vendredi 25 mai 2012
Lexpress.mu en page d'accueil | newsletter | archives | rss
header
Météo Avis de décès Horoscope   
header
Henri Favory: «Le gouvernement n’a pas de politique culturelle précise»
Modifier la taille du texte:A | A

Imprimer

Envoyer

Commentaires

Sauvegarder

Noter l'article

Partager et classer cet article

B.H.  |  28/03/2009

Henri Favory est à la fois comédien, dramaturge et metteur-en-scène. Il a monté plus d’une soixantaine de pièces.

Dans le cadre de la Journée mondiale du théâtre, le 27 mars, Henri Favory livre son appréciation sur la politique culturelle à Maurice.

Comment était le monde du théâtre à Maurice dans le passé par rapport à aujourd’hui?

Les pièces de théâtre, basées sur des œuvres classiques ou écrites par des auteurs mauriciens, étaient jouées en français et en anglais jusqu’en 1973. Uniquement les gens lettrés allaient les voir. Mais en 1973, j’ai monté la première pièce de l’île Maurice indépendante, jouée en créole. Je l’ai intitulé «Ti Zan Zoli», l’histoire d’un garçon, Ti Zan et de Zoli, une fille. Depuis, plusieurs pièces en créole ont été montées. Aujourd’hui, à Maurice, le théâtre inclut même des pièces en bhojpuri.


Les gens allaient-ils plus ou moins au théâtre que maintenant?

Auparavant, les gens allaient davantage au théâtre que de nos jours. En même temps, aujourd’hui, avec deux théâtres fermés, celui de Port-Louis et celui du Plaza… Il ne reste que le théâtre Constantin.


Mais ces théâtres ne sont-ils pas fermés pour cause de rénovation?

En effet. Mais ils seront fermés pour combien de temps, un an, deux ans, trois ans? Vous réalisez le nombre de représentations perdues quand un théâtre est fermé pendant une année?


A qui la faute?

Le gouvernement a des politiques économiques, mais pas de politique culturelle précise, notamment, pour le théâtre. Nek bate baté.

Pourtant, le ministère des Arts et de la Culture a organisé un spectacle en plein air dans le cadre de la Journée mondiale du théâtre…

Bien sûr. Une fois par an, parce que c’est la Journée mondiale du théâtre, on organise des activités, mais quid des autres jours de l’année? C’est hypocrite. Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas une politique pour aider au développement du théâtre mauricien durant toute l’année? Par exemple, quand je préparais la dernière pièce de théâtre que j’ai montée, «L’Avare» de Molière, en octobre 2008, j’ai envoyé une lettre officielle au ministère pour lui demander si je pouvais obtenir le théâtre Constantin pendant 15 jours en février 2009. J’ai choisi l’Avare parce que les collégiens de la Form V l’étudient actuellement pour le School Certificate (SC). Je n’ai reçu une réponse qu’en janvier, me disant que la location serait de Rs 275 000!


N’est-ce pas un peu cher?

Evidemment. J’ai cherché des sponsors, en vain. J’ai finalement joué l’Avare dans les collèges.

Y-a-t-il une relève pour reprendre le théâtre à Maurice?

Cela dépendra si cette relève aura les conditions matérielles nécessaires pour qu’elle puisse d’adonner au théâtre comme un métier. Pour l’instant, l’artiste mauricien ne peut pas vivre de son art. A l’étranger, les artistes sont traités comme des rois, ici, comme des mendiants.


Les jeunes sont-ils intéressés par le théâtre?

Oui. Quand ils jouent, ils saisissent la différence entre une pièce de théâtre racontée dans un livre et celle qui est jouée sur scène. Ils peuvent comprendre les jeux de scènes… Car le théâtre tombe dans la catégorie des arts vivants. Récemment, j’ai entendu que des écoles recrutaient des animateurs pour des classes de théâtre avec les collégiens. C’est bien, mais je me demande si ces animateurs ont la connaissance et le savoir-faire pour expliquer le théâtre à ces jeunes.


Selon vous, qu’est-ce qui pourrait faire avancer le théâtre à Maurice?

Il faudrait peut-être organiser une table ronde sur le théâtre. Inviter des gens de la profession, le public et le ministre des Arts et de la Culture à discuter ensemble. Le ministre pourrait parler de ses projets concernant le théâtre… Aussi, je pense qu’il faudrait que les critiques des pièces de théâtre soient des connaisseurs. Cela aiderait à promouvoir le théâtre. Certains critiques ne savent vraiment pas de quoi ils parlent.

    
Vos Commentaires open close
Autres interviews
Nikhil Treebhoohun : «Les traités ne sont d’aucune utilité si les entreprises ne s’en servent pas»
Le CEO du «Global Institutional Investors Forum» parle des perspectives pour Maurice en termes d’investissements en Afrique. Il décortique les spécificités du continent, tout en évoquant les forces sur lesquelles Port-Louis peut compter pour aller vers «la dernière frontière».
Feroz Dahoo : «Les gains perçus sur les taux de change n’ont pas bénéficié aux consommateurs»
Le Chief Executive Officer de Thomas Cook (Mauritius) estime que nos dirigeants doivent démontrer « leur capacité à maintenir la stabilité sociale et politique » et « éviter des pertes d’emplois ».
Dominique Dherve : «Ces plantes qui reviennent sont des porte-drapeaux»
C’est un projet tout à fait exceptionnel : ramener des espèces endémiques disparues à la vie et les réintroduire dans nos forêts. L’une de ses chevilles ouvrières nous raconte comment quelques cellules d’une graine peuvent sauvegarder une espèce toute entière et bien plus encore. Le Directeur du Conservatoire botanique national de Brest nous en parle.
 [3]
Jean-Claude de l’Estrac: « Je trouve la nation plus forte que beaucoup d’entre nous s’imaginent »
La nation, la citoyenneté, l’éthique. Ces sujets ne sont pas souvent débattus. Jean-Claude de l’Estrac qui a été éditorialiste, auteur d’ouvrages sur l’histoire de Maurice et ministre de la République les aborde et se prononce avec une clarté qui témoigne d’une réflexion approfondie sur ces thèmes à portée sociétale.
 [8]
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de Sir Anerood Jugnauth : «Ramgoolam a piégé le MSM avec Medpoint»
Bissoon Mungroo, proche collaborateur de sir Anerood Jugnauth (SAJ) – le seul à avoir été présent au Réduit le jour de l’annonce de sa démission – affirme que les gens ont peur de montrer leur soutien à l’ancien président de la République par peur de représailles. Presque deux mois après la démission de SAJ, il déclare que ce dernier n’est pas déçu du manque de momentum, mais qu’il est, au contraire, en train de labourer le terrain.
 [12]
Actualités|Sports|Génération Y|Mauriciens d'ailleurs|Opinion|Jobs|Immobilier|petites annonces
Contactez Nous | Code de Déontologie | Vos Commentaires | Sitemap
© Copyright La Sentinelle Limited 2010 | Designed & Hosted By: Designed & Developed By 4C plus