyen lambda qui risque de voir ses revenus baisser et son niveau de vie décroître? Ne risque-t-il pas de s’en prendre aux dirigeants sans vraiment savoir pourquoi il le fait? L’exemple de la Guadeloupe et de la Martinique où les gens manifestent contre «la vie chère» sont des cas qui risquent malheureusement de faire école. En ces temps difficiles, il faudra que nous gardions notre lucidité et ne pas réagir comme des enfants gâtés.

Ne seriez-vous pas un peu pessimiste?

Non pas pessimiste. Je constate simplement, que notre modèle est en train de changer. Il importe d'en être conscient. Le continuum économie-social subit, sous la pression de la crise, des avatars. L’état-providence est ébranlé. On n’a pas encore identifié d’alternative(s), mais nous savons que le socialisme et le marxisme ont révélé leurs limites. D’un autre côté, les Etats-Unis, en injectant des milliards de dollars dans leur circuit intérieur, maintiennent leur économie de marché, et sans doute un peu celle du monde capitaliste, en état de respiration artificielle. Je n’aurais pas aimé être dans les chaussures de nos dirigeants politiques actuellement car les solutions ne sont pas évidentes à trouver, et la planche à billets risque de faire à terme resurgir le spectre de l’inflation sans la croissance, phénomène donc de stagflation, comme disent les «pros». C’est déjà si difficile de porter des chaussures de chef d’entreprise par les temps qui courent!

Quels sont les faiblesses mauriciennes qui vont hypothéquer ses chances de sortir avec le moins de coups possibles de la crise?

Pour moi, il s’agit sans ambages du faible taux de productivité dont nous souffrons depuis des décennies. Nous sommes sortis de notre zone de confort et il faut donc réagir. Je voudrais, par ailleurs, commenter un fait saisissant à Maurice. Je relève que les corps parapublics sont loin de pouvoir prétendre être des succès de gestion et surtout de gouvernance. Je ne crois pas donc que l’intervention massive de l’administration centrale soit une solution à long terme.

Personnellement, comment vivez-vous cette situation?

Depuis 1994, date à laquelle j’ai rejoint le Groupe Mon Loisir et depuis que je suis le CEO cela fait 4 ans, j’ai donc quelque 14 années d’expérience derrière moi, c’est la première fois que je vois un bouleversement aussi fondamental. Je tente donc de m’adapter.

«C’est vrai qu’en période de croissance, le détenteur de capitaux gagne proportionnellement plus que le salarié»

Dans le secteur concurrentiel mauricien, y aurait-il une différence d’appréciation entre les anciens et les nouveaux dans la lecture des événements?

Il faut préciser que c’est l’environnement global qui influence nos choix et les modes de fonctionnement. Il y a des vitesses d’exécution différentes mais pas de conflit entre les aînés et les plus jeunes. L’analyse des données reste, pour l’essentiel, la même. Les générations qui nous ont précédés ont créé l’économie de marché. Cela existe depuis des siècles. Avant la crise actuelle, on a enregistré une accélération de la croissance exceptionnelle depuis une vingtaine d’années. Le produit national brut par habitant est passé, en 15 ans, de 1 200 dollars à 7 000 dollars. Tout le monde a bénéficié de la croissance. Mais c’est également vrai qu’en période de croissance, le détenteur de capitaux gagne proportionnellement plus que le salarié. Donc, on est passé d’un sous-développement relatif à un développement relatif pour tous.

Maintenant, il faut aussi faire ressortir que tout le monde a sa place ici. Parce que tout le monde a bien travaillé, parce que chacun a eu sa chance. Ce n’est pas parce que certains ont hérité qu’ils doivent être vilipendés. Et il n'y a aucun mal à ce que quelqu’un gagne de l’argent tant qu'il le fait honnêtement.

Que faire de cet argent?

