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«Les pluies d’été sont attendues à la mi-janvier»
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Michel Chui Chun Lam  |  06/01/2012

Comment s’annonce, selon vous, la saison cyclonique?

La saison devrait être normale, avec neuf à 10 cyclones qui se formeront. Mais je ne peux pas vous dire combien d’entre eux s’approcheront de nos côtes. Regardons un peu en arrière. L’on a pu observer, au cours de ces dernières années, le phénomène qu’on appelle La Niña, qui avait provoqué le refroidissement de l’océan
Indien.

Mais depuis peu, l’on a noté un retour à la normale au niveau de la température. Ce sont les mesures prises par les satellites des grands centres météorologiques mondiaux qui en attestent. Résultat : deux dépressions ont déjà été nommées. C’est bon signe.

Les cyclones sont accompagnés de nuages actifs qui apportent de la pluie. Nous en avons grand besoin pour remplir nos réservoirs.

Peut-on s’attendre à avoir des cyclones de la même intensité que ceux qui se forment dans la région nord-atlantique?

Cela a déjà été le cas. Le cyclone Gamede, par exemple, même s’il était stationnaire au niveau de St Brandon, nous avait apporté 900 mm de pluie en trois jours. Pour la présente saison, la formation d’un puissant
cyclone n’est pas à exclure. Mais là encore, je ne peux pas vous dire s’il s’approchera suffisamment de nous.

La météo semble avoir de plus en plus de mal à prévoir le temps…

Je ne pense pas, même si c’est un peu la perception que les gens ont. Prenons un exemple : quand la météo prévoit qu’il va pleuvoir sur le plateau central, on ne peut pas dire si la région arrosée sera Curepipe, Floréal ou autre. On ne peut pas être aussi précis.

A un certain moment, six jeunes météorologues avaient été recrutés. Ils n’avaient pas l’expérience requise, mais depuis, ils se sont aguerris. Et puis, il ne faut pas oublier que Maurice est un tout petit pays. Si un nuage passe à 10 km, il ne nous affectera pas. Il y a peut-être aussi un manque d’équipements, mais je sais que l’on fait le nécessaire pour y remédier en ce moment.

Cette «imprécision» est-elle aussi imputable au changement climatique ?

Un peu. Le changement climatique est une réalité qui n’est peut-être pas encore bien ancrée dans la tête des météorologues, et pas seulement à Maurice. Le climat a changé et les choses se sont compliquées. Quand je suis revenu de l’université après avoir étudié la météorologie durant cinq ans, mon supérieur hiérarchique m’avait conseillé d’adapter mes connaissances au contexte. L’expérience est souvent importante. Je dis souvent que je suis prêt à repartir sur les bancs de l’université.

Quels sont les signes visibles du changement climatique à Maurice ?

Du temps où j’étais à la météo, nous avions travaillé avec des officiers du ministère de l’Agriculture. Et nous avons constaté que certains plants, légumes et fruits se mettaient à pousser dans des régions où ils ne poussent pas d’habitude. Par exemple, à Floréal, où j’habite, les letchis ont fait leur apparition.

La qualité des plantes a aussi changé. Nous avons des maladies qui les attaquent et qui refont surface. Cela montre que la température augmente. Certains jours, à Port-Louis, le thermomètre peut grimper jusqu’à 33 ou
34 degrés.

L’on a aussi noté une hausse du niveau de la mer. Conséquence : cela entraîne l’érosion de nos plages.

On parle beaucoup de pluies d’été, mais on a l’impression qu’elles sont plus rares. Comment expliquer cela ?

C’est vrai. Tout le système est décalé. Ainsi, attendues en novembre, comme c’était le cas auparavant, les pluies d’été viendront à la mi-janvier. Les averses qui ont arrosé le pays au cours des derniers jours ne sont pas celles que l’on attendait.

Elles ont été occasionnées par deux systèmes pluvieux qui ont traversé la région. Alors que par le passé, en été, dès la mi-novembre et ce pendant un mois, on avait tous les jours droit à ce genre d’averse. La transition, elle, se faisait en deux mois.

Maintenant, cela prend trois mois et demi, voire quatre. En témoignent des observations que nous avons effectuées. Mais je suis confiant, «bon lapli pou tonbe».

Doit-on s’attendre, à l’avenir, à vivre avec un déficit en eau ?

Je ne dirais pas cela. Nous recevons, en moyenne, 4 000 mm de pluie sur les hauts. C’est beaucoup. Supposons qu’on en ait moins, soit 3 000 mm de pluie sur une superficie équivalente à celle du plateau central. C’est amplement suffisant. Il faut en fait que l’on investisse dans le captage d’eau. Nous ne sommes pas assez organisés de ce côtélà.

Si nous arrivons à capter au moins les trois quarts de toute l’eau que l’on reçoit, nous serions à l’abri de la pénurie. Autre plan sur lequel nous devons agir : l’environnement. Car, la forêt ne représente plus que 2 % de la superficie du pays, ce qui est insuffisant. Il faut avoir recours à un reboisement à grande échelle.

Cela, afin de permettre à l’air frais qui se dégage des forêts de s’élever et de former des nuages, qui apporteront alors de la pluie.

    

Commentaires

Par:-Requin
A la resultat quand deboise region autour mare aux vacoas pu plante legumes et grandi chemin.Region ki ti tou letemps humide fine vine sec.lapluie tombe moins labas.
Par:-Raffick
Navin pou paye un expert gros cash pour ecoute ces qui in dire dans sa interview la. Pire li pou demande un rapport qui li pas pou meme lire. Leve do mo peuple
Par:-Balo
Very well said in regards to storing of rain water. It's more important than creating new roads at the moment...isn't it my dear 'ministers'!!!..lever do mo peuple!!!
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