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Pardon
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Par:-  Nazim Esoof

On 06/12/2011

La Commission Justice et Vérité a rendu son rapport. S’il ne préconise pas de compensation financière aux descendants d’esclaves et des travailleurs engagés, il n’en exige pas moins des excuses officielles de ceux qui ont été liés à ces deux tares à l’encontre de l’humanité. L’heure est donc au pardon.

Pardon pour ceux qui ont souffert par la faute d’autres hommes. Pardon pour les mensonges qu’on nous a débités pendant des décennies. Pardon enfin pour cette histoire qui porte la trace de coups de fouet. Mais, il n’y a pas de pardon pour le présent que nous vivons.

L’histoire est ductile. Elle n’est pas une ligne rigide. Aujourd’hui, chacun cherche un repentir.

Cependant, il ne faut pas oublier que nous sommes tous responsables de nos actes. Il ne faut pas se voiler la face. Chercher toujours l’excuse de son mal-être dans le bonheur des autres. Nous n’avons pas fait tout ce chemin pour en arriver là.

Pour aboutir à un pays qui pue le communalisme.

De l’extérieur, tout le monde dira que Maurice, c’est un modèle de vivre-ensemble. Mais, nous savons tous que le ver est dans le fruit. Qu’il y a une méfiance réciproque. Qu’on se regarde en chiens de faïence. Alors qu’il faut se battre pour plus de justice sociale, on se bat pour préserver ses prébendes. C’est une mentalité cupide qui nuit à toute une nation. Une forme de grande hypocrisie nationale.

De fait, il faut aussi demander pardon pour ce que nous sommes devenus aujourd’hui. Une nation où règnent la peur et l’adoration des princes politiques. Un peuple qui n’ose plus demander des comptes. Qui remet son destin entre les mains de quelques politiques et religieux. Dès lors, quelle émancipation ? On passe d’une forme d’esclavage à une autre. On s’enferme à l’intérieur de soi même.

On fait simplement semblant de respirer.

La mémoire n’est pas seulement tournée vers le passé. Elle se construit aussi dans le présent.

C’est de ce présent dont il est question ici. Que voulons-nous faire de ce pays ? Quelle identité comptons-nous léguer à nos enfants ? Certes, cette quête identitaire est permanente. Mais l’essentiel, c’est qu’il ne faut pas qu’elle se fasse dans le mensonge. Demandons donc pardon aux générations futures parce que nous n’avons pas su jusqu’ici vivre comme de véritables Mauriciens.

Nous avons préféré nous mentir. Nous réfugier dans la duplicité du paraître. Il n’est pas sûr que nous soyons pardonnés pour tout cela.

 