Pour ma part, chaque roupie gagnée est réinvestie dans l’économie mauricienne. Je suis issu d’une famille qui a beaucoup travaillé et qui continue de croire en la valeur du travail. Nous comptons près de 6 000 employés au sein de GML qui font vivre chacun une famille. De mon côté, chaque matin, je remets sur le métier ce qu’il faut tisser.
Et la perception qu’il n’y a qu’un petit groupe qui contrôle tout le capital…
Ce tabou des cinq familles a fait son temps. Lorsqu’on analyse objectivement les données, on observe que d’autres familles sont devenues très prospères à Maurice. Le monde des affaires va très vite. L’important, c’est que chacun soit à la place qu’il mérite. Et que l'on cesse de regarder dans la poche de l’autre! Je suis pour que l'on donne à tous la chance d’agir et de travailler honnêtement et selon ses compétences.

Quel regard jetez-vous, de manière générale, sur la société mauricienne?

Je fais partie intégrante de la société mauricienne. Je suis Mauricien à 100%. Mais je ne suis pas sûr qu’elle existe vraiment en tant que telle, cette fameuse société mauricienne. Aujourd’hui, il existe un sentiment, bien souvent alimenté par les politiques, qu’il est préférable de naître hindou, catholique ou musulman plutôt que de naître Mauricien. En outre, certains leaders d’opinion et d’obédiences religieuses utilisent leur force de persuasion pour rassembler plusieurs milliers de personnes sous l’unique bannière de leur foi. Au lieu de fédérer la population sous une même unité identitaire, ces derniers fragmentent chaque jour davantage la société mauricienne en créant des identités hindoue, musulmane, créole, reposant sur un mode de classification ethnique… Parallèlement à cette somme d'identités morcelées, le patriotisme nous fait actuellement défaut et on flirte avec une certaine «libanisation» de la société mauricienne.

Quelles en seraient les causes?

On ne retrouve pas suffisamment cette identification au drapeau comme cela peut exister aux Etats-Unis, par exemple. Il n’y a aujourd’hui presque personne qui ait ce désir, cette énergie et cette volonté de pousser à la construction d’une véritable identité mauricienne. En outre, les valeurs s’effondrent. De quoi demain sera-t-il fait? Je ne le sais pas. Je ne sais pas non plus dans quel environnement mes enfants, de 5, 9 et 12 ans aujourd’hui, grandiront demain. Qui propose une vision à long terme? On se complaît dans la société de consommation. Un moyen de s’occuper à défaut de se lancer dans des réflexions profondes? Cette société qui rime avec marchandages politiques m’inquiète.

«On a besoin d’une nouvelle élite politique à Maurice»

En contrepartie, il y a des atouts qui nous permettent d’espérer…
Nous avons effectivement la chance d’être TOUS issus de l’immigration. Une immigration volontaire, forcée et payée à la fois. Nous sommes tous un peuple accueillant. Tous venus de quelque part avec ce même impératif de vivre ensemble. Mais si nous ne faisons pas attention, la nouvelle génération incarnera la plus grosse faillite du système éducatif mauricien. Après plus de 30 ans d’éducation gratuite et près de trois générations après, il n’y a pas eu réforme majeure à ce système. Dans un contexte évolutif où il faut être au top pour s’imposer en tant que Nation, nous risquons d'en payer un jour de lourdes conséquences. Pour moi, l’éducation reste la solution. Je suis également attristé, à ce chapitre, de voir des hommes politiques utiliser ce vivier de jeunes à des fins purement électorales sans mesurer les répercussions que cela aura sur tout le pays. On a besoin d’une nouvelle élite politique à Maurice qui aura appris des ainés mais serait affranchi des carcans de ces derniers!

Qu’est-ce que vous reprochez à l’actuelle classe politique?

Reprocher certainement pas, mais je fais un constat. Je constate qu’il n’y a pas véritablement une vision pour l’île Maurice de demain, celle de 2020, de 2050. La politique mauricienne reste clientéliste et opportuniste. Elle a une action ancrée dans le court terme, sans réellement proposer de plan d’avenir. La classe politique navigue au gré des mandats de 5 ans.

Heureusement que le navire n’a pas fait de naufrage jusqu’ici. Est-ce la résilience (encore celle-là) des Mauriciens de cœur? Cependant, on se retrouve désormais avec une société de consommation, une société du prêt-à-penser. Une société dont les valeurs sont corsetées par des considérations religieuses voire castéistes quelquefois.

 

Il faudrait donc un bond. Mais pour aller vers quoi?

Je ne voudrais pas idéaliser l’être humain et le monde. Mais j’ose espérer une société un peu plus juste, plus proche des problèmes écologiques, plus proche également des gens qui vivent dans la pauvreté. Le monde avance rapidement. Le laxisme qui condamne notre système d’éducation et notre système de santé au statu quo est suicidaire. Dans le monde du travail, je voudrais davantage voir une société qui montre à ses citoyens comment pêcher plutôt que de vouloir systématiquement acheter son poisson. Le bond économique, on l’a fait. C’est une saillie en termes de mentalité qu’il faut maintenant.

On sent une certaine colère en vous. Elle serait due à quoi?

Il n’y a pas de colère. C’est plutôt l’immobilisme qui m’agace. On dispose des ingrédients pour mieux faire, pour faire différemment. Je trouve regrettable que les choses n’aillent pas mieux. La pire des choses, c’est de ne pas prendre de décision. Le politique, lorsqu’il arrive au pouvoir, consacre la première moitié de son mandat à essayer de stabiliser les choses, et, l’autre moitié, à faire de la politique partisane. Il passe à côté de nombre d’initiatives qu’il aurait dû prendre et pour lesquelles il est mandaté par le Peuple. Que ce soit dans les secteurs de l’éducation, de la santé ou du transport pour ne citer que ceux-là. A titre d’exemple, on entend continuellement parler de ring-road. Mais concrètement, rien n'aboutit. Or, j’ai l’impression que lorsque l’intérêt national n’est pas en adéquation avec l’intérêt individuel, c’est ce dernier qui prime. Il y a souvent une extrême timidité politique pour faire avancer les choses.

Les politiques sont certes à blâmer mais, sur la question du financement politique, le monde des affaires n’aurait-il pas quelque chose à se reprocher?

Le secteur privé a cette responsabilité de s’assurer que la démocratie marche correctement. Cela passe, dans une certaine mesure, par les donations privées ou individuelles aux partis politiques. Or, il serait plus approprié que cette responsabilité revienne à l’Etat. Il faudrait l’inscrire dans nos lois. L’Etat financerait ainsi les partis selon des règles strictes de représentativité, en excluant évidemment les mouvements sectaires. Les donations du privé devraient, à mon avis, se faire dans le cadre du Good Governance. Reste la question des caisses noires. Est-ce qu’il en existe? Je pense qu’elles existent mais certainement pas chez nous.

C’est en fin de compte une complicité tacite entre l’Etat et le secteur privé sur ce dossier du financement des partis?

J’aurais surtout pensé que la nouvelle génération de politiques jouerait le jeu de l’ouverture. Que les comptes des partis seraient audités. Je le répète, il n’y a pas de mal à gagner de l’argent. Mais cela se fait dans le respect des règles et dans la transparence. Il faut bien l’admettre: à Maurice, il n’y a pas de politiques riches. Dans d’autres pays, c’est l’inverse qui est vrai et qui donne donc une certaine indépendance à ces derniers. C’est ce genre de débats que devrait encourager le Joint Economic Council. Et ce dernier devrait se faire entendre plus souvent et, surtout, s’assurer d’être écouté au plus haut niveau afin que nous puissions avoir une vision partagée de l’Ile Maurice de demain. Une Ile Maurice encore meilleure car les réflexions que j'avance n'enlèvent rien à mon amour de ma patrie. Il fait toujours bon vivre ici pour le fervent Mauricien que je suis.