Commentaires

Par Tryptophan
Dec 10, 2011
The mauritian gov. owes it to the NATION to correct the other most troubling phenomenon accompanying slavery: that of the PEOPLE'S unacceptable restriction of access to agricultural land. Land Reform would be hallmark of 'reconciling with our painfully immoral and inhuman past".
Par Katwoman
Dec 07, 2011
Est-ce que je dois me demander pardon à moi-même si, comme tant de mauriciens, je suis métisse ?
Par Emiliano Z
Dec 07, 2011
The redneck argument is an oldie but a pooey, one which I could never quite latch on to and never will. Tell you why. Professor Henry speaks of non-white slave owners, okay, so before that there were cannibals, and before cannibals, our ancestors slithered from ancient oceans onto land. Yep, but here, we are talking about reparation for victims of one of the greatest evil man has ever known: slavery. Last time I checked, Canada, Australia and America had returned land the size of France and England combined to the Inuits, the Aborigines and the Native Americans. But according to the learned professor, the slaves, who suffered most of all, shouldn’t live in false hope of compensation. Sorry professor, it won’t wash. If not a legal responsibility, then, how about a moral one! For example, if my grandad had kidnapped a man for profit, ripped him from his family, put a chain around his neck, counted his teeth and forced him aboard a slimy slave ship never to return to his homeland again; if my ancestor had done THAT dear Henry, I’d feel indebted to the bone to that man’s descendant. Suspect most folks would. But unfortunately, there are still those who would unmercifully begrudge the dispossessed even the scent of belated reparation. Anyway professor, though your penultimate sentence is a nonsensical assumption, the last one is a gem. I’m impressed how cleverly it circumvents the normal taboo of boasting to unfold, albeit at the expense of others, into a self-administered pat on the back.
Par Dr Gerard Henry
Dec 06, 2011
Are we talking about original sin whereby the descendants of Adam and Eve are forever guilty? The descendants of slave owners cannot be held responsible for the deeds or misdeeds of their ancestors. Most people seem unaware of the fact that at one time there were non-white slave owners as well as white slaves. All the talk of compensation is nonsense to lure the gullible into false hope. Who would compensate whom? Rather than individual compensation it would be more profitable to target educational, housing and recreational resources to the deprived areas. I am sure that some self-proclaimed leaders of descendants of slaves are raring to get their hands on compensation funds. My personal journey to professor of pathology was made possible by hard work and not by some illusory compensation.
Par WorldWord
Dec 06, 2011
@Roots. Oui, et si seulement les circonstances atténuantes pouvaient être prouvées cela serait une véritable Justice arrivée a terme. Certes, ce passé est resté ou il s'est endormi pour la dernière fois, donc sous le drapeau de l’indépendance mauricienne. Le nouvelle ère du siècle révolue est maintenant celui de faire semblant, faire croire et du politiquement correct. Je me pardonne en vous demandant pardon, je me fais pardonner en acceptant ton pardon. Les jeux de mots sont comme du parfum pour les oreilles de ceux qui choisissent de ne pas voir la vérité en face. Les mémoires des victimes de l’esclavagisme et de l'engagisme ne font qu’orner les couloirs du pouvoir politique & économique de Maurice depuis la nuit des temps. La misère vécue réellement par ces victimes n’a fait que servir comme marche pied pour les ultras riches industriels, tout comme pour les politiciens belliqueux qui s’en servent comme outil de propagande aux élections (quand ils ont lieu). Voila a quoi a été réduit la mémoire de se drame humain du passé. L’état mauricien exige un pardon ? L’électorat mauricien lui aussi en exige un de la part de « ceux concernés » pour qui l’esclavagisme a été utilisé comme un cheval de bataille pour arriver a leurs fins personnelles et politiques !
Par VALIN Christiane
Dec 06, 2011
Comme j'aime lire les éditos de Nazim! Encore une fois , il a raison,et il ose le crier bien haut. Quel courage! Tant pis pour ceux à qui ça ne plait pas! Un jour ,ils comprendront, je l'espère de tout mon coeur! Je connais bien Maurice depuis 25ans 3 mois ts les ans, et pas dans les hotels, avec la population que j'adore! Amitiés C.V
Par jinvy d'olo
Dec 06, 2011
Am tempted to say,"PARDON " pas remplie ventre, to borrow a saying from our illustrious "AIMER" and "SAJ" Unfortunately those who have suffered are still under the spell of our current masters,although they have changed colours ,and sides.There is a long way to go before some bail out of the GHETTOs of Rochebois nd karo kaliptis,plaine verte and cite lacure.Must admit though some have made it with flying colours
Par Retry
Dec 06, 2011
Les yeux de votre monde me semblent tricolores et binaires a la fois. lol. Je vous recommande de voyager au dela de ce ghetto...
Par iqbal carrim
Dec 06, 2011
Etat laïc et religieux à la fois ou comme il convient.Pardon pour cette duplicité que nous cachons et gérons si magistralement aux yeux du monde.
Par Roots
Dec 06, 2011
Meditons et ayons le courage de disserter sur le "Oui, je pense qu’il faudrait négocier les réparations" de Filip Fanchette a la question "rLe rapport égratigne des industries sucrières trouvées coupables d’avoir dépossédé des propriétaires de terrains. Faut-il les obliger à les rendre ou encore à rembourser les propriétaires financièrement ?" Oui, je pense qu’il faudrait négocier les réparations. Aux "pardons" kleenex on dit avoy nu fer fut!
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