Voir aussi l'interview d'Arnaud Lagesse en vidéo


Mes impressions

Arnaud Lagesse n’est pas de ces hommes qui offrent leurs photogénies pour un moment de gloire éphémère dans les médias. Il ne se laisse pas non plus portraiturer facilement. Il veut bien évoquer les sujets qui lui sont chers. Mais il y a une ligne à respecter entre l’être intime/ l’homme de famille et le patron d’entreprise qui prend parole et fonction en public.

Il aurait pu, comme ces patrons qui ont fait vœu d’abstinence médiatique, se murer dans un silence et laisser la société se débattre avec ses maux. Arnaud Lagesse préfère, lui, en parler. Ouvertement, sans langue de bois.

L’homme n’hésite pas. Il ne calcule pas. Le débit est vif. A chaque question, il y a dans un coin de sa mémoire une réponse. Sans être manichéen, certaines idées sont arrêtées. Mais l’impression est nette qu’il ne se laisse pas figé. Si la parole instantanée traduit des pensées prêtes, la réflexion est pourtant, chez lui, un processus continu.
Comme sa parole, Arnaud Lagesse est un homme simple. On le voit dans son contact avec ses collaborateurs. Ni star du monde des affaires, ni patron qui pratique les vieilles méthodes de la terreur du personnel, il prend son monde avec l’état d’esprit de celui qui veut donner leur chance aux autres. De temps à autres, un petit regard en coin et un frémissement des sourcils rendent compte de son sens de l’observation.

Ce sont probablement ces temps d’arrêts qu’il met à profiter pour observer la société dans laquelle il vit. Et qu’il aime. Et à laquelle il s’identifie. Il ne veut laisser aucun doute là-dessus et il y parvient. Il tient la société mauricienne dans son cœur. Alors il ne peut être insensible à ces mécanismes sociaux qui pervertissent la politique et le débat sur l’ethnicité.

C’est ce qui explique un discours dépourvu d’hypocrisie et de pathos.

La même franchise lui permet d’évoquer quelques tabous. Il le fait bien comprendre. Il n’y a pas que les blancs qui sont riches. Les carences de la classe politique l’horripilent. Le mercantilisme que certains pratiquent au nom de la morale l’exaspère. L’éducation, le civisme, l’économie, le secteur public… Il en parle mais en évitant les lieux communs.

En ce sens, Arnaud Lagesse incarne une aspiration et une inspiration de la société mauricienne.

N.E.

    

Commentaires

Par:-Mouvement pour le Peuple Mauricien
Monsieur Lagesse, Notre analyse concorde parfaitement avec la votre. J'espère pouvoir par la suite vous rencontrer pour plus d'échanges. Bien vous, Nicolas
Par:-sylvain.J
Peut etre que notre Plotique a Maurice est trop polarise' sur certains individus qui sont au Parlement de Port Louis et jouit trop manipuleusement de ce peuple en besoin. Peut etre que Arnaud Lagesse nous reveille a une autre mentalite', une autre dimension de reflexion dont le teps que nous vivons exige. Je le remercie et presente mon respects pour l'expression de s sentiments patriotisme mauricien.
Par:-Pooja
Mr Lagesse is wrong to say 'On n’a pas encore identifié d’alternative(s), '. I think he better contact people from LALIT to give him ideas on possible alternatives such as using his vast agricultural land for food production to ensure food security for the Population. I am sure that, it is then that people will find him to be a GOOD MAURITIAN
Par:-Rambert
Brillant Monsieur Lagesse !
Par:-BA
Fernando, to causé faire chagrin. Dabord mo faire toi conné ki Missie Gujadhur, Aboobaker et Darga siege lors Board GML. Ensuite dans place missié mette so cash dehors ou dans la banque li fine investi dans business evidemment pour gagne dividend mais sa meme ki appelle faire development. Ene business bizin faire profit pour capave paye dividend, paye taxe, prend loan la banque et faire linvestissement ! Si toi to ti ena cash to ti pou investi ziste pour faire dimoune gagne travaille? En tout cas si mo ti ena ene compagnie jamais mo ti a mette ene dimoune comma toi lors mo board car li clair ki to pas comprend narien et to laisse toi guidé par ene la haine raciale!
Par:-Azad
Sa ene mari clak.morisien bisoin change so mentalite si non pou dan dife mo bane freres soeurs mo ti deja annonce zote la couleur .mo content ki fine ena ene positive reaction RAM bisoin metre 3ministres cle agriculture touriste finance li bisoin blanc ler la ou pou geute progres nous pays .mo kroire depi ki nou gagne chance pou exprime nos idees mrci lexpresse mo kroire interview arnaud fine kase record li ene exemple fine ena 21 reaction a travers le monde no doubt BRAVO Arno pour ta franchise et ta Sagesse
Par:-Daunra Sagesse
A qui la faute de la libanisation? C'est l'effort de tout un chacun qui compte, idealement bien sur. Its in the mind, soul and Body . Arnaud fera t'il le premier pas ou le bond, quitte a ne deplaire a ses amis de Riviere Noire qui vivent enclavees dans leur villas aux bords de la montagne pour des besoins de securite, bien sur.. Cessons l'hypocrysie!
Par:-S.M. Malleck Amode
Reponse a Rakis, Vous ecrivez : " J'ai qaund même l'impréssion que en ce temps des crise, on voit emerger partout des donneurs de leçons, des gourous de l'économie qui savent tout sur tou, qui connait tout sur tout....mais où étaient-ils ces gens la quand la crise se formaient, pourquoi il n'y a eu personne pour crier "attention...". C'est toujours facile de donner la lecon après coup" Je vous jure que j'ai crie ''attention" tres haut et tres fort a plusieurs reprises, notamment dans un article publie par Le Mauricien il ya plus de trois ans de cela et intitule "A Tottering or Swaggering Hegemon" aussi bien qu'un second article publie par Mauritus Times institule "Supply Side Economics Redux". Ce dernier article allait aussi loin que donner des details sur le mecanisme par lequel l'effondrement allait commencer, c.a.d. l'impossibilte pour les menages americains a assurer le remboursement des hypotheques sur leurs demeures, aussi bien que les risques, beaucoup plus enormes, des 'derivative financial products' qui, a l'evidence meme, n'avait aucune convertibilite, et le refus de reconnaitre la clairvoyance de ceux qui criaient huat et fort que c'etait une fole a nulle autre pareille ue de continuer a imprimer de l'argent pour financer deux guerres inutiles et catastrophiques.
Par:-Fernando
A l’attention de Avinash: Mo trouver ki to ene bon subalterne alors pas blier alle pren to lapaye avek missier la enba pieds lafourche samedi midi!!! Pou to emancipation alle ecoute imper Kaya... «...ine montrer toi tou sa ki embalao » « ....tou sa ki briller pas l’or » Historiquement parlant missier la so fami finn zouir ban privilege depi lepok esclavaz ek zot fin continuer. Si missier so fami ti kitt Moris apres l’esclavaz ti pou ena lezot dimoune(peu importe race, couleur etc) ki ti pou amene developman. Alors nou pied douri pas depan lor li. Missier la ine créer 6000 l’emploi pou fer la monnaie... pas parseki li contant toi !!! Missier la bisin toi pou fer la monnaie... sans bann couma toi, couma li pou fer so bann lizins rouler ??? En passant si to pas conner alle guette lors ki board parastatal ki: de Grivel, Poncini, Taylor, Espitalier Noel, Vigier de Latour etc finn sieger ek encor pe sieger. Aster Avinash nomme moi ene non Franco ki finn deja siege lors board GML... « Franco paye bel bel taxe.. » dixit Avinash...Alle guette ki sanla ban pli grand tax evaders !!! L’industrie touritique pese Rs 40 milliards alle guette si bann grand players dan sa l’industrie la ine paye Rs 6 milliards TVA. Toi kan fer n’importe ki transaction to forcer paye TVA eski li meme chose pou d’autres ??? Mo dakor ki franco la li pareil couma moi. Li ena meme droit ki moi, pareil couma mo bisin ena meme droit ek meme chance ki li. Mo pena aucaine problem avek so application dan PSC. Combien Franco ine déjà avoye ene application PSC ou autres??? Pou bann ki finn banalise sa issue la, alle guette les dessous de l’histoire de Universal Breweries apres ou compren.boucoup kitchose couma leconomi Moris fonctionner. Universal Breweries ti ena trois world class players ek zot ine morde la poussiere dan Moris malgre investissement massif. Dan combien l’hotel Universal Breweries ine gagne access pou vanne so la biere ??? Eski Universal Breweries ine gagne access pou vann so la biere dan le port c.a.d bann bato ki accoster ??? La liste la bien bien longue... Arrete croir tou saki certains envi zot gober !!!
Par:-Ashok
I come from a family where 'nou zamais crasse lor nou pied douri' and as such, I have utter respect for these companies that strive thru thick and thin to create employment for people. On top of that, we do not become enslaved with politicians who promise heaven and earth and who keep you under their spell. I have a big job in one of their companies and let me tell you I never felt different from my other colleagues. I have worked in Government and I was always reminded that I was a 'chamar'. LET'S STOP THIS 'DEMAGOZIE' CAMARADE! LE PEUPLE BISIN DIMOUNE COUMA ARNAUD LAGESSE
Par:-tranquille jean-françois
un point de vue d'un entrepreneur mauricien sur la situation politique et economique actuel -vivement un débat sain entre les hommes politiques au pouvoir et les hommes economiques au pouvoir tous vers une immense reflexion sur la construction de l'ile maurice d'aujourd'hui et de demain
Par:-ZILOI
li vrais ki moris politicien et ban le zot group force vivre soi disant pe ogment communalisation societé. ce que dit mr lagesse est vrai et il dit fort ce que d'autres pensent bas et n'osent pas critiquer
Par:-Avinash
Hey fernando, ki oupe koze?? missie la fine dire li donne travail 6000 famille dans sa pei la? kote ou problem et combien dimoune ou pe donne travail ou? Grand merci missie lagesse na pa prend l'exemple lor sa gouverma la. combien franco siz lor bane board dan government ou dan para statal bodies dan sa pei la?? dan air mauritius, BoM, state bank et mo capave roule ene la nouite mo alle meme. pourtant franco la paye bel bel taxe. nou esperer ki ek equal opportunity bill la, bane franco pou capav rente in pe dan gouvernman. ek mette in pe lorde parce ki franco la li ene mauricien pareil couma toi fernando. pa en colere, mais la verite bizin dire......
Par:-sarah
La democratisation de l'economie est une farce; come on!! On ne peut pas venir villipender les francos quand on n'a pas balaye devant sa porte. Quand la PSC fera un bon boulot, la on pourra venir reprimander quelque chose aux autres. Aussi, cette histoire de Universal Breweries a fait son temps. Si les Mauriciens n'ont pas adhere au concept, est-ce que on peut tout mettre sur le dos de Phoenix Beverages? Comment se fait-il donc qu'ils recoivent des prix sur le plan etranger et ont un marche qui explose a la Reunion. Hors la bas, ils ne sont meme pas numero 1. Cessons de faire un faux proces. Cet article interpelle; tant mieux car les commentaires revelent la triste et vraie nature de beaucoup de Mauriciens
Par:-rakis
J'ai qaund même l'impréssion que en ce temps des crise, on voit emerger partout des donneurs de leçons, des gourous de l'économie qui savent tout sur tou, qui connait tout sur tout....mais où étaient-ils ces gens la quand la crise se formaient, pourquoi il n'ya eu personne pour crier "attention...". C'est toujours facile de donner la lecon après coup. Le capitalisme a montré ces limites c'est claire. Les plus grands libérales ont été très content de voir les interventions "socialistes" des gouvernements capitalistes en europe et aux etat unis. On a nationalisé sans jamais prononcé le mot comme si on a honte d'accepter qu'on est allez trop loin et qu'il faut maintenant se couper la jambe pour continuer. Je pense qu'en ces temps ci, la priorités est de soutenir la population. C'est eux qui feront vivre l'économie. Et ce monsieur qui trouvent ingrâts les gens qui en maritnique et guadeloupe qui manifeste contre la vie chèere.....il n'a rien compris. Dans ces pays la il y a eu un tel mépris des gens par rapport à des entreprises voyous qui ne respectent pas la loi et qui ne pensent qu'à des profits plus élevés. La grève n'a pas résolu ce problème mais juste apaiser temporairement. A Maurice, le pouvoir d'achats des gens sont encore pire que ces gens la....alors est qu'on va attendre que ca pète aussi pour réagir?
Par:-Kaiser
Bien vu S.M. Malleck Amode. Cela rappelle étrangement le syndrome des persecutes eternels qui diabolisent toute critique du lobby israelien en brandissant l'arme de l'"antisemitisme". Le monde a l'envers!
Par:-tom
Reply to Le Parrain. Stop distorting the fact, the Rawat and Woo do not monopolise the mauritian economy. It is obvious who you are defending and stop hiding behind the anonimity cover. The 'democratisation de l'economie' has nothing to do with race but the way forward to ALL MAURITIANS.
Par:-Cohaib
L’économiste Kee Chong Li : « Dans la structure des affaires à Maurice, il n’y a pas de place pour les petits... Il est temps de cesser avec les ‘management by committee and by package’. Il faut mettre fin à toutes les structures archaïques, dictatoriales et hégémoniques des vieilles dynasties et familles qui enchaînent le pays dans un état d’esclavage moderne»... Jack Bizlall : « Les banques réalisent des profits fantasmagoriques par l’imposition d’un taux à l’emprunt et des charges suffocantes qui rendent le remboursement très difficile. Ainsi, la population s’engouffre dans le cycle infernal de l’endettement. Tout comme les entreprises d’ailleurs. La politique de dépréciation de la roupie qui profite aux entreprises d’exportation et saigne les consommateurs. Au fil des ans, les entreprises d’exportation et le secteur touristique ont amassé des milliards de roupies de profits... Il a encouragé l’investissement hors-production et a favorisé les projets IRS au détriment de l’agriculture. Sa politique est soutenue par l’exclusion de plusieurs catégories de Mauriciens. Il faut arrêter à tout prix cette politique.
Par:-Jimmy
je trouve que il a culot de dire que c est la faute a tout le monde mais pas lui mais bien sur a maurice il faut une liberalisation du miondes des affaires qu on ne soit pas sous les diktat des groupes familiales encore les dynasties cette fois ci dans les affaires.Ce qui fait il toute une generation des gems qui en sont exclue donc dans en temps de crise risque de mettre la vie des gens en perils.Cela nuit au creqtion des petites enterprises.Sinon on voit un gars tres Francais car il fait ses etudes en France dans les grandes ecoles...donc quand il parle des trente glorieuse il fait rigoler....les trentes glorieuse l asie y ait en ce moment.....desole pour luyi si on la crise tant pis pour les groupes familiales si il doit disparaite mais nous on survivra avec le touriste mass market....
Par:-lorraine Desmarais lagesse
Le courage..vertue principale ..d etre un vrai mauricien. Aujourd hui c est le courage de dénoncer , pour mieux avancer , qui manque a beaucoup d entre nous et pour ce COURAGE , je salue et félicite Mr Arnaud Lagesse .
Par:-Fernando
Mons donneur de lecons...start by cleaning in front of your doorstep... A few questions to Mr Mauritian(par excellence): How many non francos sit on your board of directors? How many non franco are employed within top management of your group? Is your group really an equal opportunity employer? Are non francos and francos treated on equal footing within your group? Do you really think that new entrants on the local economic scene stand a chance against the established ones? Do they have access to same protected markets(I have in mind Universal Breweries)? Can we know the nature of the dealings of your group with politicians? I will highly appreciate Mr Clean's answers to such!!!
Par:-Bal du Dodo
Le Parrain confond rentiers et vrais entrepreneurs. Ce n'est pas une question de race (le ti-blanc Roland Maurel pourrait témoigner) c'est une question de concentration de pouvoir économique (et politique à travers les faucons) . Pol Kruzman a raison c'est la frustration gui alimente le repli identitaire. Vivement un documentaire comme Canal + sur la Martinique!
Par:-sarah
Quelle bouffee d'air frais! Au moins, un Mauricien, un vrai. On en a tellement besoin. Arretons, bon sang, de reflechir en tant que hindou, blanc, musulman, chinois. La crise a deja a nos portes. Rassemblons nous pour trouver des solutions et eviter des pertes d'emploi. Le monsieur dit les choses comme elles sont; il dit tout haut ce que nombre d'entre nous dit tout bas. Bravo!
Par:-Pol Kruzman
Une posture encourageante certes. D'accord pour la productivité. Mais il s'agit d'un manque de productivité intellectuel de nos élites dans son ensemble. Comment envisager une productivité croissante avec un pouvoir d'achat décroissant et une corruption endémique? Une croissance inflationniste dopée par la dépréciation orchestrée de la roupie polarisera davantage le pays et va accentuer le repli identitaire. Le contraire sera un autre miracle mauricien!
Par:-Le parrain
Malheureusement le tabou des cinq familles restera "advitam eternam" parce que la question n'est pas "économique" mais bien plus "épidermique". La haine du blanc. Nos politiciens et surtout l'équipe du jour, en ont fait leur cheval de bataille en pensant avoir du "political mileage". C'est une honte aujourd'hui dans une république comme la notre que d'entendre un premier ministre venir catégoriser la population en "nu bane, nu dimoune v/s bane la, blanc la". Diviser pour mieux régner. Régner dans la HONTE et dans la HAINE. Pourquoi mr Ramgoolam ne fait jamais référence aux Rawat, Woo et autres.....Ces politiciens infectent le racisme, le noubanisme et représentent tout ce qu'il y a de plus pire contre l'avancement d'une nation. SHAME !
Par:-ally
Bravo monsieur vous avez vu juste.mais y a til dautres homme comme vous ou a maurice semble que les homme politique ou intelectuel sont victime de leur propre piege le soit-disant etre bien,signe de richesse exterieur et pire que cochon a l,interieur.
Par:-S.M. Malleck Amode
La surcommunalisation? Comme au Liban ou la France avait impose que le President soit Chretien Maronite? Et qui le fait a Maurice, la surcommunalisation? Il ne devrait meme pas y avoir de communalisation. Mais, les plus nantis, les plus 'forts', pour frustrer le sens de solidarite communautaire des plus faibles a si hisser hors d'un sort tragique par une synergie commune, et cela afin de mieux les exploiter, ont divise la nation en matraquant le peuple avec le slogan "Nou sommes tous minoritaires". Tragique! Eh, oui! Cela pourra aussi faire mal
Par:-Arnaud Lagesse
ENFIN UN PEU DE SAGESSE A LIRE. Bravo a Arnaud Lagesse de dire les choses aussi clairement....
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